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3eme CM : AGES DE LA VIE ET RAPPORTS DE GENERATIONS

 

INTRODUCTION : STRATIFICATION PAR AGES ET RAPPORTS SOCIAUX

 

 

 

introduction

Pyramide des âges de la population française de 1894 à 1994.

en psychologie on travaille à la contruction des âges de la vie par rapport aux stades de la vie. Il y a une constrution de la biologie. Mais il n'y a pas que ca. Ces âges, et étapes et le passage d'un âge à un autre est conditionné par une structure qui est sociale. Détour par l'anthropologie et l'histoire. « La jeunesse n'est qu'un mot » cette idée que être jeune, c'est une représentation de la jeunesse et par là il y a une construction sociale.

« l'âge est une donnée biologique socialement manipulée et manipulable »

Les âges de la vie sont des enjeux de lutte, c'est ce que dit Bourdieu. Si on identifie des jeunes dasn une société c'est qu'on identifie d'autres groupes qui ne le sont pas. IL y a donc une répartition. En réalité il ya des relations entre ces ages de la vie et il y a des rapports de force qui se nouent et bien sur des rapports sociaux, des rapports de pouvoir. Récemment on a eu un million de personnes dans la rue selon la police, 4 millions selon les syndicats pour les retraites. Lutte pour savoir quelle est la limite entre les âges de la vie.

La majorité est à 18 ans aujourd'hui, avant elle était à 21 ans. Mais pourquoi pas 16? La majorité donne des droits et des devoirs. Chaque barrière que l'on va établir est arbitraire.

Un élu de la région paca a proposé un couvre feu pour les jeunes jusqu'à 13 ans.

Les rapports de génération sont liés au rapports sociaux, ce n'est pas simplement une opposition entre vieux et jeunes.

Idée qu'il n'y a pas une jeunesse, mais des jeunesses.

Les étapes de passage d'un âge de la vie à un autre ont changé. Dans une société traditionnelle et même en Europe on avait une proximité des hommes et des femmes et des générations. Cette proximité éclate en partie dans la société moderne, éclatement de générations avec des lieux de plus en plus spécialisés, aujourd'hui on a des créches, des écoles maternelles, des institutions pour le troisième âge et pour le quatrième âge. A chaque fois cela engage des droits, des devoirs, des possibilités pour les âges de la vie.

Nous sommes dans un type de société donné. Depuis une vingtaine d'années, des sociologues remarquent que dans les années 60, c'est l'apparition de la jeunesse. Les jeunes ont leur propre musique, une construction identitaire, des loisirs de jeunes. Il y a des constructions sociales qui permettent le développement de la jeunesse.

Texte de marcel gauchet, provocateur, la redéfinition des âges de la vie. Il explique dans un passage un peu provocateur, que nous sommes  dans une société où la jeunesse est mise en avant, il dit «  de la jeunesse sans révolte au monde sans adulte » .

Le fait qu'on soit dasn un monde sans adulte, nous sommes une société qui cultive le jeunisme : il faut être jeune dans tous les âges de la vie.

Lacan écrit « une société sans père » dans le sens où dacan remarquait déjà qu'il fallait reconnaître au père le pouvoir et la capacité de dire non à ses enfants. Si les parents restent jeunes. On est dans une société de la performance, où il ne fait apparemment pas bon d'être vieux. Mais le paradoxe, en France mais pas seulement, les jeunes finalement sont assez maltraîtés d'un point de vue politique et économique.

La jeunesse est mise en avant mais elle n'a en fait que très peu de moyens pour s'exprimer.

 

Louis Chauvel, Le destin des générations, structure sociale et cohortes en France de Xxème sièle aux années 2010.

 

I – L'EXEMPLE DE LA JEUNESSE COMME NOUVEL AGE DE LA VIE.

 

On a l'accés au baccalauréat. Au début du siècle 2% de bacheliers (1910), autour des années lam assification du premier cycle, années 80 massification du lycée. En 1980 60% de bacheliers. On est dans un effet de structures. Ceux qui naissent aujourd'hui ont 60% de chances d'avoir le baccalauréat. C'est un progrés.

Inversement le taux d'accés à la catégorie cades et professions intermédiaires pour les simples bacheliers, population masculine. Pour les années 60, avant le choc pétrolier, on voit que quelqu'un qui a le bac a 60% de chances d'etres cadre aujourd'hui c'est le l'ordre de 38% et pour les femmes de l'ordre de 22%. On a une perte de 40% d'accéder aux catégories supérieures pour le même niveau de diplôme.

Il y a un effet de scarification, ce qu'on vit maintenant est extrêmement important pour les années à venir. Il y a un effet structurel qui pèse selon les générations.

 

A. Historicité de la jeunesse et des jeunes.

 

La jeunesse a une histoire. Quelques événements de cette histoire :

La jeunesse n'a pas toujours existé, du moins pas le sentiment de jeunesse, comme le sentiment d'enfance n'a pas toujours existé. Arriés dit « que le sentiment d'enfance se construit sous l'ancien régime ».

Sentiment de jeunesse se développe au XIXème. Les mouvements de jeunesse vont porter ce sentiment nouveau. On a un processus d'encadrement de jeunesse lié à l'apparition du sentiment de jeunesse.

On oublie pendant très longtemps et la jeunesse ouvrière, et la jeunesse féminine. La jeunesse qui ressort c'est l'élite.

Manuel : sociologie de la jeunesse. Olivier galland, 1997

Sentiment de considérer cette nouvelle possibilité, on a une tentative de contrôler la jeunesse. ON la reconnaît mais on cherche à la contrôler. Il ya une inquiétude face à certaines jeunesses que l'on retrouve toujours aujourd'hui, par rapport aux banlieux.

5 axes, périodes, et 3

  • le moyen age ; quelque chose qui se asse, c'est ce que montre Duby, on a une jeunesse dans la féodalité où les jeunes prétendant à la seigneurie sous soumis à un rapport de filiation, dans lequel on maintient la jeunesse. Les jeunes nobles sont soumis à l'autorité paternelle, on a une pédagogie de l'ordre et le jeune noble est considéré comme jeune tant qu'il n'a pas repris le pouvoir du père. Il est maintenu dans cet état, il a une liberté de moeurs à la seule condition qu'il respecte l'autorité du père

  • fin XVII et XVIIIème siècle avec les lumiéres, les valeurs aristocratiques s'estompent. Ce que vont mettre en avant les démocraties, c'est le mérite contre le droit du sang, suite à la révolution. On a une attention à la jeunesse qui s'inscrit dans un rapport éducatif. Il y a un rapport éducatif, la jeunesse est consacrée car ce n'est pas simplement la jeunesse immature, c'est une période où l'on est capable d'être studieux, de s'accomplir et d'apprendre puisqu'on est dans le mérite et non dans l'héritage. Une pédaguogie se développe dans ce rapport, une pédaguogie de la culpabilité. On estime que le jeune doit intérioriser la faute

  • XIXème siècle, la version romantique de la jeunesse, mais aussi la version prolétarienne de la jeunesse qui inquiéte beaucoup la bourgeoisie. La jeunesse commence à apparaître commme une génération, elle devient un personnage collectif, mais aussi rapports de police et politique. Elle peut susciter des inquiétudes et des peurs. C'est dans cette perspective que se développent des mouvements catholiques pour encadrer la jeunesse, avant que Jules Ferry instaure l'école obligatoire.

  • XX è siécle. Début XX ème, on invente l'adolescence. C'est un nouvel âge de la vie, nouvelle représentation de la jeunesse liée à l'évolution scientifique, il y a dimension psychologique qui vient des Etats Unis, apporte une nouvelle représentation en terme de processus. Ce n'est plus pear une catégorie, mais un processus de maturation psychologique qui s'inscrit dans le temps. La pédaguogie va évoluer particuliérement aux Etats Unis, on développe une pédaguogie de la confiance. Il s'agit de développer sur la base des connaissances scientifiques, et on a une phase très importante de psychologisation des rapports sociaux.

  • Cette fois la sociologie va entrer en lice. Dés les années 40, 50, s'intéresse aux âges et à leur construction, la jeunesse va être cette fois considérée comme un processus, mais les sciences sociales vont développer une nouvelle notion : la notion d'entrer dans la vie adulte. D'abord aux Etats Unis, puis se diffuse en Europe. Entrée dans la vie adulte dépend de trois calendriers, trois étapes : l'entrée dans la vie professionelle, le départ de la famille d'origine et enfin le mariage. Cette idée d'étapes successives et assez précise

  1. B . Autres facteurs d'émergence et de mutation de la jeuness »

    1 . effacement des rites de passage

  2. processus d'encadrement et d'homogénéisation

  1. désynchronisation des étapes de passage à l'âge a dulte

 

1.

deux types de société : des sociétés de type traditionnel qui maintiennent des rites qui structurent lesa ges de la vie. Et des sociétés qui développent un effacement des rites de passage; IL faut développer les conséquences de l'effacement de ces rites de passage.

Dans une société de type lignagière, société africaine du 19e, on a des rites très précis. Maurice Bodelier dans la production des grands hommes qu'il étudie en nouvelle guinée il y a des étapes très strictes : la naissance, jusqu'à l'age de 12-15 mois le bébé n'a pas de nom car il y a une probabilité forte qu'il ne survive pas. A partir de 15 mois il peut porter un nom. Les garçons vont vivre dans lem onde des femmes jusqu'à environ 9 ans où il va avoir une premiére initiation rituelle, il va être séparé des femmes. Les hommes vont le prendre en partie en charge pour son éducation guerriere, jusqu'à 20 ans où il devient adulte et peut se marier.

Société très stricte.

 

Dans la société traditionnelle, par exemple française, dans la société paysanne 3 rites de passage se maintiennent : la 1ere communion, rite du sacré, qui ouvre des droits et des devoirs. Les filles peuvent allonger leur jupe courte et les garçons portent le pantalon, et plus la culotte courte. Ensuite la conscription. Et le mariage, qui marque l'entrée dans la vie adulte. Les jeunes s'installent dans la situation du mariage.

Ce type de société qui a pu être vécu comme dur, oppressant, mais il y avait un avantage : les rites étaient extrêmement clairs. C'était tut à fait cohérent, logique et rassurant, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui.

Ces rites de passage déclinent avec le temps. Aujourd'hui nous avons des formes de rituels désacralisés : le café... mais qui n'ont pas de rapport avec la transcendance et le sacré, se serrer... la seule classe qui maintient réellement des formes de rituel c'est la bourgeoisie, avec les rallye par exemple.

La conséquence, c'est l'incertitude qui préside. Qu'est ce que c'est qu'être jeune? Quand quitte t'on l'adolescence? Comment est ce que je montre que j'existe?

Piercing... conduites à risques très contemporaines, dans le sport ou dans les consommations de produits toxiques, alcools ou drogues, qui peuvent être dangereux. C'est assez pris au sérieux, livre de patrick Baudry, le corps extrême 1991 parle de rituels détraqués, dans une société où l'on a du mal à se reconnaître on a tendance à prendre des risques inconsidérées.

 

 

2.

 

dans ces processus d'encadrement et d'homogénéisation, il y a d'abord les mouvements religieux, contrés ensuite par le mouvement laïc, il y a aussi le droit et l'école et enfin il y a ce que l'on appelle l'expérience scolaire qui homogénise quelque part la jeunesse malgré ses différences.

D'un point de vue des mouvements catholiques sociaux, dés le 19e avec les patronages, ce côté de bénévoles religieux qui veut protéger la jeunesse ouvriére de la dégénérescence, est contré par les mouvements laïcs.

Sous vichy en 40, la jeunesse va être consacrée pour la première fois en France par l'Etat qui développe une politique spécifique, avec les chantiers de jeunesse. Pétain développe cet aspect de contrôle de la jeunesse, sous un état totalitaire. En 1945 l'idée de la jeunesse continue à travailler les politiques d'autant plus que la résistance est la victoire de la jeunesse, mais les résistants sont génés à cause du contrôle de la jeunesse de vichy. On va avoir un laissé aller jusqu'aux années 60 avec une prudence pour ne pas reproduire le contrôle de l'état totalitaire sur les jeunes.

Dans les années 60 aux années 70, on va avoir une représentation de la jeunesse liée aux inquiétudes. On a une délinquance qui se développe; Le prermier bouleversement, c'est le fait qu'on va avoir le travail social qui s'invente à cette période. C'est révolutionnaire car le travail social ce n'est plus être bénévole mais des métiers qui sont inventés, comme le métier d'éducateur.

Quelle est la nouvelle représentation de la jeunesse à partir des années 70? C'est une jeunesse qui est cette fois victime de la crise des années 70 et 80. Le travail social est en crise. La jeunesse devient un processus qui est une crise de socialisation, les jeunes seraient victimes de l'économie et de la société en générale; A partir de là se développent des politiques d'insertion. On invente là des dispositifs de médiation entre deux âges : c'est les stages par exemple, c'est une précarité qui ne dit pas son nom. Cette précarité est devenue complétement banale. On a un âge qui va se transformer.

Majorité à 18 ans, majorité sexuelle à 15 ans et 3 mois. L'homogénéisation de l'expérience à travers l'école. On est aujoud'hui dans la massification du systéme universitaire, autrefois réservé à l'élite et maintenant ouverte au plus grand nombre.

Il y a différents types de lycée, et pourtant il y a quelque chose que partagent les jeunes qui le fréquentent, c'est l'expérience du lycée. Il y en a qui vont en cours pour socialiser et d'autres pour s'instruire. Il y a une socialisation lycéenne qui se joue dans les marges malgré et contre le lycée. Cette socialisation que partagent les lycéens peut aller contre la famille. Cette expérience du lycée est particuliérement forte, elle est pointée par Dominique Pasquier dans son livre Cultures lycéennes, la tyrannie de la majorité.

Là on atteint l'un des paradoxes du lycée. De nouvelles libertés sont obtenues par les jeunes dans les années 60, mais de nouvelles contraintes s'installent pour les lycéens. Il n'y a plus d'uniforme, mais les jeunes se donnent des impositions vestimentaires. Il n'y a plus de ségrégation. Ecole plus tolérante vis à vis de la maitrîse du français mais les jeunes entre eux ont leur propre language.

 

3.

 

La population en France a tendance à prolonger les études. C'est un refuge des stratégies pour prolonger l'entrée dans la vie professionelle; il y a un phénoméne de dévaluation des diplomes.

La dimension politique :

Chauvel L, inégalités générationnelles salariale. Il y a 40% d'écart de salaire entre les personnes ages et ceux qui entrent dans le monde professionelle, alors que dans les années 80 il n'était que de 20% !

La représentation politique est extrêmement inquiétante en France.

  • L'assemblée nationale : en 1950 on a une assemblée jeune, en 1980 aussi. Mais en 2007, il n'y a qu'1 député de moins de 40 ans pour 9 députés de plus de 60 ans.

Il faudrait avoir une représentation politique de la jeunesse pour pouvoir considérer les inégalités générationnelles dans le temps. Nous avons une représentation politique inégalitaire, et mettant la population jeune de côté. 

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