Histoire Antique Discipline 2 (2)

Publié le par Licence1 sociologie Poitiers

Aux origines de la civilisation grecque : Minoens et Mycéniens

(2200-1000 avant Jésus Christ)

 

 

Il y a des traces de population autour de 2000 ans avant Jésus Christ, mais notre objet d'étude ne débute pas si tôt! Nous pouvons voir deux premiers éléments : les deux civilisations des minoens et des mycéniens. Les minoens ne sont pas grec, ils ne parlent pas grec, mais ils jouent un tel rôle qu'il faut les présenter.

 

Ces deux civilisations ont laissé des traces dans la mémoire des grecs, elles sont perçues comme des éléments de leur histoire.

Minos, un roi grec, est celui du Minotaure, renvoie à la civilisation minoenne. Pour les grecs de l'époque classique, Minos était un des leurs, une des figures de leur passé et par ailleurs un des juges de leur passé.

Les mycéniens sont grecs, c'est Achille, Agamémnon, Ulysse.

 

Minos est une légende. Les poèmes d'Homère, comme la guerre de Troie qui est postérieure à la réalité, sont le fruit d'incompréhensions, de déformations, d'anachronisme...

Longtemps, jusqu'à il y a soixante ans, nous n'avons eu que ces textes pour comprendre ces civilisations dans un rapport déformé, faussé et puis il y a le basculement archéologique qui fait qu'on va pouvoir se baser sur une connaissance concrète et de fait voir quel est le rapport réel entre les grecs du second millénaire et les grecs du premier millénaire.

 

 

I – La re-découverte des civilisations égéennes du II ème millénaire.

II – Les pouvoirs des palais dans le monde mycénien.

III – La société mycénienne.

 

 

  1. I – La re-découverte des civilisations égéennes du II ème millénaire.

  2. La naissance de l'archéologie et la re-découverte des civilisations palatiales.

  3. Le modèle minoen.

  4. La conquête de l'Egée par les Mycéniens.

 

 

1) La naissance de l'archéologie et la re-découverte des civilisations palatiales.

 

L'archéologie est une science qui émerge à partir du milieu du XIX ème Siècle. On a alors retrouvé des grands sites comme Pompeï... ayant joué un grand rôle dans la naissance de l'archéologie, à travers le souci de préserver ces sites et de les étudier.

 

  • Une figure particulière : Hienrich Schliemann et E. Evans.

     

- SCHLIEMANN: C'était un esprit fascinant, un allemand très doué pour les affaires et pour beaucoup d'autres choses, qui a parcouru le monde pour faire du commerce qui n'a pas du tout de formation universitaire. Il a vécu en Allemagne, a fait fortune en Californie, en Russie. En plus d'être doué pour les affaires, il est doué pour les langues; il apprend une langue vivante ou ancienne en deux, trois jours, ce qui prouve qu'il a des capacités extraordinaires ! Il apprend le grec et le latin. Et il est fasciné par les textes d'Homère. Il se met en tête de parcourir la Grèce et de retrouver Troie, Mycènes... et comme il a de l'argent il embauche sur place des ouvriers qui mènent des fouilles.

En 1870, après que l'Allemagne vienne de mettre une raclée à la France, il est dans l'empire ottoman sur le site qu'il re-découvre et qu'il identifie comme le site de Troie : il retrouve cette ville, il la fouille. A Troie, il découvre une ville ancienne détruite. Il découvre, ce qui assure son succès, et il a compris qu'il faut convoquer les journaliste. Il fait inhumer les trésors qu'il trouve à Troie, fait venir des gens pour qu'ils prennent des photos. Toute une publicité est organisée autour de ces découvertes. Les bijoux qu'il trouve sont portés par sa femme et il dit qu'il a re-découvert les trésors de Troie en 1870.

Il tente de retrouver le site de Mycènes. En 1874, il le fait. C'est la ville du roi du chef des acquéens, Agamémnon. Il trouve grand nombre de trésors, de palais, des tombes, et cela a un succès d'opinion immense en Europe.

 

Évidemment, il s'est trompé sur beaucoup de choses. La Troie qu'il découvre est différente de la guerre de Troie. On trouve des trésors de Mycènes des masques d'or, des bijoux ne correspondant pas à la guerre de Troie mais étant antérieur de 200 ans ancien. Il s'est donc trompé dans la chronologie ....

Malgré tout, par son action, il a permis de découvrir ces sites, ensuite exploités par des archéologues plus scientifiques et pour la première fois, pour comprendre le monde mycénien on ne s'appuie plus sur des textes d'Homère mais sur une réalité concrète dans le cadre de l'archéologie.

 

- SIR ARTUHUR EVANS : Il faut associer au nom de Schliemann celui de Sir Arthur Evans.

C'est un universitaire, qui, un peu plus tard, va re-découvrir Cnosos. On aura du coup un accès a la civilisation minoenne par les productions matérielles et non par les légendes.

 

2) Le modèle minoen

 

Les fouilles de Cnosos vont permettre de connaître la civilisation minoenne, autrement que par la légende de Minos. En réalité cette civilisation entre 2200 et 1500 avant Jésus va dominer la mer Egée. Le coeur c'est la Crête, avec ses grands palais. La civilisation est organisée autour de palais puissants, de centres de pouvoir, notamment le palais de Cnosos, d'Ephaïstos... Le roi Minos n'a jamais existé. Sans doute est-ce le nom générique du roi, cela signifierait le roi dans la langue crétoise... Peu importe l'identité de ce roi, il y avait un roi dans le palais.

 

Quand on voit le plan du palais, on comprend mieux comment la légende du labyrinthe peut être associée à cette civilisation palaciale.

 

Les palais sont le coeur du pouvoir mais aussi de l'activité économique, il y a des entrepôts captés par le centre, par le palais. Ce sont des lieux de pouvoir. On retrouve des tablettes d'argile, sur lesquels on trouve des signes, l'écriture minoenne que l'on connaît, c'est le linéaire A. L'écriture à l'époque n'est pas bien répandue dans le territoire, uniquement associée au palais. Il ne s'agit pas de textes littéraires ou poétiques, mais uniquement des écritures de textes administratifs.

Le monde minoen connait différentes phases, entre 1600 et 1450 cette civilisation est en fort développement et domine la mer Egée. Vers 450, on assiste à un basculement avec la conquête de l'Egée par les mycéniens.

 

3) La conquête de l'Egée par les Mycéniens

 

Dans les périodes évoquées, le monde des minoens domine l'Egée. A partir de 2000 avant Jésus Christ, arrivent de nouvelles populations qui vont donner les grecs. Ils s'installent en Grèce continentale. Qui sont ces mycéniens? C'est une population indo-européenne, c'est un groupe culturel originaire de l'Asie Centrale et Méridionale qui va au III ème, II ème millénaire se répandre plus à l'Ouest dans un grand mouvement de population. Ces population partagent les mêmes traits culturels, la même structure de la langue, il y a des parentés religieuses, mais aussi des parentés dans l'organisation sociale. Ces populations vont être rassemblées sous le terme indo-européen à cause du fait qu'elles rassemblent ces caractéristiques.

L'art présente des représentations de chars et de guerriers que l'on ne voit pas chez les minoens. On retrouve des tombes de guerriers qui sont nombreuses et spectaculaires. La société valorise la guerre, la conquête, ce que l'on ne voyait pas du tout chez les minoens. La montée en puissance de cette civilisation intervient vers 1500, on assiste à partie de 1500, 1450 vers Jésus Christ à ce qui va être une conquête de la Crête minoenne par les mycéniens. Cette puissance militaire va leur permettre de dominer à la fois le continent, les cyclades, la Crête et une partie de l'Asie mineure avec l'instauration de colonies.

Vers 1500, 1450 ce basculement est marqué par la fin du monde minoen et la substitution à ce monde de la civilisation mycénienne.

Ce phénomène se fait-il brutalement? Ou progressivement? Il y a des affrontements, et on peut malgré tout plutôt conclure à une prise en main guerrière de l'Egée par les mycéniens.

 

 

 

 

 

 

 

 

II – les pouvoirs des palais dans le monde mycénien

 

1) Des palais forteresses

2) Écriture et pouvoir

3) Une organisation socio-économique centralisée

 

1) Des palais forteresses.

 

La notion de palais est essentielle. Le monde est structuré en palais comme chez les minoens, qui se partagent la Grèce.

Quels sont les principaux palais? C'est Mycénes, Tirynthe, Pilos, Cnossos. Mycénes joue une rôle particulier, c'est l'un des plus grands palais du monde mycénien et pour c'est cela qu'elle donne son nom à la civilisation.

 

Dans la deuxième moitié du deuxième millénaire, les palais sont caractérisés par des murs énormes, composés de blocs spectaculairement volumineux : des murs cyclopéens car les grecs voyaient encore la trace de ces murs et considéraient qu'il était impossible pour des hommes de construire des murs avec des épaisseurs aussi énormes, seuls des cyclopes auraient pu en avoir la force.

Dans les palais mycéniens, on est dans un contexte d'une violence plus importante, d'une rivalité entre les palais.

 

Intéressons nous au plan de Mycènes : Ces citadelles situées sur des acropoles, protégées par les murs cyclopéens, protégées par la faiblesses des ouvertures sur le reste du monde. Ces grands palais abritent le coeur du pouvoir : le roi et son entourage. Le roi et son entourage sont situés dans un quartier royal situé au plus haut point de la ville, avec un espace, une salle de réception le Megaron, que l'on retrouve dans le palais de Tirynthe. Le roi est au coeur du territoire, de la forteresse, et il est à la fois le pouvoir politique et le pouvoir religieux : c'est le premier prêtre. Il y a une superposition de ces deux fonctions.

 

2) Écriture et pouvoir

 

L'écriture mycénienne est le linéaire B.

Dans les sociétés anciennes, l'écriture a toujours en partie lié le pouvoir. Lors de la re-découverte de Mycènes, on a retrouvé dans les palais des écritures, pas dans les autres lieux ( maisons... ) c'est une écriture attachée au palais, c'est le monopole du palais. Pendant plusieurs décennies, nous n'avons pas été capables de les lire.

L'écriture du linéaire B, inconnue jusque là, sert à écrire une langue qui existait avant : le grec. Ce sont des milliers de document qui trouvent sens et permettent d'éclairer les connaissances du monde mycénien. On ne trouve pas de poésie, les récits sont historiques, ce sont des documents administratifs car seuls les écrits du palais existaient. On les connait paradoxalement grâce à la destruction des palais car elles n'avaient pas la vocation d'être conservées, ces tablettes étaient effacées. Quand les palais ont brûlé, les tablettes ont été cuites et du coup elles ont été pétrifiées et nous pouvons donc savoir ce qu'il y avait écrit dessus : Ainsi, grâce à la destruction des palais, nous avons accès à la voix de la connaissance enrichissante que sont ces tablettes grecques.

 

Ce qu'il faut garder à l'esprit c'est que l'écriture du Linéaire B est une écriture syllabique qui n'a rien à voir avec l'écriture grecque que l'on connait. C'est surtout une écriture administrative qui est le monopole du palais. Seuls les scribes du palais ont la capacité à pratiquer cette écriture, il n'y a pas de littérature ni d'écriture privée.

 

 

3) Une organisation socio-économique centralisée

 

L'administration contrôle beaucoup de choses : l'activité des artisans, la fabrication des armes. On note sur les tablettes des commandes d'armes à sept cent forgerons, armes qui seront utilisées pour défendre le palais, et le palais fournit les métaux.

Un cheptel de 10 000 moutons est contrôlé par le palais pour l'industrie textile.

 

Ces deux exemples montrent que le pouvoir central joue un rôle très dominant dans l'activité économique de prélèvement, de redistribution. C'est le palais qui commande les fabrications d'armes, de chars. Il organise la misse en place des équipement comme les routes, les ponts. Le palais contrôle aussi les offrandes aux principaux sanctuaires. Nous le savons car on retrouve la liste des offrande.

Les terres agricoles appartiennent au roi, elles sont contrôlées par le palais. Il a donc une concentration du pouvoir politique et économique dans les mains du roi et de son entourage, donc le palais.

 

III - la société mycénienne : développement, crises et ruptures.

 

1 ) Une société de guerriers.

2 ) La mise en place de la religion grecque.

3) Pourquoi les mycéniens ont-ils disparu?

 

1) Une société de guerriers.

 

C'est en tous cas l'image qu'elle a laissé dans la mémoire des grecs. L'Iliade, plus que l'Odyssée, est l'histoire de grecs qui passent leur vie à se battre, des valeurs guerrières se diffusant à travers le poème. Les valeurs guerrières, diffusent l'image des grands guerriers, qui n'est pas que littéraire car cette image représente aussi la aussi réalité. Dans les tombes, on trouve que les valeurs guerriers sont mises en évidence par l'archéologie funéraire par la fouille des tombes.

Les grecs étaient une population indo-européenne, il ont des racines d'Asie centrale de l'inde, de l'Asie orientale. Ces populations, au cours du IV ème, III ème millénaire vont se développer vers l'occident et s'installer vers l'Europe de l'Est, et le bassin méditerranéen avec une culture commune.

Un savant spécialiste et grand linguiste, Georges Dumezil, montre que toutes ces sociétés ont un trait culturel commun, elles sont organisées selon un modèle ternaire : au sommet ceux qui sont au contact des dieux, les prêtres, qui établissent le lien entre les hommes et les dieux, c'est le lien unissant la communauté aux dieux. Ils dialoguent avec eux.

Ensuite, il y a ceux qui défendent la communauté, les guerriers.

Ensuite, il y a ceux qui font vivre la communauté, les paysans, les cultivateurs. On va retrouver cela chez les mycéniens, avec un lien très fort entre les deux premières catégories. Le roi est un prêtre, c'est le premier des prêtres, il est entouré des guerriers, on le retrouve avec l'existence d'une aristocratie de grandes familles princières, dont on a la trace par ce qu'elles ont laissé dans leurs tombes.

Si on veut connaître ces sociétés, les cimetières sont des éléments très utiles car ils sont le reflet de la société. A Mycènes, les cercles de tombes découverts par Schliemann ont révélé beaucoup de choses, et ont fait beaucoup pour la popularité de ce personnage. Les tombes rassemble celles des familles princières. On retrouve aussi des masques en or, comme celui d'Agamémnon. En réalité, ce n'est pas le masque d'Agamémnon, il est bien antérieur, mais cela montre qu'à Mycènes les rois étaient suffisamment puissant pour être enterrés avec des masques d'or, qui reprennent les traits de leur visage. On trouve aussi des armes, avec des pommeaux en bronze et des poignées en or dans les tombes des hommes et des ornements, des bijoux, des colliers dans les tombes des femmes. On a ici une opulence tout à fait spectaculaire, exprimée dans les pratiques funéraires des membres de la famille royale.

 

On comprend donc mieux qu'Homère nous montre une civilisation mycénienne riche en or, étant donnée l'extrême richesse des palais, des familles royales. Elles concentrent les richesses, le palais accapare l'essentiel des productions et fait travailler la population. C'est le fruit de tout un système socio-politique économique de concentration du pouvoir et donc de concentration de richesse. C'est ce que nous montre l'archéologie funéraire.

Il y a aussi un lien entre la richesse et la guerre : on retrouve des pointes de lance, des armes dans les tombes des familles royales. On veut mettre en avant la dimension guerrière, et ce souvenir est entretenu dans les poèmes homériques, en particulier dans l'Iliade.

 

Le reste aussi nous apparaît dans les tablettes: On parle du Damos, le peuple libre qui nous donne la base du mot démocratie. Le damos signifie le peuple qui fait partie du territoire du royaume. Ce ne sont pas des esclaves, la norme est la liberté des individus, même s'il y a quelques esclaves. Mais la liberté marque un attachement contraint à la terre, sur le roi.

 

2) La mise en place de la religion grecque

 

Nous ne savons presque rien de la religion des mycénien jusqu'au déchiffrement des tablettes dans les années 50. En effet, avec le déchiffrement des tablettes on a accès aux noms des dieux des mycéniens qui sont les mêmes que ceux du premier millénaire : Zeus, sa femme Era, Poseïdon, Athèna, Arthémis... C'est l'ensemble des dieux du panthéon est la. Non seulement on a la même langue, mais les dieux de ces proto-grecs sont les mêmes que ceux du premier millénaire. Il y a donc un essentiel de continuité culturel.

 

Les tablettes nous apprennent aussi la croyance en l'au-delà. On met des masques d'or, des épées couteuses, des pointes de lances, des objets de la vie quotidienne en or dans les tombes car il y a une croyance que si on enterre le mort avec tout cela c'est pour qu'il vive au delà de la mort . On ne veut pas que le corps disparaisse, que le corps se décompose. C'est ce qui fait que la fonction du masque va se préserver. Ainsi cela nous apprend énormément de choses sur les croyances religieuses mycénienne, et leur conception de la mort qui est un prolongement de la vie.

On peut voir cependant des différences entre la religion des mycéniens et la religion grecque. Il y a certains dieux qui manquent, on ne fait pas les sacrifices de la même façon. De plus, certaines choses disparaissent comme les sacrifices humains. On retrouve dans un sanctuaire mycénien un squelette avec une pointe de lance dans la gorge, ce qui est révélateur de pratiques de sacrifices humains qui disparaissent au premier millénaire.

Le lieu de culte dans le monde mycénien, c'est aussi le Megaron.

0n constate IV, V, VI siècles plus tard que les grecs ont réinvestit ces lieux abandonnés suite à la destruction du monde mycéniens, ces lieux sont donc redevenus des lieux de culte. Par exemple, à Athènes, le coeur religieux d'Athènes est l'acropole, où l'on a le parthénon, qui est le coeur du coeur de la ville en matière de religion, le saint du saint de la cité d'Athènes, c'est là où tout est né, notamment le lieu où est né Eriptionos, l'un des rois fondateurs d'Athènes qui a fait une tentative de viol sur Athèna. La partie nord de l'acropole était le lieu où se trouvait précisément le palais mycénien.

C'est à dire que dans le monde grec, il y a une véritable continuité religieuse.

Notons aussi le fait qu'en Grèce, après le développement du christianisme, les temples qui étaient consacrés à des divinités féminines grecques sont souvent réinvestit pour être des lieux consacrés à la vierge.

 

3) Pourquoi les mycéniens ont-ils disparu?

 

On a deux grandes phases.

 

Au XIV ème Siècle et au XV ème Siècle, la société est en phase de développement. C'est là où retrouve de grands cercles de tombes, et c'est là où l'on construit de grands palais.

Mais au XII ème Siècle, tout cela s'effondre et va finalement disparaître. Vers 1250 - 1200, un à un tous les palais vont être affectés par des destructions, ils vont brûler un à un. ( ce qui, rappelons le va cuire les tablettes et les rendre lisible, nous donnant des traces sur cette civilisation. ) La phase de destruction se déroule sur un demi Siècle.

 

Intéressons nous aux raisons de cette destruction. Dans un premier temps, on reconstruit les palais et la vie repart normalement. Mais au XII ème Siècle il y a une nouvelle phase de destruction, de nouveaux incendies et là l'activité des palais repart moins efficacement.

Depuis longtemps, on a échafaudé des hypothèses sur les origines de cette destruction de la civilisation.

 

  • Une invasion des peuples du nord, que l'on appelle les aryens, qui seraient arrivés avec des nouvelles armes en fer, une nouvelle organisation sociale et se seraient imposés, mettant fin à la civilisation mycénienne. Le peuple aryen était un peuple guerrier. C'est une thèse qui a beaucoup de succès au début du XX ème Siècle. Ces peuples auraient été une rivalité nouvelle, venue du Nord.

 

En réalité, cette hypothèse n'est pas très sérieuse, car ce qui est étrange c'est que même si ces populations existent, elles s'installent précisément là où il y avait des mycéniens.

 

  • On a parlé aussi des peuples des la mer. En même temps, les côtes de la Vénitie, de la Syrie, connaissent des invasions de ce que l'on appelle des peuples de la mer. On ne sait pas qui ils sont, mais ils arrivent par voie maritime, pillent, détruisent et repartent. On remarque que l'atmosphère n'est pas sécuritaire dans les tablettes : des armes sont commandées dans les tablettes. On fait des travaux pour renforcer les murailles. C'est une atmosphère de menace. Mais est ce que le mouvement de vague destructrice du peuple de la mer peut expliquer la totalité des évènements?

     

  • Il y des révolutions internes au royaume.

  • On peut imaginer aussi des changements climatiques brutaux sur plusieurs décennies qui déséquilibrent la société fragile sur le plan de l'agriculture. On a peu de pluies, on rencontre donc des difficultés à produire.

  • On parle aussi de séisme répétés ayant détruit ces palais. Ce n'est un problème que si la communauté n'a plus les moyens de reconstruire, ce qui est révélateur de problèmes internes.

 

En fait, il y a une multiplicité de problèmes qui expliquent la disparition.

 

Brutalement, tous les palais connaissent des crises. Ils se dépeuplent, et ne sont réutilisés qu'à la moitié ou au tiers de leur capacité quand c'est le cas et les tombes deviennent plus pauvres.

Nous pouvons le montrer par trois chiffres : au XIII ème Siècle c'est 320 sites occupés que l'on connait, au XII ème Siècle c'est 136 sites occupés que nous connaissons et au XI ème Siècle c'est 40 site occupés que l'on se retrouve. Le monde mycénien se dépeuple donc, se vide, la population le fuit. C'est à ce moment que l'on voit de l'autre côté de l'Egée, en Asie mineure, des tas de petites installations se font. La population fuit le monde mycénien qui ne permet plus la survie de la population, qui va vers Chypre. Le stype céramique va s'appauvrir, dans les dessins la maîtrise technique s'appauvrit. Tout cela se fait dans un mouvement progressif entre 1200 et 1000 avant Jésus Christ.

 

 

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