Histoire Contemporaine Discipline II (4)

Publié le par Licence1 sociologie Poitiers

II – La II ème Industrialisation ( à partir des années 1880 )

 

C'est une relance de l'industrialisation, une transformation, une évolution, qui se fait au coeur d'une période de crise en Europe entre les années 1870 et le début des années 1890. C'est une période de crise où l'on a pu voir se réaliser une sorte d'essoufflement de la première industrialisation. A partir des années 1860, la croissance ralentit un peu partout; les inventions cessent de s'accélérer comme elles le faisaient jusque là, donc les mécanismes qui faisaient la croissance permanente s'essoufflent, se fripent. De nouveaux venus, pays émergents, notamment l'Allemagne et les États-Unis dont la population augmente très vite, par l'immigration européenne notamment, ils connaissent un boum économique et démographique. De plus L'Italie unifiée s'industrialise progressivement et c'est aussi le cas de l'Espagne ( les pays basques, la catalogne ), l'Autriche-Hongrie et la Russie. La concurrence internationale est donc de plus en plus importante, plus de pays produisent et veulent vendre. S'ensuit une situation de baisse des prix et des profits en raison de la surproduction. Quand les profits baissent, c'est à l'avantage des salaires c'est aussi moins d'investissement. Cette baisse des prix et des profits entraine une crise, qui touche aussi le textile. C'est aussi un moment où le système financier est fragile, extrêmement sollicité par l'industrialisation. On fait appel aux banques, aux marchés financiers, et il y a toute une série de crises boursières en 1873-76. Nous ne sommes pas dans une situation de récession mais la croissance est fortement ralentie.

 

Le sentiment de crise économique est très important à cette époque. On a même parlé de « grande dépression » des années 1870-80. Aujourd'hui, on parle plutôt de stagnation économique pour caractériser cette période de l'histoire économique. Car contrairement à ce que l'on pourrait penser, la croissance n'a jamais réellement baissé, elle a juste été ralentie. Elle ne s'arrête pas et repart à la hausse dans les années 1890 avec un nouvel environnement économique, où l'on assiste de nouveau au changement des systèmes de production. C'est pour cela qu'on parle à ce moment d'une seconde industrialisation, car avec ce nouveau système technique on fait de nouveaux gains de productivité ce qui permet la relance de la croissance, malgré la concurrence internationale accrue.

 

A ) De nouveaux secteurs moteurs.

 

Dans le dernier quart du XIX ème Siècle, le textile perd son rôle moteur dans le secteur industriel. Désormais ce rôle de secteur moteur revient plutôt à l'industrie métallurgique. A la fin du siècle la métallurgie devient un secteur dominant, tirant toute l'industrie, surtout dans de la sidérurgie, branche principale de la métallurgie.

On entre dans un « nouvel âge du métal », c'est l'âge du métal moderne. On commence à construire de plus en plus et plus pour cela on a besoin de plus en plus de métal et de fer. De plus, cet âge du métal, en plus du fer est un âge de l'acier : c'est une grande nouveauté. L'acier est un dérivé du fer, plus résistant. Le prix de revient de l'acier ne cesse de baisser en raisons des innovations du secteur industriel, ce qui permet de produire et de diffuser de plus en plus d'acier.

 

Dans la métallurgie, on trouve d'autres branches que la sidérurgie. On trouve le travail du zinc et du cuivre. Ce sont des métaux dont l'importance grandit avec l'urbanisation. Celle-ci consomme beaucoup de zinc pour construire les toits des bâtiments et avec le cuivre on fabrique des canalisations dans le cadre d'installation de réseaux de canalisations d'eau, notamment souterraines, pour répondre aux problèmes d'évacuation des eaux usées.

Nous pouvons voir un autre métal emblématique de cette époque, c'est l'aluminium, obtenu par l'électronise de la bauxite. Ce matériaux est révolutionnaire à bien des égards.

 

Notons avec cette électronise que ce qui est intéressant c'est que cette seconde industrialisation est aussi une révolution électrique. L'électricité n'est pas une nouvelle source d'énergie mais une nouvelle forme d'énergie car il faut la produire et pour cela on a besoin de sources d'énergie, comme l'eau, la combustion du charbon ou du pétrole... Cette innovation est révolutionnaire et va permettre une utilisation courante bien plus commode que le charbon et la force de l'eau.

 

Là aussi, nous devons bien noter qu'il y a une distinction à faire, notamment chronologiquement parlant, entre l'histoire des inventons et celle des innovations. L'innovation est un terme économique qui peut être décalé par rapport à l'invention.

 

Il y a de grandes innovations qui entraînent une utilisation courante des inventions liées à une demande sociale, à un besoin ressenti d'une énergie plus commode plus abondante qui suscite des recherches et aboutit à la mise au point du système électrique. Le charbon ne disparaît pas, il est transformé en électricité mais plus en vapeur.

Un problème se posait aux débuts de l'électricité, celui du transport, on n'arrivait pas à transporter l'électricité sans qu'il n'y ait de perte. Pour répondre à ce problème, on voit qu'en 1890 est inventée la ligne à haute tension en Allemagne. A partir de là, on peut développer de nombreuses centrales hydroliques dans les régions montagneuses, comme dans en France dans les Alpes, qui pouvaient ainsi produire de l'énergie qui serait ensuite être redistribuée dans les centres de consommation énergétique.

 

L'électricité permet de résoudre certains problèmes. Elle révolutionne notamment l'éclairage, même si un éclairage au gaz était déjà présent, mais l'électricité améliore le confort dans les villes et à l'intérieur des maisons. La société de l'époque était en manque d'éclairage, et il y avait une volonté de sécurité qui était présente, de pouvoir vivre la nuit. L'électricité répond à cette demande, et améliore aussi le système des communications avec l'invention du télégraphe électrique et le téléphone, qui est une grande nouveauté de la fin du XIX ème Siècle.

L'électricité améliore le confort domestique et joue aussi un rôle dans la progression des transports urbains : les villes sont de plus en plus grandes, nous avons donc une demande de transport supplémentaires. En revanche, les travaux électriques permettent de remplacer les vieux tramways qui étaient tirés autrefois par des chevaux.

Là où l'électricité est la plus révolutionnaire c'est directement dans le domaine industriel. Toutes les industries s'équipent progressivement de machines électriques qui prennent moins de place que les machines à vapeur, et permettent d'associer davantage de tâches dans les mêmes espaces.

 

Avant même la première guerre mondiale, les premières chaînes de montage sont présentes aux Etats-Unis en 1907, et elles sont introduites progressivement en Europe dans les années 1910, années qui précédent la première guerre mondiale.

Avec la chaîne de montage, une nouvelle organisation du travail fait son apparition sous le nom de taylorisme, du nom de l'ingénieur Taylor, qui avait théorisé cette nouvelle organisation du travail.

 

On peut évoquer de nouvelles industries qui se développent. Ce sont des industries de pointe, caractérisées par une innovation très rapide et une croissance très forte et rapide.

  • C'est la chimie de synthèse, l'industrie chimique, dans laquelle on produit et l'on crée de nouveaux produits qui n'existent pas dans la nature. Il y a une croissance importante, notamment en Allemagne qui sont des leaders dans la production d'engrais agricoles. Les allemands inventent aussi la celluloïd, qui entre dans la composition des pellicules, qui va révolutionner la photographie et plus tard le cinéma. Tout cela est issu du développement de la chimie de synthèse.

  • L'industrie emblématique de cette époque est l'industrie automobile, qui naît avec l'invention du moteur à explosion, qui date des années 1880. Ce moteur à explosion a été inventé par deux allemands, Daimler et Benz, fondateurs de la firme de Mercedes. Cette industrie est d'abord minoritaire, elle devient plus importante dans les années 1892 mais ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que l'automobile ne devient un secteur industriel puissant.

  • L'industrie pneumatique. Nous sommes au XIX ème Siècle dans la grande époque de la bicyclette. Avec l'utilisation du caoutchouc on crée des pneus de plus en plus résistants et de moins en moins chers. Le premier champion du pneumatique est John Dunlop, un grand inventeur écossais.

 

L'eau a été beaucoup relancée par l'électricité, mais c'est toujours surtout le charbon, emblématique de la première industrialisation, qui est utilisé pour produire de l'énergie. La consommation de charbon continue à être de loin la première source d'énergie, notamment au niveau industriel. Parmi les hydrocarbures, on utilise de plus en plus le pétrole, notamment dans l'industrie automobile. Le pétrole apparaît comme une nouvelle source d'énergie qui joue au XX ème Siècle un rôle décisif.

 

Production de houille entre 1800 et 1913

 

1800

1800-1840

1840 1880

1880 1913

1913

GB

10Mt

X3

X5

X2

300Mt

France

1Mt

X3

X6

X2

38Mt

Allemagne

1Mt

X3

X16

X4

200Mt

 

 

B ) Le triomphe de la grande entreprise.

 

La deuxième industrialisation est un moment de révolution rapide du capitalisme, de la structure des entreprises. C'est le triomphe de la grande entreprise.

Le contexte de l'époque, nous l'avons déjà dit, est un contexte de grande concurrence notamment internationale avec des pays qui s'industrialisent. Ce contexte est source d'innovations, dans l'objectif de produire plus en réduisant les coûts de production et vendre ainsi plus, même si c'est à des prix plus bas. Ce contexte très concurrentiel pousse, encourage, la concentration des entreprises.

Concentrer les entreprises signifie augmenter leur poids financier, c'est donc réunir plus de capitaux et donc se donner des capacités plus grandes d'investissement dans l'innovation, parfois aussi dans la conquête des marchés, la distribution et c'est aussi aussi permettre finalement des économies d'échelle : Plus on produit en quantité, moins coûte chaque unité produite.

 

La modernisation s'accélère véritablement à la fin du siècle, avec de plus en plus de grandes entreprises et des entreprises de plus en plus grandes.

Ces grandes entreprises ne sont plus les entreprises familiales qui caractérisaient le capitalisme de l'époque moderne de la première industrialisation. On passe de sociétés « familiales », société qui avaient un nom collectif associant plusieurs personnes, souvent plusieurs familles liées entre elles par des mariages. La dimension de ces sociétés était réduite : le capital n'était réunit qu'entre quelques associés, et du coup les capacités d'investissement étaient limitées.

A la fin du siècle, on passe de plus en plus à la société anonyme. Le capital est désormais divisé en un plus grand nombre d'actions, qui sont placées sur le marché financier et que tout le monde peut acheter. La famille continue à garder quelques actions, mais elles vont quand même chercher à vendre leurs actions, avec l'apparition d'une nouvelle structure juridique : la société anonyme.

Ces sociétés anonymes sont dites SARL, ce sont des Sociétés à Responsabilité Limitée, car le capital étant divisé en beaucoup plus d'actions, chacun n'est plus responsable que de ses propres actions. En cas de problème, chacun ne perd que la quantité d'argent qu'il a investit. Ce statut juridique limite les risques liés à l'investissement, et permet ainsi une réunion de plus de capitaux, permettant d'avoir une force de frappe industrielle beaucoup plus grande.

On passe du modèle dominant de l'autofinancement ( où l'entreprise n'investit qu'à partir de ses profits, ce qui limite l'investissement ) à un autre modèle de financement externe. Les entreprises vont chercher l'argent ailleurs pour innover, en recourant de plus en plus aux banques en faisant des emprunts, et aux marchés financiers en vendant des actions. Les entreprises qui sont de plus en plus financées de façon externe grossissent et arrivent à réunir des sommes de plus en plus considérables, permettant un investissement plus fort.

 

C'est une époque marquée par des phénomènes de concentration tout à fait notables. Ces processus se font soit de manière horizontale, soit de manière verticale. Les processus horizontaux se traduisent par un rachat d'entreprises qui rachètent leurs concurrents, et les processus verticaux qui se traduisent par un rachat des entreprises des constructeurs, cela se fait par le bas du processus de production.

C'est là que se créent des grandes entreprises, comme le chemin de fer, où l'on voit une tendance à des fusions de compagnies de plus en plus importantes. Les entreprises ne font pas que se concentrer, elles ont tendance à s'entendre les unes avec les autres et à créer des cartel. C'est ce que l'on appelle en anglais les trust. Aux États-Unis, on est confronté au même phénomène mais les entreprises agissent de façon plus forte. Des ligues patronales, des syndicats patronaux, comme le Comité des Forges en France, car son rôle politique était souvent dénoncé par les socialistes. C'est l'ancêtre du MEDEF dans le secteur industriel.

 

Ils ont pour but de limiter la concurrence, la baisse des prix et de garantir le maintien des profits et donc de la rentabilité des investissements. On peut noter que c'est le moment où le poids social et politique du grand patronat se développe. A la fin du XIX ème Siècle, pour s'enrichir les seules voies sûres sont l'industrie, les affaires, les banques. Ces dernières sont des entreprises du secteur tertiaire.

On peut voir que la terre n'est plus une richesse. La terre était anciennement une valeur noble, c'était la source de puissance de l'aristocratie encore très forte en Angleterre et en Allemagne, mais la terre devient vite obsolète. En effet, les prix agricoles chutent, tout comme le prix de la terre baisse. Il y a de moins en moins de candidats pour racheter des terres et donc les revenus tirés du sol diminuent considérablement.

Ainsi, toutes les classes sociales qui tiraient leur force de la propriété foncière sont en crise.

C'est pour cela que certains historiens considèrent que c'est seulement à la belle époque que l'on peut vraiment parler de la fin de l'Ancien Régime, car ce n'est qu'à ce moment là que l'influence des aristocrates dont la puissance foncière était importante commence à baisser, du point de vue économique et social.

 

Notons encore que ces grandes entreprises sont de plus en plus complexes par rapport aux petites entreprises traditionnelles qui associaient des patrons et des ouvriers. Les fonctions et statuts dans l'entreprise se diversifient. Dan l'usine, les ouvriers sont encadrés par des techniciens, des contremaitres. On voit qu'il y a une hiérarchie complexe et surtout à coté de ceux qui produisent il y a tous ceux dont le travail ne consiste pas à produire mais à faire de la recherche pour produire plus, mieux, moins cher, à gérer l'entreprise comme dans le cadre de la comptabilité, mais aussi dans la commercialisation car ces grandes entreprises ont des marchés énormes, et la vente de leurs produits suppose plus de personnel commercial.

A côté des traditionnels cols bleus ouvriers apparaissent de plus en plus des cols blancs dans l'entreprise. Là, on ne parle pas de cadres mais de personnel d'encadrement des ouvriers. On peut parler aussi d'une forme de tertiarisation de l'industrie : il y a des personnes qui travaillent dans l'industrie mais qui appartiennent plutôt au secteur du tertiaire, par exemple dans la gestion de la comptabilité de l'entreprise, du secrétariat. C'est d'ailleurs aussi le moment où le secteur tertiaire se développe.

 

De nouvelles figures sociales apparaissent à cette époque, en particulier celle de l'ingénieur. Celui-ci a un rôle social au départ très important, c'est celui qui a fait des études scientifiques et techniques et travaille à l'innovation, c'est donc un personnage important. Voyons le cas de certains ingénieurs, inventeurs, ou capitaines d'industrie qui à partir d'une intuition technique deviennent célèbres en faisant fortune rapidement grâce à des idées géniales : ce sont les fameuses success stories du capitalisme, l'histoire du self made man. Comme exemple, nous pouvons citer Werner Siemens, un allemand inventeur de la dynamo, ou encore l'italien G.Pirelli, ingénieur d'origine modeste ( son père était boulanger) qui fait des études scientifiques et se lance avec beaucoup de flair dans l'industrie du câble et du pneumatique ou il va connaître un succès foudroyant.

 

Cependant, nous devons absolument comprendre que ces histoires d'ingénieurs qui construisent des empires en partant à partir de rien sont assez rares. Nous devons penser au fait que ces personnes étaient mises en avant pour justifier que le capitalisme était un système où tout le monde aurait ses chances, étant basé sur une idéologie méritocratique.

On se rend compte que la très grande majorité des entrepreneurs sont des fils d'entrepreneurs. L'héritage est donc plus fréquent que l'auto-formation. Nous devons donc faire attention à ne pas nous laisser obnubiler par des personnages célèbres, car leur réussite exceptionnelle n'est pas la norme de l'époque.

De plus, nous ne devons pas omettre le fait que les petites entreprises ne disparaissent pas. Loin de là, il y a coexistence des petites entreprises et des grandes entreprises. En 1913, 32%(soit 1/3) des ouvriers français travaillait dans des établissements de moins de dix salariés et 28% dans des établissements de moins de cent salariés.

En 1913 en Allemagne, 30% des ouvriers travaillent dans des toutes petites entreprises, de moins de cinq salariés : C'est deux fois moins qu'en 1882.

On parle de dualisme, du modèle fréquent de la petite voir de la toute petite entreprise.

 

C ) Le temps du gigantisme industriel.

 

Les grandes entreprises vont produire plus pour produire moins cher et ont tendance aussi à agrandir de plus en plus les établissements industriels, mines ou usines où l'on installe des machines ou des complexes mécaniques, qui sont souvent électriques et de plus en plus des géants sophistiqués permettant de faire de plus en plus de choses à la fois le plus rapidement. Les machines dans les usines sont de plus en plus imposantes et modernisées.

Le mot manufacture disparaît, à la place s'impose le terme d'usine.

 

C'est le temps de l'exacerbation des nationalismes, notamment à travers l'industrie lourde, le temps des prouesses industrielles.

Le cas des établissements Schneider dans le Creusot, qui étaient avant la seconde industrialisation le plus grand complexe industriel français, on y extrayait charbon, on y faisait du fer et de l'acier et on y construisait des armes. Ce complexe appartenant à la famille Schneider l'une des plus riches en France jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

L'usine donne lieu à une description, dans le livre G. Brunp, Le tour de la France par deux enfants : Devoir et patrie. Livre de lecture courante. Première édition en 1877. C'est une source importante car on a la vision officielle et pédagogique de la société qui est proposée aux enfants de l'école républicaine.

Dans ce livre, deux enfants lorrains font le tour de la France car ils cherchent leur oncle qui pourrait les accueillir, et qui est donc l'occasion d'une visite du parcours national. Ils trouvent un patron qui les fait travailler, c'est un marchand itinérant.

Le chapitre 47 évoque la visite de « la plus grande usine de l'Europe : le Creusot.

 

  • « La puissance de l'industrie et de ses machines est si grande qu'elle effraie au premier abord; mais c'est une puissance bienfaisante qui travaille pour l'humanité et le progrès, le bien commun, et ne doit pas effrayer bêtement, il faut surmonter la peur et accueillir avec bonheur les bienfaits de l'industrie. »

  • « C'est comme une ville, cette usine là ».

  • « Faut il avoir avoir peur d'être broyé? Non, mais il faut faire attention... » Le montre d'ailleurs à l'enfant qu'il y a des enfants pas plus grands que lui qui travaillent, qui font attention de ne pas se blesser, qui sont sérieux et prudent pour ne pas être blessés par les machines. On n'est pas encore dans la situation de scolarité obligatoire, on a encore des enfants qui travaillent dans les usines. »

  • le « feu d 'enfer » continu des hauts fourneaux ( hauts de 15 à 20m) : ils permettent de produire l'acier

  • la fonderie où «  des ciseaux d'acier mis en mouvement par la vapeur, tranchaient des barres de fer comme si c'eût été du carton » et où le gigantesque marteau-pillon (3t) est capable d'enfoncer un bouchon dans une bouteille de vin sans la casser.

La technique est ici vue comme une force bienfaisante, ce qui est une chose intéressante pour comprendre l'entrée de l'Europe dans l'industrialisation. Voyons les ouvriers qui cassaient leur machine dans la première industrialisation par peur du progrès, les machines remplaçant les bras... Là le rapport est très différent, la machine apporte le progrès.

 

Les expositions universelles : Elles se déroulent à Londres en 1851 et en1862 , à Paris en 1867 et en 1889 et à Berlin et 1879 et 1900. L'exposition visitée par des millions de personnes, avec des pavillons nationaux. Chaque notion présente des choses, climat de rivalité où chacun veut présenter prouesses les + impressionante. N peut dire que les européen prénnent conscience de trnetreer dasn cette civilisation industrielle nouvelle et on peu dire d'ailleur qu'il y a une forme d'enthousiasme, on parelt a l'époque de la fée électricité qui transforme la vie, mais belel époque assez sombre, traversée par becp inquiétudes, pessimistes, intellectuels gens insipéres par les religions disent que industrialistion ne fait pas porgessiver l'humanité, trimphe de la machine su rl'ahumain...

bien entendu le fait que ce progrés indust repose de + en + sur indu lourd et les armes a de quoi inquiéter les esprits les plus lucides qui imaginetn qu'une guerre est à prévenir

 

de plus en 1912 naufrage du titanic : vu comme sugne des limite, d'une démesure d'un orgieil de la modernité en coulant il va teur centanes de morts, victime du progés.

 

 

D ) L'Allemagne : une nouvelle puissance dominante.

 

La géographie indu se modifie à l'époque avec un fait nouveau : la montée en puissance de l'Allemagne qui est unifiée. L'unification politique renforce le dynamisme économique de l'Allemagne, qui progressivement se rapproche de la Grande Bretagne à la fin du XIX ème Siècle et en terme de production industrielle dépasse l'Angleterre à partir de 1910.

L'Allemagne profite du phénomène que les économistes appellent le late comer, celui qui vient plus tard et rattrape celui qui était en tête. Il y a là l'idée que dans une course, on ne peut pas être perpétuellement en tête. Le premier se fatigue à un moment et c'est souvent quelqu'un qui est derrière dans la course qui finit par gagner, comme on le voit régulièrement en athlétisme L'Angleterre a dominé l'économie européenne et mondiale pendant très longtemps. Mais il y un effet d'essoufflement du côté de l'Angleterre au bout d'un moment, le pays qui vient derrière, l'Allemagne, finit par la dépasser alors que le géant anglais s'essouffle un peu.

Les économistes expliquent cela par le fait que l'Allemagne, ayant développé son industrie plus tard, dispose d'équipement plus moderne alors que la Grande Bretagne commence à avoir un équipement industriel vieillissant et a du mal à investir pour renouveler son industrie. A la fin du XIX ème Siècle, les anglais se font dominer dans les nouveaux secteurs, comme l'électricité. En effet les anglais mettent du temps à comprendre son importance et à se lancer dedans. Le gaz était plus développé en Angleterre que dans le reste de l'Europe, le pays a donc moins besoin d'électricité que les autres pays européens. Le résultat est que c'est en Allemagne que les innovations ont lieu et ce pays prend un avantage.

 

L'Allemagne profite aussi d'un certain nombre d'avantages : le rôle de l'état y est important. L'Allemagne est un pays leader dans le secteur éducatif, en effet on y forme de très bons ingénieurs, des très bons techniciens adaptés à la demande de personnel de la seconde industrialisation. Ainsi, le pays se développe dans l'industrie lourde, chimique, automobile, pneumatique...
Toutefois, nous devons relativiser ce que nous avançons : on ne peut pas parler d'un déclin de l'Angleterre. Jusqu'à la première guerre mondiale, l'Angleterre reste le pays le plus riche d'Europe, c'est le pays qui a le plus haut PIB d'Europe, et aussi le PIP/habitant le plus élevé. Ce n'est que sur la production industrielle que le pays se fait dépasser.

 

Ce qu'il y a c'est que l'économie anglaise à l'époque était déjà tirée par le secteur tertiaire. On peut voir l'importance financière de Londres et de sa city avec la domination du commerce international. Il est important de noter que c'est le premier pays à passer dans l'ère tertiaire post-industrielle.

La France connaît une industrialisation plus modeste, on le voit notamment au fait que les grandes entreprises françaises arrivent assez loin par rapport aux entreprises allemandes et britanniques. Le dynamisme repose sur les petites et moyennes entreprises. Le pays est dynamique pendant la belle époque avec le développement de certain nombre de secteurs de pointe, il tire assez bien son épingle du jeu, avec la production électrique dans les Alpes, et le fait que le pays est un leader de l'aluminium, et on sait la réussite française en matière automobile.

On peut noter un poids faible de la France dans l'industrie lourde, la sidérurgie, l'armement, surtout après la perte de l'Alsace et de la Lorraine, qui sont des départements riches et industrialisés.

 

 

CONCLUSION :

Avec l'industrialisation au XIX ème Siècle, l'Europe est entrée dans une logique de croissance continue, qui n'arrête pas. C'est aussi une logique de progrès, a travers notamment l'innovation et la productivité toujours plus importante. Au fond, nous ne sommes pas sortis de cette ère de la croissance où les sociétés se sont habituées à vivre avec la croissance, dés qu'elle ralentit c'est la crise.

On entre dans une logique de « toujours plus », dont on perçoit aujourd'hui beaucoup mieux les limites : le regard change. Ce phénomène assez récent a des conséquences sur l'historiographie, aujourd'hui on est beaucoup plus sensibles aux conséquences climatiques écologiques de l'industrialisation : le réchauffement climatique alimenté par la combustion du charbon.

Enfin bien entendu, nous pouvons voir un aspect très connu, c'est le coup social, humain, la souffrance sociale de l'industrialisation, à travers le sort souvent dur des classes ouvrières sous la notion de la question sociale. 

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