Histoire Antique Discipline 2 (1)

Publié le par Licence1 sociologie Poitiers

LE MONDRE GREC ANCIEN : L'espace, le temps, l'histoire

 

Le cours d'aujourd'hui définira l'espace grec.

 

Nous allons définir un certain nombre de choses : la notion d'antiquité. C'est une période que l'on a peu croisée dans notre parcours scolaire. L'antiquité c'est un terme qui recouvre des réalités différentes : on sépare l'antiquité grecque de l'antiquité romaine, de l'antiquité égyptienne... En fait c'est une notion qui renvoie aux civilisations méditerranées entre le 2ème, 3ème siècle avant Jésus Christ et la chute de l'empire romain, c'est à dire la fin du 5ème siècle.

Dans cet ensemble le monde grec occupe une part importante : nous n'allons pas voir l'ensemble de l'histoire mais la naissance de la civilisation grecque et pour cela nous allons préciser ce qu'est le cadre géographique de cette histoire mais aussi le cadre chronologique avec des grandes lignes.

  1. L'espace grec : le contexte méditerranéen

Parler d'espace grec, c'est supposer une définition préalable de ce qui est grec. En fait la définition n'est pas évidente, aujourd'hui l'espace grec est définit par les frontières d'un pays qui est la Grèce, il n'y a pas d'ambiguïté. Il y a un état avec des frontières.

Dans l'antiquité, il n'y a pas d'état grec. La Grèce n'est alors pas un pays en tant qu'Etat avec des institutions, une citoyenneté. On est dans une région qui obéit à l'empereur et à ses représentants.

 

La définition est essentiellement culturelle : on est grec parce que l'on appartient à la culture grecque. Est grec celui qui parle grec et celui ci partage aussi la religion grecque... il y a derrière cela toute une culture grecque. Le terme « hellezin. » Ceux qui ne sont pas grecs ce sont les barbares. Le terme n'est pas péjoratif pour les grecs, il parle en faisant « barbar »... ce qui forme le terme, on ne le comprend pas, c'est un étranger, il ne parle pas grec.

 

  1. Paysages et climat méditerranéens

Le monde grec est marqué par des éléments essentiels:

  • la mer. L'empire est très proche de la mer, il n'y a aucun point éloigné de plus de 60km de la mer. Elle est essentielle dans les transports : la voie est maritime est souvent un moyen de transport plus sur, ce qui fait que les grec ont développé une aptitude à maîtrise, du moins partiellement, la mer. Voyons l'Odyssée d'Homère, qui n'est rien de moins quel 'histoire d'un marin.

  • La montagne. La Grèce centrale s'inscrit dans le prolongement des Balkans. Il y a très peu de plaines en Grèce, elles souvent étroites, et fractionnent souvent d'autres zones voisines par des chaînes de montagne. 80% du continent. La montagne protège, accueille, il y a plus de précipitations donc il y a davantage de possibilités d'élever du bétail. Elle protège aussi des moyens de sécurité vis à vis de l'extérieur. La montagne n'est donc pas un obstacle.

  • Tout cela donne naissance à un monde insulaire : le monde est fractionné. L'espace grec est composé d'un certain nombre d'îles arides l'été, très montagneuses, qui n'offrent pas nécessairement de conditions favorables au développement de l'agriculture. Les îles permettent des échanges entre les continents.

 

Le monde est fractionné par la mer, la montagne, l'insularité mais aussi par des difficultés climatiques comme les tremblements de terre qui sont fréquents dans ces régions du Monde. Le climat méditerranéen est marqué par son aridité estivale, la difficulté d'irriguer les terres car les périodes pluvieuses sont courtes.

La Grèce par ses caractéristiques physiques et climatiques s'insère dans un mode de vie méditerranéen qui la dépasse c'est ce qu'on l'on appelle la trilogie méditerranéenne. Ce sont des cultures que l'on retrouve partout, de l'Espagne à L'Italie, sur l'ensemble du bassin méditerranéen. Les céréales, l'orge, le blé et la vigne. Ce sont des éléments qui sont à la base du mode de vie sur l'ensemble du monde européen de l'époque.

 

2 ) Les grandes unités régionales

 

Les grecs ce n'est pas que la Grèce, c'est à dire la Grèce actuelle. Dés 750, 700 avant JC ils vont s'installer un peu partout en méditerranée : Marseille est à la base une cité grecque. C'est L'Italie du sud ( constellée de cités grecques), La Sicile, aussi colonisée par des grecs en périphérie. Il y en a aussi en Mer Noire, qui est parsemée de cités grecques sur tout son contour pour des raisons commerciales.

Les grecs sont des marins. Ils s'installent dans des régions stratégiques pour le commerce.

Les Grèce centrale est la partie balkanique du monde grec. Elle est composée de plusieurs régions. Athènes, une ville, mais c'est aussi une cité, c'est une grande cité.

La Péloponèse, fragmentée en plusieurs régions, séparées les unes des autres. Il est relié au continent par l'isthme de Corinthe.

La cité de Spartes.

La Béotie, au nord d'Athénes, avec la cité d'Eudipe, la cité de Thébes. La Grèce, La Macédoine, la Thésanie.

Un autre ensemble de l'autre côté de la mer , la côte de l'Asie mineure. Les grecs s'installent sur la côte mais n'explorent pas davantage le territoire à partir du X ème siècle, jusqu'en 1923 où ils sont tous expulsé par le traité qui met fin à la guerre entre la Turquie et la Grèce, cette région du monde est appelée la Milésie.

Pythagore, Thalés, sont des grands milésiens.

 

Le monde des îles est aussi appelé les cyclades ( parce qu'on peut en fait le tour avec un cercle ). Ce sont des îles arides mais essentielles aux relations internationales.

Le monde grec est très étendu et est fractionné en sous-régions.

 

II – QUI SONT LES GRECS ?

C'est difficile à dire.

  • Les premières phases d'écriture du grec sont au XV ème siècle.

  • L'histoire du monde grec commence au début du II ème millénaire avant Jésus Christ.

 

1 ) Le temps des palais : les minoens et les mycéniens

 

au 2eme millénaire se dominent simultanément deux civilisations, les minoens, de la Crète et la civilisation mycénienne. Elles ont pour point commun d'être fondées sur de grands palais qui concentrent tous les pouvoirs et qui sont très impressionnants.

Tout ces palais s'effondrent, brulent, disparaissent. Ce monde va éclater. Les populations vont fuir, en Asie mineure, c'est une période de dépression profonde pour le monde grec et c'est le début des âges sombres obscurs

 

2 ) Des « âges sombres »

 

Les populations fuient pour des raisons climatiques car le climat a changé, pour des raisons politiques à cause de systèmes invivables. Il n'y a pas qu'une raison mais plusieurs facteurs qui se conjuguent. Ces ages sont sombres, on est dans une situation de crise objective, mais aussi on n'a pas de traces de ce qu'il a pu se passer, donc c'est aussi sombre pour l'historien.

L'expression « âges sombres » a été construite au XVIIIe, et l'archéologie nous a montré beaucoup plus d'informations sur ces populations : leur production matérielle est basée sur la céramique.

 

C'est aussi le retour de l'écriture. Après la grande phase de dépresse de 1000-900 il y a en 800-700 une phase de renouvellement du monde grec. C'est la fin des âges sombres et le début de la période archaïque.
C'est é ce moment là que se constituent ces communautés que l'on appelle des cités, qui sont des organisations politiques assez réduites sur le plan spatial mais qui vont structurer le monde politique grec jusqu'à la fin de l'Antiquité, avec l'idée même de citoyenneté, d'appartenance à un statut de citoyen.

3) L'époque classique

 

Sur le plan chronologique au V ème, IV ème siècle de 490 avant Jésus Christ jusqu'à la conquête d'Alexandre en 324 avant Jésus Christ. On considère que l'époque classique est celle du plus grand raisonnement intellectuel de la Grèce, avec Périclès ( qui fait construire de grands bâtiments ), le théâtre, c'est l'époque d'Aristote, de Platon, d'Euripide... C'est le moment où domine le modèle de la cité-état. Il n'y a pas qu'Athénes, il y aussi Spartes, Thèbes, et on se fait la guerre entre cités qui sont concurrentes les unes des autres.

Philippe II, est un grec. Il est roi de Macédoine ( au Nord de la Grèce ) qui à partit du IV ème Siècle va progressivement avancer ses pions et se rapprocher des cités grecques. Il ne les fait pas disparaître mais leur demande obéissance. Ces cités n'ont pas le choix, elles doivent se soumettre à l'autorité de la Macédoine. Philippe II mourra dans sa baignoire en 336. Alexandre le Grand va passer en Asie Mineure, mais cela ne suffit pas, la syrien ça ne suffit toujours pas. L'Égypte en 330, Babylone, le plateau iranien, les capitales perses... Mais au bout d'un moment ses troupes abandonnent et veulent rejoindre leur terre, cependant cette période de conquêtes durera plus de dix ans, onze ans.

Alexandre le grand meurt d'une maladie à Babylone.

4)Le monde hellénistique

 

Le modèle dominant qui impose sa domination est celui d'Alexandre le Grand dans l'objectif de dominer un espace très vaste.

Il y a un problème qui s'installe en Égypte : qui veut alexandrie et l'Egypte? Il s'intègre dans la tradition égyptienne, selon les connaissances. Il y a une dynastie qui perdure pendant plusieurs siècles jusqu'à la dernière reine, Cléopatre 7. C'est une reine grecque qui régnait sur l'Egypte. C'est la dernière reine grecque avant la conquête romaine.

La Rome de César, D'Antoine, arrive parce qu'il y a des richesses à prendre et la richesse c'est Rome. Rome va progressivement conquérir le royaume, le dernier a tomber est celui de Cléopatre.

 

 

 

III – L'historien face à l'Antiquité

  1. Sources, traces et témoignages

  2. Une connaissance très partiellement

  3. La découverte de l'Antiquité

 

Le problème avec l'Antiquité c'est que c'est une période très ancienne dont nous avons très peu de sources. Pour tenir un discours il faut utiliser des documents fragiles.

 

1 . Sources, traces et témoignages .

 

*On distingue plusieurs types de sources :

  • Les sources écrites d'abord. Les sources littéraires. A l'époque, le livre n'existait pas. On connait les oeuvres de l'Antiquité très mal, l'essentiel a disparu, c'est le cas pour la quasi totalité des oeuvres littéraires de l'Antiquité parce que les supports ont été détruits. Le papyrus, le parchemin, tout cela a disparu. Certes on peut retrouver en Égypte quelques papyrus qui servaient à bourrer les corps des momies pour les « cartonner ».

  • En réalité, ce que l'on connaît on le connaît parce que cela a été retransmis, nous devons donc souligner l'importance des monastères médiévaux par le travail du moine copiste qui en copiant les oeuvres leur assurait une pérennité. Ils ont transmis beaucoup d'ouvrages, notamment ceux d'Aristote.

  • Le nom de la rose : Affaire policière liée a la copie.

 

* Autre source écrite : les sources épigraphiques. Épigraphie : « sur ». Il y a l'idée d'écrire sur support durable, de la pierre en général, du marbre ou même du métal. Les écrits sont conservés beaucoup plus longtemps que le parchemin.

C'est une source fondamentale sur l'antiquité parce que chaque année on découvre des milliers d'inscriptions.

 

* Il faut, au delà, de l'écrit évoquer un autre type de sources : les sources archéologiques.

 

C'est la science des productions matérielles du passé, reposant sur des sites archéologiques, comme celui de Delphes qui est très connu.

L'archéologie est une source essentielle de connaissances du passé car les traces écrites limités. L'archéologie renouvelle sans cesse car elle met en évidence les nouveaux espaces, bâtiments, trouvailles comme la céramique qui permettent de comprendre la chronologie de ces époques oubliées.

L'archéologie est une source fondamentale, comme le montre l'exemple du sanctuaire de Delphes, connu par les français car l'école française d'archéologie a en charge depuis trente ans les fouilles de ce sanctuaire.

 

2. Une connaissance très partielle

 

On ne peut pas attendre la même qualité de connaissance que pour des périodes plus récentes ou une surabondance des sources alors que là nous n'en avons que très peu.

La distance temporelle fait que ce monde nous échappe, nous n'avons que des bribes. On ne put pas connaître la vie politique de toutes les cités, nous avons très peu d'éléments. Il y a donc des pans entiers de la connaissance qui nous sont inaccessibles.

 

Par ailleurs, toutes les périodes du monde grec, des âges des palais à la conquête romaine ne sont pas connus. Ce sont les plus récentes qui sont les plus maîtrisées car ce sont celles dont on retrouve le plus de traces archéologiques.

La connaissance est très mal répartie : par exemple au V ème Siècle avant Jésus Christ ( 500 - 400 avant Jésus Christ ) dans le monde grec deux grandes cités sortent du lot : d'un côté Athènes et de l'autre Sparte. Ces deux cités se font la guerre entre 431 et 404, la guerre du Péloponèse. Les deux cités sont de puissance équivalente. A la fin, Sparte l'emporte en 404, c'est vainqueur de la guerre du Péloponèse. Et pourtant de Sparte et d'Athènes on connaît des choses très différentes.

Pour Athènes nous avons un certain nombre d'informations : l'acropole, les bâtiments de l'acropole, le monnayage athénien. La littérature aussi, c'est l'époque de Socrate, des grands tragiques grecs, comme Sophocle, Euripide. Nous avons des sources abondantes, notamment par Thucidide.

Pour Sparte, nous ne savons quasiment rien, il n'y a pas de littérature, pas de monnaie, pas d'inscriptions, pas d'historiens. Il n'y a pas non plus de bâtiments qui laissent des traces car les spartiens ont décidé qu'ils ne veulent pas remplir leurs cités de monuments. On n'en sait presque rien, les seules informations que nous avons sur eux sont à travers le regard des autres.

 

3. La découverte de l'Antiquité

 

Il faut avoir conscience que le rapport au passé est construit par chaque époque historique. Par exemple au Moyen Age, l'antiquité est apparue comme un repoussoir dans le moyen age chrétien central. Pourquoi? Parce que c'est le monde païen d'avant le christianisme, le monde du polythéisme. Ce n'est pas un modèle, il est contre la philosophie contre les moeurs dépravées antiques, la religion... Mais en même temps Aristote recopié dans les monastères en Orient et en Occident mais c'est parfois interdit de le lire. Ce n'est qu'à partir de la Renaissance, au XV ème et XVI ème Siècle que l'antiquité devient une valeur, c'est le retour au modèle de la beauté, la nature, l'équilibre architectural devient un modèle. La renaissance passe par la valorisation de l'antiquité. C'est aussi ce que l'on retrouve dans les valeurs humanistes.

Par exemple, Montaigne sait le grec et le latin sur le bout des doigts. Il fait graver sur les murs des maximes latines et grecques. Tous les grands humanistes connaissent les langues anciennes, la littérature ancienne. C'est une connaissance, un rapport distancié qui passe par les lettres et pas la confrontation avec les restes matériels de l'antiquité.

 

Pour cela, il faut attendra la fin du XVIII et le XIX ème Siècle, où l'on observe l'émergence du goût non seulement pour la littérature antique mais pour la ruine, la trace concrète de l'antiquité. On est dans le cadre du mouvement esthétique qui parcourt l'Europe qui est le romantisme. Ce mouvement relève de la tragédie, du sentiment de l'idée tragique, ce que la ruine représente, la mort. Cela résonne avec le sentiment tragique qui fait vivre le mouvement romantique.

 

A ce moment là, on voit se développer un mouvement dans l'Europe Occidentale dans l'aristocratie le goût pour les sites antiques : c'est à ce moment qu'émerge en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne l'idée du grand tour, d'aller en Italie pour se confronter concrètement avec ce qu'il reste de l'antiquité, avec la littérature antique.

Des artistes font ce grand tour initiatique en Italie, en Grèce. Un français, François René de Chateaubrian fait ce parcours pour faire le tour symbolique de l'antiquité, pour découvrir les sources de l'historie antique. Il décrit les ruines qu'il voit . Il a ce goût romantique, avec un attrait pour la ruine, mais c'est ambigu.

 

L'attrait est esthétique mais pas scientifique, d'homme d'art, et cela entraîne le vol. Il n'y a pas d'état en Grèce pour protéger les ruines. Dés la fin du XVIII ème Siècle, il y a un pillage généralisé des sites grecs, romains et on ramène tout en Europe Occidentale.

Voilà pourquoi une grande partie des structures du Parthénon ne sont pas à Athènes mais au British museum, et au Louvres, comme la Vénus de Milo. Ces oeuvres ont été récupérées par les polices, suite à des achats, des vols.

 

Résultat : Les musées nationaux et français britanniques, prussiens, se sont remplis des antiquités dans le cadre des pillages. L'attrait est donc ambigu. Aujourd'hui il y a des relations conflictuelles entre la Grèce et la Grande Bretagne à cause de cela, ils veulent récupérer les ruines de leur pays.

 

Il faut évoquer le tournant qui se produit au milieu du XIX ème Siècle, un véritable basculement : le rapport scientifique à l'antiquité fait son apparition. C'est à ce moment, à partir du milieu du XIX ème Siècle que l'on va fouiller, garder et protéger les sites, essayer de voir leur chronologie. C'est la naissance pour la Grèce des grands instituts. Sous le grand roi Louis Philippe, il y a la naissance de l'école française d'archéologie et avec elle naît le souci de protection de l'analyse scientifique des traces du passé. Aujourd'hui, on fait appel à de nouvelles méthodes modernes.

 

 

 

 

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