Histoire Antique Discipline 2 (4)

Publié le par Licence1 sociologie Poitiers

Les cités grecques archaïques ;

Les mutations du VIII ème Siècle et l'émergence des cités

VIII ème – VII ème avant J.C.

 

Le monde homérique permet d'aborder les transformations du monde grec entre le VIII ème et le X ème Siècle. Entre le VIII ème et le VII siècle, on peut voir une accélération du monde grec, que nous allons maintenant présenter en montrant d'abord la renaissance du monde grec au VIII ème siècle, nous évoquerons également les sociétés de ces cités naissante et enfin en abordant la question de la guerre, si importante dans le monde grec archaïque.

 

I – « La renaissance » du monde grec au VIII ème siècle

 

1) La croissance démographique et ses transformations sociales

2) L'écriture : sa réapparition et ses usage

3) La formation des cités et la « révolution hoplitique » : la figure du citoyen-soldat

 

1) La croissance démographique et ses transformations sociales.

 

Le terme de « renaissance » nous paraît erroné pour caractériser le monde grec du VIII ème siècle avant Jésus Christ, car il suppose qu'il y a eu une mort de la civilisation grecque.

 

Le terme de renaissance, pas totalement infondé, rend l'idée d'une ré-émergence au VIII ème siècle des populations grecques. Il semblerait qu'il y ait une croissance démographique à cette époque, il y a de plus en plus de personnes et peut voir aussi l'augmentation du nombre de sites. Des traces beaucoup plus importantes sont laissées par ces populations. Un historien explique qu'on voit la croissance démographique par le fait que les cimetières sont de plus en plus grands : il y a plus de morts, donc plus de personnes qui ont vécu.

Et on peut voir aussi qu'il y a une mutation des pratiques funéraires. C'est à ce moment que qu'on voit émerger de grandes tombes de guerriers extrêmement riches. A Athènes, les groupes aristocratiques apparaissent capables d'enterrer leurs morts dans l'opulence. Ils sont de plus en plus riches, laissent de plus en plus de traces. Ce sont les mêmes qui sont les premiers récepteurs des poèmes d'Homère et se reconnaissent dans l'image de l'aristocratie homérique.

Le monde des palais des mycéniens s'effondre, explose, implose, se défait, se fractionne et on ne va pas retrouver ensuite des royaumes aussi vastes mais des petites unités qui vont pivoter, sans laisser beaucoup de place, sans être réellement intégrées au commerce. Mais le monde grec renait à partir du VIII ème siècle où l'on trouve une population de plus en riche, on fait venir des bijoux, de la céramique. Il y a restauration de ces petites unités qui vont donner les cités.

 

 

 

 

2) L'écriture : sa réapparition et ses usages.

 

C'est un élément fondamental, un basculement important. L'écriture mycénienne, le linéaire B, syllabique, est le monopole des palais. Leur écriture disparaît avec eux.

Au VII ème siècle la capacité a écrire réapparait. L'écriture réapparait au VIII ème siècle sous une autre forme. C'est l'écriture alphabétique, fondée sur un alphabet. Un alphabet pour lequel chaque lettre associe un son. Elle est en fait originaire de Fénitie. Les fénitiens ont en effet une écriture, un alphabet. Ils ne notent qu'une partie, ils ne notent pas les voyelles, seulement les consonnes. C'est aussi le cas de l'araméen, de l'hébreu.

Les fénitiens ont un alphabet pour noter leur langue. Les grecs vont récupérer cet alphabet, le transformer, prendre dans l'alphabet les lettres qui ne leur sont pas utiles pour créer leur propres voyelles, comme le alpha. Comme cela, ils créent un système alphabétique relativement souple qui permet de noter les consonnes et les voyelles. Ils mettent en place un système de notation souple et simple de leur langue. C'est le fruit d'une appropriation très progressive, qui se fait sur des décennies par des contacts, par des échanges, par l'intérêt que les marchands grecs trouvent à l'usage de cette écriture là.

 

Qui sont les premiers à pratiquer l'écriture? Ce sont ceux de l'ile de Bée. Ce sont aussi ceux qui pratique le plus de commerce avec les fénitiens, il est donc normal que ce soit ceux qui sont les premiers à pratiquer un alphabet, inspiré de celui des fénitiens.

Ce qui est frappant c'est, au delà de la différence de forme, le fait que pour le linéaire B, l'écriture était destinée uniquement à des textes administratifs du palais. Dans la Grèce du VIII ème Siècle nous n'avons aucun texte administratif, les textes sont toujours liés au commerce, à l'artisanat, à la poésie. Comme si l'écriture venait du bas de l'échelle de la société, par les artisans, les commerçants.

Cette écriture est rétrograde, de droite à gauche. On adopte le même sens d'écriture. Ce n'est qu'après que l'on va passer à un système beaucoup plus compliqué, à la seconde ligne le sens d'écriture est de gauche à droite, c'est le poustro fédone : on écrit comme on laboure un champ, une fois dans un sens, une fois dans l'autre.

 

On peut voir un lien entre l'adoption d'une écriture alphabétique et la mise en écriture de la poésie. En réalité, c'est plus plus complexe. On peut voir une évocation de l'écriture dans l'Iliade. Mais ce qui est certain, c'est que l'écriture alphabétique va être extrêmement puissante pour noter la poésie, notamment sur un chant très mélodieux et l'écriture alphabétique va permettre une diffusion très rapide de la poésie en particulier homérique.

Cependant, l'écriture n'est pas démocratisée. Elle reste le privilège d'une minorité. Ceux qui savent litre et écrire restent largement minoritaires. De qui s'agit il? Il s'agit éventuellement des commerçants, pour noter les comptes de leurs navires, il s'agit aussi de ces professionnels de la poésie qui, de communauté en communauté, vont chanter les poèmes et les mettre en poésie. Il s'agit enfin d'aristocrates, de dominants qui vont utiliser la poésie pour se mettre en scène, exprimer leurs valeurs et leurs idées.

Il faut retenir un basculement vers 750 avant Jésus Christ.

 

3) La formation des cités et la « révolution hoplitique » : la figure du citoyen-soldat

 

A partir de là, le soldar, le héros, c'est celui qui meurt non pas dans le duel mais dans le groupe, au premier rang de la phalange. Ceci a des conséquences sur la constitution d'une identité

dans la communauté, tous les habitants ne sont pas dans la même situation. Les sociétés sont très hiérarchisées. Au sommet, l'aristocratie tient le pouvoir. Ce sont les meilleurs, qui sont au sommet, ce sont les plus vertueux, comme Ulysse et les prétendants.

En dessous, on trouve des hommes libres mais dominés. Puis encore en dessous, on trouve des hommes non libres attachés à la terre rendus à l'état d'esclave. Ces sociétés se structurent à trois niveaux : on trouve une minorité aristocratique, une masse d'hommes libres et une masse d'esclave. Mais ces sociétés sont aussi structuré en terme territorial, construisant leur histoire mais aussi leur identité.

 

Une cité grecque est une communauté sur un territoire. Ce territoire est constitué de deux éléments essentiels : la ville, centre urbain qui rassemble les principaux sanctuaires, la place publique l'Agora qui n'est pas forcément bien délimitée mais c'est un espace qui va progressivement se délimiter comme étant un espace public de rassemblement. Les cités apparaissent par la création d'un espace public de la communauté. Dans ces communautés qui naissent de l'effondrement du monde mycénien, apparaît cet espace commun, espace où s'exprime aussi la participation au groupe : l'idée même de citoyenneté.

 

La citoyenneté est aussi un espace public, mais aussi virtuel, c'est un lieu de discussion... Il n'y a pas de participation possible du groupe sans que le groupe ne puisse se retrouver dans un espace commun. On trouve des espaces communs dans le monde grec, avec l'Agora, les sanctuaires, lieux où l'on se rencontre. A Athènes par exemple, l'espace le plus sacré est la ville haute, l'Acropole. Cette ville haute rassemble les principaux sanctuaires qui consituent l'identité des athéniens. C'est le noyau central de la ville.

 

La notion de cité est une notion différent de la ville. La ville est l'espace urbain. Une cité est un état, c'est l'ensemble du territoire, comprenant la ville + le territoire. A Athènes le territoire est de 2600, 2800 km², il y a un centre urbain et le reste c'est de la campagne. A 90km du nord de la ville d'Athènes en pleine campagne on est encore dans Athènes. Ils y a des limites, des frontiéres, qui sont marquées par des sanctuaires. C'est aussi une communauté sur le plan humain qui se reconnaît elle même comme étant une unité, par le partage d'institutions et des mêmes dieux.

 

Qu'est ce qui renforce esprit communautaire? Qu'est ce qui crée ce lien puissant?

Ce qui est très utile pour fédérer les gens, consciemment ou non, de façon cynique ou pas, c'est d'identifier un ennemi commun. Il y en a un, dans ce contexte de croissance démographique et d'enrichissement les cités vont se battre pour se développer, ce qui suppose parfois le conflit avec les cités voisines pour dominer telle ou telle plaine, telle ou telle colline.

 

La guerre est omniprésente dans ce monde, car les cités sont de plus en dévoreuses de terre, elles s'affirment, et s'affirment les unes contre les autres. La guerre permet la définition du territoire comme elle permet la définition de la communauté.

 

La réforme hoplitique est une réforme politique. A l'époque, la guerre est très fréquente. Elle est quasi permanente, en tous cas elle est annuelle dans beaucoup de cas, et elle est très ritualisée : la saison de la guerre est l'été, une fois que les récoltes de céréales sont terminées. On se bat pour le territoire. C'est un contexte où les cités sont de plus en plus riches collectivement car elles ont réintégré les circuits commerciaux, avec les armes et le métal.

 

Apparaît alors une nouvelle panoplie du soldat, c'est l'équipement de l'hoplite.

Hoplite vient du mot hoplum, le bouclier, le fantassin. L'hoplite est celui qui porte le bouclier. La panoplie de l'hoplite est composée d'un bouclier, d'un casque, d'une lance, de cnémides (protège-tibia en métal) et une courte épée permettant d'achever les mourants et une cuirasse.

La panoplie évolue. Et l'idéologie du combat évolue aussi. On a besoin de plus de gens pour faire face à un adversaire de plus en puis puissant, et pour cela on change de technique de combat. Alors que l'ancien combat se faisait au corps à corps, on invente un combat beaucoup plus collectif :la phalange hoplitique, qui est l'équivalent d'une mêlée.

L'hoplite, droitier, porte sur le côté gauche son bouclier avec une double poignée permettant d'avoir une maîtrise complète du bouclier. L'équipement de l'hoplite est très lourd. On repose sur une forme de combat courte et violente. Le boucler sert à se défendre, à se protéger. Avec son bouclier, l'hoplite partage la partie gauche de son corps, et il protège la partie du droite de l'hoplite qui est à côté de lui. Ce système suppose que l'on avance groupé, serré, et qu'on ne part pas seul au combat. Il y a aussi une discipline et une grande cohésion, ce qui suppose la substitualité de chacun, tout le monde a le même rôle au combat, et c'est pour cela que l'ensemble est efficace.

Nous sommes donc dans une forme de combat collectif, il y a une masse contre une autre masse. A la saison de la guerre, on se retrouve à la saison de la guerre sur un espace plat où les deux armées se donnent rendez-vous. L'enjeu est le choc de la phalange, des boucliers et les hoplites poussent. C'est une véritable mêlée même si les hoplites sont beaucoup plus nombreux que les joueurs de rugby. Le vainqueur est la phalange qui arriver à enfoncer et repousser la phalange adverse. Il y a des morts bien évidemment, mais les soldats ne meurent pas de coups de lance, mais d'étouffement, ils sont écrasés par la phalange adversaire.

Ce n'est pas une guerre d'extermination de l'autre. Le but n'est pas de tuer tout le monde, mais de gagner le terrain, d'enfoncer la phalange adversaire. Ce code est reconnu par tout le monde. La défaite doit être reconnue et à ce moment on arrête le combat, on enlève les morts, on a un vainqueur et un vaincu. Il n'y a pas trop de morts, c'est pour cela que le combat reste ritualisé, parce qu'il y a des règles et le nombre de morts par la guerre n'est pas trop fort tous les ans.

 

On le voit apparaître déjà dans l'Iliade, qui parle de la mêlée, bouclier contre bouclier, de façon beaucoup plus claire à partir du VII ème siècle.

 

 

II – COMMUNAUTES CIVIQUES ET SOCIETES ARISTOCRATIQUES

 

1 – Les « rois mangeurs de présents »

2 – Guerre et citoyenneté

 

1 – Les « rois mangeurs de présents »

 

C'est une citation d'un poète de la fin du VIII ème Siècle, début VII ème, Hésiode. C'est un auteur de poésie lyrique, connu pour deux poèmes, la Théogonie, histoire des dieux et Les travaux et les jours, le récit du quotidien d'une communauté de paysans de Bénotie sur les difficultés qu'ils ont a vivre, sur cette terre difficile à cultiver. Ce livre nous présente la réalité des rapports de force, de la culture de la terre qui ne rend rien, mais aussi de la difficulté de vivre sous la domination des aristoï qui dominent et dévorent le travail des autres. Ces poèmes sont intéressants car ils montrent la réalité de la hiérarchie sociale.

 

Les « rois mangeurs de présents », dominants, sont les aristoï, les meilleurs qui portent aussi un autre nom : les eupatrides, les biens nés, qui ont un bon père. Ils se définissent ainsi parce qu'ils sont dominants et s'opposent eux-mêmes aux autres, qui sont les kakoï, les mauvais, les vilains.

Les aristoï possèdent la terre, ils consacrent leur activité, leur vie à la chasse, à la guerre, à la gestion de leur domaine, qui est l'Oikos. Ils sont entourés de groupes de compagnons comme l'est Ulysse et leurs domaines sont mis en culture par des esclaves ou des dépendants. Le rôle des aristoï est essentiel sur le plan artistique, économique : ils diffusent et consomment la poésie lyrique, ce sont eux qui jouent un rôle essentiel dans le développement du commerce, notamment pour les produits de luxe, les métaux, les armes. C'est dans leurs tombes que l'on retrouver les plus belles céramiques.

Ce sont eux qui imposent leurs valeurs de distinction, de courage, de rivalité, comme la notion d'Agon : rivalité que l'on voit dans l'Odyssée, par l'épreuve de l'arc il veut être le meileur, partout en toutes circonstances, dans le cadre des concours d'Olympie notamment. Ce sont les aristocrates qui vont participer aux concours olympiques, ce qui participe à l'idéologie aristocratique d'être le meilleur, d'affirmer leur supériorité, leur domination.

 

Ils partagent entre eux le pouvoir; il n'y a plus de rois, plus de famille royale. La plupart des cité n'a plus de roi comme représentant d'une dynastie, d'une famille qui détiendrait le pouvoir de façon dynastique.

Des institutions sont mises en place, instaurant un partage du pouvoir entre les magistrats. Par exemple, à Athènes, dans le haut archaïsme, il est possible qu'il y ait eu des rois à Athènes. Au X ème, IX ème siècles, la mémoire athènienne évoque les rois, comme Egée. Mais au VIII ème Siècle, il n'y a plus de roi. Le roi avait une triple fonction : religieuse, guerrière et politique, celle de gouverner la cité. C'est ce qui fait les trois facettes du pouvoir : établir un lien avec les dieux et diriger le peuple, en exerçant le pouvoir.

 

 

Le roi avait une tripe fonction : religieuse, guerrière et politique, celle de gouverner la cité. C'est ce qui fait les trois facette du pouvoir : établir lien avec les dieux, défendre la cité et diriger le peuple, par l'exercice du pouvoir.

Ces trois fonctions sont partagées entre trois personnes différentes, renouvelées chaque année, appelées magistrats ou arcompte. Ils ont une archée, un pouvoir. C'est le plus puissant. L'arcompte polémarque est chargé de la guerre, des affaires militaires, c'est le chef de l'armé. L'arcompte roi a une fonction honorifique et une fonction religieuse. Le pouvoir royal non seulement s'effrite, mais il s'éclate en trois parties, mais en plus les arcomptes sont renouvelés annuellement : cela marque l'idée du partage du pouvoir entre groupes aristocratiques qui s'organisent pour se partager l'ancien pouvoir royal.

 

2 – Guerre et citoyenneté

 

Entre le VIII ème et le VII ème siècle l'idéologie de la guerre va changer. Jusque là, la guerre était l'apanage des aristocrates. Ils se disaient héros, prétendants être les seuls à défendre la communauté, ce qui définissait leur identité. Vu qu'ils étaient chargés de défendre le reste de la société, et ils se définissent ainsi comme les meilleurs.

Mais évidemment lorsqu'on change de technique de combat, la rivalité croissante entre cités fait que l'on a besoin de plus en plus de soldats. La rivalité est de plus en plus efficace, dans la phalange. Les aristocrates ne peuvent plus se revendiquer comme étant les seuls à défendre les seuls à défendre la communauté, un plus grand nombre la défend grâce à la participation au groupe.

 

Il y a alors un changement idéologique : les dominants n'abandonnent pas le domaine militaire mais ils vont avoir des fonctions différentes : celles de chefs stratèges, ce seront aussi les cavaliers, car avoir un cheval suppose des moyens financiers. Ils se distinguent au combat. Ils n'ont plus le monopole de défense de la communauté. Ils affichent leur distinction par la richesse ostentatoire et ainsi apparaissent de riches tombes, pour les femmes elles comportent des bijoux et pour les hommes on retrouve dedans des objets guerriers spectaculaires.

Ce souci de distinction est exprimé aux concours gymniques sportifs, dans la poésie.

 

Parallèlement, l'idée de distinction au combat, de gloire à travers l'expression de la valeur militaire, qui va s'élargir à un plus grand nombre, comprenant ceux qui participent à la phalange, au combat hoplitique.

A l'époque de l'Iliade, la belle mort était la mort dans un combat singulier, contre un égal pour défendre sa communauté, son armée. C'est le dévouement individuel, seul, pour défendre le groupe. A partir du VII ème siècle, la notion de belle mort change du tout au tout. La belle mort c'est alors mourir dans le groupe, au premier rang de la phalange, tenir sa place même dans l'adversité, même face à la phalange adverse qui va enfoncer le groupe. Il ne faut pas céder car si on cède le groupe entier va céder. L'objectif est de tenir pour le groupe dans le groupe. On valorise la capacité de chacun à se soumettre à des règles collectives pour le bien collectif.

 

C'est à travers ses valeurs que nait la valeur de citoyenneté. Être citoyen, c'est défendre la communauté en défendant son voisin tout comme lui nous défend de la même façon.

L'équipement a un coût : il est cher. Tout le monde ne peut pas se payer la panoplie du soldat. Ce n'est pas réservé à une élite, comme la possession d'un cheval montrant qu'il faut avoir des revenus pour l'entretenir (le nourrir,... ) Ce n'est pas la cité qui finance l'équipement des fantassins, ils s'équipent eux même.

Pour faire partie de la phalange il faut donc avoir un minimum de revenus, avoir assez d'argent pour financer l'équipement, ce qui comprend l'achat du métal et et le paiement du travail de l'artisan qui va fabriquer les armes : donc tout le monde n'est pas concerné.

 

Il va donc y avoir un lien de fait entre la possession minimale de la terre et la capacité à financer la panoplie. L'appartenance au groupe des hoplites entraine l'appartenance à la citoyenneté et c'est pour cela que les personnes ont le droit de participer de façon égale à la société. Le premier sommet est la possession de la terre, le deuxième sommet est la participation à la phalange et le troisième sommet est la participation à la citoyenneté. Cette notion fondamentale se met en place dans ces périodes.

Cette idée se retrouve dans toute les cités mais de façon beaucoup plus contemporaine aussi. Tout le débat sur le vote démocratique au XIX ème Siècle repose là-dessus avec argument des propriétaires.

 

Au VIII ème Siècle le monde grec connait des transformations importantes, avec les bases de ce qui va constituer la culture grecque, la poésie, l'Ilialde et l'Odyssée, et l'originalité historique du monde grec, qui est l'idée de citoyenneté, prend donc racine dans le combat entre les cités.

 

La citoyenneté ne naît pas que par la guerre, mais des formes d'intensification collectives. Ce qui est puissant pour créer la cohésion dans un groupe c'est le partage d'un dieu, toute la communauté de la cité partage des divinités auxquelles chaque groupe va s'identifier.

Voyons le cas d'Athènes, qui n'a pas toujours existé comme cité dominant l'Atique. On voir un phénomène de synocisme, habiter en semble, qui va faire que les athéniens vont construire leur territoire dans le but d'habiter ensemble. Ce phénomène est attribué à la figure de Thésée, roi légendaire mais utile pour rendre compte de l'évolution de la construction du territoire d'Athénes, avec une déesse commune Athéna, qui donne son nom à la cité, qui est une déesse guerrière vierge.

 

Commenter cet article