théme 2 de rapports sociaux

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Thème 2: Rapports sociaux et pratiques culturelles ( Cours de Wenceslas. Lizé)

 


Déroulement du programme:

 

CM 1: Les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous deux angles: le premier, les inégalités sociales face à la culture; le deuxième angle, la stratification sociale des goûts.

 

CM 2: Les pratiques culturelles vues par Bourdieu (La Distinction): capital symbolique...

 

CM 3: les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous l'angle du genre.

 

CM 4: étude d'un film, « les goûts des autres » ( → n'aura pas lieu, regarder sur internet si le film y est). 

 

 

CM 1: Les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous deux angles: le premier, les inégalités sociales face à la culture; le deuxième angle, la stratification sociale des goûts.

 

 

I- Les inégalités face à la culture:

 

Les groupes sociaux sont abordés de différentes manières, sous des variables différentes: rapports sociaux de classe, rapports sociaux de genre, rapports sociaux de générations.

 

Les pratiques culturelles sont l'ensemble des activités de consommation et de participation à la vie intellectuelle et artistique: lecture, équipements culturels, médias audiovisuels, pratiques en amateurs comme la musique..... Elles engagent des dispositions esthétiques ( = goûts), des inclinations pour tel ou tel genre musical, et elles participent à la définition des styles de vie. C'est à travers nos pratiques culturelles que l'on s'intègre à un style de vie ( style de vie étudiant par exemple). Cette définition dépasse celle de la culture savante c'est-à-dire, les classiques de la littérature, la peinture consacrée dans les beaux arts, la musique contemporaine, l'art contemporain, les classiques du théâtre. Mais elle ne correspond pas non plus à la définition anthropologique de la culture, où elle est définit par un ensemble de représentations de manières de faire et de penser propres à une collectivité humaine. Qu'est ce qui est considéré comme artistique ou culturel ? La définition de la culture, c'est l'enjeu de rapports de force entre les groupes sociaux, entre ceux qui militent pour garder les frontières traditionnelles de la culture, qui militent pour une vision patrimoine de la culture et ceux qui veulent agrandir la culture avec les graphitis, genres de musiques pas reconnu comme vraiment culturels...). Derrière ces deux conceptions de la culture, dont l'opposition se retrouve jusqu'au sommet de l'état (en terme de financement accordé à tel ou tel domaine culturel), on constate des rapports de force, des rapports sociaux entre les groupes sociaux.. Ces deux oppositions s'opposent à une autre conception de la culture, encore, fondée sur les divertissements ( ce qui prévaut, c'est le divertissements). Qu'est ce qui est caractérisé par les individus eux-même comme artistique ou culturel ? Par exemple, d'un côté on à les graphitis sur les murs, condamnés par la loi, et de l'autre côté on a des graphitis dans des expositions d'arts contemporain. Il y a différents avis sur les graphitis, et derrière cela il y a des oppositions, des rapports de force. On se sait pas réellement la limite: est-ce considéré comme art ou non ? Comment les groupes sociaux contribuent à la reconnaissance de telle ou telle expression?

 

La sociologie s'est scindée en plusieurs domaines, il y a eu une spécialisation par domaine: sociologie de la religion, de la famille, de l'éducation, de l'art et de la culture ( qui sont deux domaines distincts). La sociologie de l'art est la sociologie qui se consacre à l'étude des œuvres, des professions artistiques, de courants artistiques, aux univers de production artistique (exemple: le monde de la bande dessinée), des comédiens... La sociologie de la culture s'intéresse aux pratiques culturelles, au public de la culture (=la consommation culturelle), en étudiant les rapports que les différents groupes sociaux entretiennent avec les différentes formes artistiques, les différents biens culturels : Qui écoute quoi ? Quels sont les caractéristiques sociales du rap, du rock? Comment les individus écoutent la musique: le disque, le concert.... quelles sont les significations données à ces pratiques culturelles par le groupe social ?

Le domaine artistique est très important, on lui accorde beaucoup d'importance. Rompre avec le sens commun de l'art, c'est rompre avec le caractère religieux qu'on lui donne, mais également rompre avec l'idée que le goût est quelque chose de personnel et singulier qui se définit de façon libre et autonome. Si on regarde les statistiques sur les pratiques culturelles, ils montrent que certaines pratiques sont réservées à certaines catégories sociales, qu'il y a un lien très fort entre l'accès de certains groupes sociaux à des biens culturels et leur absence dans ces pratiques. Certains genres musicaux sont plus destinés aux femmes qu'aux hommes.... La sociologie montre que le goût et nos pratiques culturelles sont socialement déterminées (même si ce n'est pas totalement mécanique, ce sont de fortes probabilités). Cela contribue également à définir notre identité sociale. D'une part les goûts sont conçus comme naturels et personnels mais de l'autre coté, statistiquement, on s'aperçoit qu'il y a de très forts liens entre les pratiques culturelles et les groupes sociaux. La sociologie étudie comment on s'intègre dans telle ou telle pratique culturelle en fonction de son groupe social.

 

Études et analyses des inégalités face à la culture:

Pour cela, il faut d'abord faire un détour par la politique culturelle. La politique culturelle, en France, a été lancé à partir de la 3eme république ( début 1958). Cette dernière s'inscrivait dans les philosophes des lumières puisqu'elle se proposait de faire connaître au monde les grandes œuvres de l'art et de l'esprit et, à travers cela, de développer l'intérêt du peuple pour la chose publique. Il s'agissait donc de parachever le travail entamé durant la 3eme république, c'est-à-dire d'éduquer le peuple. Et alors, André Malraux, qui a été le premier ministre des affaires culturelles, déclarait « nous devons faire pour la culture ce que Jules Ferry a fait pour l'instruction »: il faut donner accès à tous les citoyens à la culture. Mais le constat, c'est que seule une minorité accédait aux grandes œuvres de l'art et de l'esprit. Donc la politique culturelle vise à démocratiser l'accès à la culture. Du coup, selon les militants de la démocratisation culturelle, l'accès a la culture était entravé par des obstacles matériels (par un manque de ressource économique), par des obstacles géographiques. En construisant des théâtres, des maisons de la culture ( des équipements culturels) et en pratiquant une politique de prix bas, on va pouvoir combattre les obstacles à la culture, démocratiser la culture. Travailler à l'accès à la culture pour tous, c'était donner des armes pour mieux comprendre le monde aux individus, c'était civiliser le monde. D'autres stratégies sont mises en place: la télévision, l'école.

L'enquête sur les pratiques culturelles des français, la première, a eu lieu à cette époque (tous les 8 ans ont eu lieu des enquêtes: de 1973 à 2008), et elle montre que la politique culturelle mise en place ne permet pas d'atteindre l'objectif visé: certes plus de gens fréquentent les équipements culturels: le théâtre, le livre (le livre de poche notamment: prix plus bas), les concerts; mais il y a encore des inégalités → il ne suffit pas de baisser le prix de ces pratiques pour favoriser l'accès, les inégalités persistent malgré les efforts consentis, dans les années 80 notamment par exemple avec l'arrivée de François Mittérand. Il y a une forte subvention de la culture, mais cela n'a pas entrainé une augmentation massive de la consommation culturelle, les catégories populaires restent toujours à l'écart de la culture. Pourtant, nait dans les années 80 la démocratie culturelle: il y a certaines pratiques reconnues et subventionnées: le rap, le jazz, les musiques régionales...des festivals, des concerts sont subventionnés pour diffuser ces pratiques. Mais malgré ça, l'accès à la culture ne parvient pas à se démocratiser mais l'on note tout de même un accès plus grand. Dans les années 60, certains sociologues et notamment Bourdieu, apportent l'idée que contrairement à la conception marxiste, qui analyse la société comme structurée essentiellement par les ressources économiques, il existe d'autres formes de capitaux importants qu'est notamment le capital culturel. Au cours d'enquêtes sur les étudiants (Les Héritiers), l'éducation, il montre qu'il y a une autre ressource importante, le capital culturel, et que ce n'est pas en abaissant les obstacles financiers et géographiques que l'accès à la culture est véritablement démocratisé. Si l'on veut comprendre pourquoi ca n'a pas fonctionné il faut prendre en compte le capital culturel, qui se transmet dans la famille, qui s'acquière également à l'école. Or, on remarque qu'il existe de nombreuses inégalités, différences dans ce capital culturel. On a une vision de la société qui est structurée d'une part, à la verticale, par le capital global (vertical) et d'une autre, à l'horizontal, par la comparaison entre les possessions de capital économique et de capital culturel (certains groupes possèdent plus de capital économique que de capital culturel, et inversement). Un des apports de Bourdieu est de dire que la société n'est pas seulement structurée par les ressources économiques. Il parle d'une forme de capital culturel institutionnalisé comme l'école, qui participe à donner à l'individu du capital culturel tout au long de sa vie ( par le diplôme notamment). Cette idée de capital culturel est développée concernant la culture mais également concernant l'école.

 

Études et analyses des inégalités sociales face au diplôme, qui sont très liées aux inégalités face à la culture:

La mission au baccalauréat, quelque soit la série, est en partie liée à l'origine sociale. Selon les chiffres du ministères de l'éducation, les fils de cadres supérieurs ont 2,9 fois plus de chance que les fils d'ouvriers d'avoir leur bac, et 8 fois plus de chance d'obtenir un bac S. Pourtant, l'accès au Baccalauréat se démocratise, beaucoup plus de jeunes de milieux populaires obtiennent ce diplôme. Au début des années 80, près de la moitié des jeunes de familles ouvrières obtiennent le bac, alors qu'ils n'était que 10% à l'avoir dans les années 70. En moyenne, près des 2/3 des jeunes nés entre 1979 et 1989 obtenaient le bac, contre 20% à la fin des années 50-début des années 60. Qu'il y ait de plus en plus de jeunes qui accèdent au baccalauréat est une idée qui doit être nuancée pour deux raisons: d'une part, toute la part des enfants de cadres bacheliers dépasse les 90% ce qui fait que les inégalités d'accès face au bac restent fortes, et d'autre part se cachent trois formes différentes de bac qui n'ont pas la même valeur sur le marché du travail (bac généraux, bac technologiques, bac professionnels). Il se trouve qu'en 2006, 64% des jeunes ont obtenu leur bac mais 34,8% seulement ont obtenu un bac général. L'élévation de la part des bacheliers dans les milieux populaires résulte de la création du bac professionnel et technique. Il y a de plus en plus de jeunes qui obtiennent le bac, mais les inégalités demeurent. L'école permet une certaine mobilité, l'ascension par le diplôme mais, ce qu'elle fait majoritairement, c'est de reproduire ces inégalités sociales, et cela notamment par le biais de l'importance du capital culturel variant très inévitablement d'une catégorie sociale à l'autre. Si on ne faisait pas intervenir le capital culturel et sa transmission on ne comprendrait pas la réussite scolaire des enfants de cadres.

 

Des données chiffrées sur les inégalités sociales face à la culture:

Les pratiques culturelles se sont diffusées (rôle majeur des maisons de la culture, des industries de la culture...) au cours des trente dernières années, notamment parce que cette croissance de l'offre se combine avec l'élévation du niveau de diplôme. Mais les écarts entre les différentes catégories sociales restent nets. Par exemple si on prend l'enquête sur les conditions de vie de l'Insee, on remarque que 50% des cadres supérieurs sont allés à un concert ou spectacle dans l'année contre 22% des ouvriers. Selon une autre enquête de l'Insee en 2002, 17% de ceux qui ont au mieux un certificat d'études sont allés au théâtre une fois dans l'année, en revanche 57% de ceux qui ont un diplôme supérieur sont allés au théâtre ou à un concert. Un peu moins de la moitié des titulaires des certificat d'études ont lu un livre au cours de l'année contre 85 % des diplômés du supérieurs. La télévision demeure le principal loisir culturel des français, elle est très accessible. On constate que bien des efforts sont faits pour démocratiser la culture, cependant ils ne sont pas suffisants, on pourrait mettre en œuvre d'autres moyens. Les ¾ des ouvriers lisent moins de 4 livres par an contre 27% seulement des cadres. Il existe donc des écarts entre les catégories sociales, qui s'accentuent notamment plus on augmente le nombre de livre lus dans l'année ou encore suivant le type de livre. Les livres de type religieux, économique ou social, sont lu par 53% des cadres et seulement 7% des ouvriers.

 

 

II- La stratification sociale des goûts:

Il existe une hiérarchie des biens culturels, certains sont dits plus artistiques que d'autres. Ce qui fait l'objet de nombreuses recherches en sociologie ( attention: le sociologue ne formule pas de jugements de valeur mais s'intéresse à la construction des valeurs → comment se construit la valeur artistique et du coup, cette hiérarchie des valeurs artistiques? ). Par exemple, les classiques de la littérature (comme Victor Hugo, Baudelaire....) sont très valorisés, contrairement aux romans policiers, aux polards. Dans le champ littéraire, l'école représente une instance consécration puisqu'elle fait travailler sur des œuvres de grandes valeurs artistiques, et donc contribue fortement à l'existence de cette hiérarchie des valeurs. Dans le champs musical, les conservatoires constituent également une instance de consécration puisqu'ils mettent en valeur des styles musicaux tels que le classique ou le jazz, et rejettent le rap, la pop... on dira facilement du rap que ce n'est pas de la musique, mais on entendra jamais quelqu'un dire que la musique classique ce n'est pas de la musique. Ces hiérarchies sont régulées par l'existence des industries culturelles, qui consacrent beaucoup en publicité et en promotion, des musiques qui ne pas reconnues par les instances de consécrations et surtout étatiques. Il y a une certaine opposition entre les instances de consécration et les industries de la culture dans les champs culturels. C'est une sorte de rapport social. Il y a différentes instances qui correspondent aux différents domaines de l'offre. Il existe une stratification sociale des goûts: il y a des goûts qui ont une valeur sociale plus importante que d'autres, et ce sont les goûts des catégories sociales dominantes. Ces goûts sont légitimes. Le concept de légitimité est fondé par Max Weber, il a cherché a comprendre comment l'autorité politique se perpétue sans forcément avoir recours à la contrainte et l'explique alors par le principe de légitimité. Il définit la légitimité comme ce qui est accepté et reconnu par les membres d'une société. Elle s'obtient de différentes manières: légitimité démocratique ( président élu par les citoyens), formes de légitimité en se conformant au style des classes dominantes ( exemple du costard-cravate pour le président de la république, on élirait pas un homme politique habillé simplement).

 

 

 

CM 2: Les pratiques culturelles vues par Bourdieu: La Distinction: capital culturel, capital symbolique...

 

 

Bourdieu est un intellectuel très important. C'est le fondateur du courant sociologique français le plus important du 20eme siècle. Il a inspiré également beaucoup d'autres disciplines: histoire, économie, philosophie. C'était l'intellectuel le plus cité dans les revues de sciences humaines et sociales de son vivant au niveau national et international. Ces ouvrages: Les Héritiers, La distinction, La Reproduction; ont marqué beaucoup d'intellectuels.

Il est né en 1930 et mort en 2002. C'était le fils d'un fonctionnaire de poste et avait donc une origine sociale moyenne. Il a fait un parcours scolaire brillant, et a obtenu une agrégation de philosophie. En 1981 il devient titulaire de la chaire de sociologie du collège de France, qu'il gardera jusqu'à sa mort. Parallèlement à cela, il est devenu directeur du centre de recherche de sociologie européenne et a crée la revue acte de la recherche en sciences sociales, qui est une des grandes revues de sociologie.

Il a su combiner trois des pères fondateurs de la sociologie, que l'on a traditionnellement opposés avant lui: Karl Marx, Mile Durkheim, Max Weber. Comme Émile Durkheim, il affirme la possibilité d'une connaissance scientifique du monde social et tente de dégager des lois sociales et tendancielles, des régularités notamment à travers les statistiques ( = il n'y a pas de lois mécaniques, par exemple il y a une tendance à la reproduction sociale mais ce n'est pas une reproduction mécanique. Et l'école contribue à cette reproduction mais paradoxalement, elle permet également la mobilité sociale et donc l'ascension sociale). Comme Karl Marx il considère que la société est constituée de classes sociales, classes sociales en luttes symboliques pour l'appropriation des différentes ressources. Enfin, comme Max Weber il estime qu'il faut tenir compte des représentations que les individus élaborent pour donner naissance à la réalité sociale. On a des représentations qui donnent sens à la réalité qu'on est entrain de vivre mais qui sont en contradiction avec la réalité objective. Pierre Bourdieu n'aime pas les étiquettes, mais qualifie son approche sociologiques de structuralisme constructiviste: il s'intéresse aux structures du monde social et aux structures symboliques, et il analyse la construction historique et sociale de ces structures sociales et symboliques. C'est un peu de la socio-histoire. Voici la composition et le déroulement du cours:

I- Une vison spatiale de la société

II- L'habitus

III- Sociologie de la culture

 

 

I- Une vision spatiale de la société:

A la différence de la société d'ancien régime, fondée sur les trois ordres: clergé, noblesse et tiers-états, cette structure hiérarchique était inscrit dans le droit; les sociétés industrielles se définissent par l'absence de hiérarchies sociales juridiquement définies. Pourtant des différences de conditions de vie, de revenus, de différences de gouts, séparent les individus et les groupes dans la société. Il faut faire une grille d'analyse pour expliquer ces différences; c'est ce qu'à fait Bourdieu avec sa théorie de l'espace social. L'espace social s'organise autour de 2 axes, de dimensions principales:

- le volume global des ressources détenues, du capital

- la répartition du capital entre les différentes formes de capitaux: entre le capital économique et le capital culturel; c'est la structure du capital.

Ce graphique s'inspire de l'analyse factorielle, et fondé sur tout un ensemble d'enquêtes. On a deux choses dans ce graphique: l'espace des positions sociales et l'espace des styles de vie (espace des goûts, des pratiques,...), l'un correspondant à l'autre et avec l'idée que les styles de vie sont déterminés par les positions sociales. On peut distinguer 2 espèces principales de capital: le capital économique et le capital culturel, et deux autres qui leurs sont liés: le capital social et le capital symbolique.

 

Le capital économique et le capital culturel:

Le capital économique c'est le capital constitué des différents revenus (revenus salarial, rentes) et des moyens de production (usines, terres). Lecapital culturel, c'est l'ensemble des qualifications et des connaissances, soit produites par le système scolaire: on parle de capital culturel acquis, soit transmises par la famille: on parle de capital culturel hérité. Cette notion de capital culturel a été construite pour expliquer l'inégale réussite scolaire des enfants selon le milieu social. Le capital économique ne suffit pas pour expliquer les inégales réussites scolaires. Le capital culturel se transmet au sein de la famille, à travers tout un tas des pratiques des parents: si on voit ses parents lire ou non, la façon dont ils s'expriment, s'ils ont un goût pour l'art.... La réussite scolaire correspond au profit réalisé par certains individus, issus de telle ou telle classe sociale, sur le marché scolaire selon le capital culturel dont ils ont hérité. Mais l'école permet également l'acquisition de capital culturel: malgré des différences en termes de capital culturel, l'école donne des possibilités pour en acquérir mais le problème c'est qu'elle permet d'en acquérir par le capital culturel déjà acquis. Elle a tendance à attribuer à ceux qui ont déjà du capital culturel des diplômes, des titres... avec le capital culturel on fait du profit sur le marché scolaire. Le capital culturel existe sous trois formes, trois états: il existe à l'état institutionnalisé, c'est-à-dire sanctionné ou certifié par les institutions: c'est le cas du diplôme; à l'état objectivé, c'est-à-dire sous forme d'objets: tableaux, CDS, livres...; à l'état incorporé, c'est-à-dire une disposition durable du corps. Avec l'état incorporé, on touche le cœur de la socialisation, par exemple la langue c'est du capital culturel à l'état incorporé. Le capital culturel s'incorpore aussi sous forme de postures, qui sont également des signes de position sociale. On a des repères lorsque l'on observe les gens et on les classe dans telle ou telle position sociale, on arrête pas de le faire, mentalement. C'est d'ailleurs de là que peut provenir un sentiment d'insécurité: les personnes qui voient des gens avec survêtements et casquettes affichent à ces derniers une étiquettes de jeunes de banlieue, et ainsi développent un sentiment insécuritaire. Le classement des autres personnes par nous-même dépend également de sa propre position sociale dans l'espace social: un individu placé en haut de la hiérarchie sociale pourra identifier plus facilement la catégorie des personnes étant également dans un milieu supérieur que la position des personnes de milieux populaires, et inversement. Les fractions cultivés des classes dominantes ont certaines façons de se tenir, de s'habiller qui permettent de les distinguer des fractions plus riches économiquement des classes dominantes: par exemple, on verra rarement un professeur d'université porter une cravate, alors que c'est une forte probabilité pour les cadres d'entreprise. La spécificité du capital culturel, c'est que l'on ne peut pas s'en séparer: on peut se débarrasser du capital culturel institutionnalisé et objectivé, mais pas du capital incorporé. Le capital culturel est profondément inscrit dans le corps.

Comment mesure-t-on le niveau de capital culturel? On le mesure au niveau de diplôme. Cela dit, le capital scolaire ne représente pas l'ensemble du capital culturel: on peut avoir un titulaire de CAP qui lit des livres, fréquentent des musées...qui ont un niveau culturel supérieur à leur catégorie sociale; ce sont des pratiques autodidactes.

 

Le capital social et le capital symbolique:

Le capital social correspond à l'ensemble des relations dont dispose un individu et ca correspond aussi au volume de capital que possèdent ces relations, aux différentes possessions de capital de la personne avec qui on est en relation. Ce capital social est très inégale selon les différentes positions sociales. Puisque l'homogamie est une loi sociale, les personnes de catégories dominantes vont avoir des relations avec des personnes de même catégorie. Les personnes de catégories sociales élevées sont celles qui ont le plus de capital social. Une personne d'un milieu populaire va être en relation avec des personnes qui possèdent un volume de capital assez faible. Lorsqu'on cherche un emploi, c'est une activation forte du capital social. Pour trouver un emploi dans une entreprise par exemple, il vaut mieux connaître les cadres que les ouvriers. A un même diplôme donné, un individu d'une catégorie dominante aura plus de facilité à faire fructifié son diplôme pour la recherche d'un emploi qu'un individu de milieux populaire, pour la simple et bonne raison qu'il possède un réseau de connaissances plus large et plus important. Dans les classes dominantes les niveaux de relations sont plus élevés: ils beaucoup de liens fort et liens faibles. Dans les milieux populaire le niveau de relations est moins important car il y a que des liens forts, pas de liens faibles.

Le capital symbolique s'apparente au prestige. Selon Bourdieu, c'est le crédit et l'autorité que confèrent les autres sortes de capital lorsqu'elles sont reconnues. Le prestige inspire à ceux qui le reconnaissent un certain respect pour la personne. C'est du capital culturel mais reconnu et qui se transforme en prestige. On reconnaît aux classes dominantes une compétence intellectuelle et culturelle, et alors on les envie, on les respecte. Le capital symbolique est méconnu comme moyen de domination, mais est reconnu lorsqu'on parle de compétence. Puisqu'il joue sur le prestige, c'est également un moyen de domination. Cela se traduit dans la façon dont les personnes s'adressent à ces personnes de prestige. Bourdieu parle aussi de violence symbolique: détenir de forte ressources culturelles permet d'établir une violence symbolique, une sorte d'indignation face à cela.

 

Parmi les différentes formes de capital, ce sont le capital culturel et le capital économique qui fournissent des critères de différenciation pour construire l'espace social. Les agents se distribuent dans l'espace social selon une double dimension. La première, verticale, oppose les personnes fortement dotées en capital à celles faiblement dotées en capital, elle oppose les dominants aux dominés. En raison du capital qu'ils détiennent et de par leurs pratiques, ils exercent une domination. Par exemple, la domination du chez d'entreprise s'exprime tous les jours, c'est lui qui décide et exerce donc une autorité sur ces salariés. Là la domination est acceptée par le salarié lors de la signature du contrat, elle est reconnue et acceptée. Toutes les positions déterminées dans l'espace social par Bourdieu sont déterminées relationnellement. La seconde dimension, la structure du capital c'est-à-dire la répartition entre le capital culturel et le capital économique. Cet axe horizontal permet de rendre compte des oppositions qui existent entre les opinions politiques, les manières de s'habiller, de consommer... des oppositions des styles de vies entre les personnes étant plus fortement dotées en capital culturel qu'en capital économique et les personnes plus fortement dotées en capital économique qu'en capital culturel, et cela au sein même d'une catégorie sociale (catégories dominantes, moyennes ou populaires). L'espace social analysé par Bourdieu est analysé comme un espace relationnel ou conflictuel. Les groupes sont en luttes, d'une part pour s'approprier les différentes formes de capital et d'autre part, également pour définir la valeur de ces différentes formes de capital. Depuis longtemps c'est le capital économique qui constitue le capital le plus valorisé. Le comportement du président de la république ( la plus belle montre, le yot, l'avion, ) participe à la valorisation de ce capital économique, à un niveau symbolique notamment. Cela explique que les véritables dominants soient ceux qui ont plus de capital économique que de capital culturel, ceux dont la structure du capital est en faveur du capital économique (concerne la partie en haut, à droite de l'espace social). Ceux qui se situent en haut gauche, dont la structure de leur capital est en faveur du capital culturel, sont appelés par Bourdieu les dominants dominés. Les luttes s'exercent surtout autour des classes dominantes pour définir la valeur des ressources qui permettent de dominer. Elles se ressentent également par le mépris exprimé concernant la valeur du capital culturel selon les uns et les autres. Ceux qui occupent le bas de l'espace social sont également engagés dans les luttes. Dans les luttes politiques, les fractions en faveur du capital culturel dans les classes dominantes rejoignent ceux qui occupent le bas de l'espace social pour s'allier contre la fraction à faveur économique des classes dominantes.

Il faut bien tenir comte du rapport relationnel de l'espace social: les gouts dominants ne sont dominants que parce qu'il existe des gouts populaires.

 

Au sein de l'espace social, Bourdieu distingue trois classes sociales, même s'il refuse une vision théorique des classes sociales: les classes dominantes ou supérieures caractérisées par l'importance du capital dont elles disposent; la petite bourgeoisie ou les classes moyennes, cette petite bourgeoisie se caractérise par sa volonté d'ascension sociale selon Bourdieu; et les classes populaires qui se caractérisent par la dépossession (= idée de relation de domination) des différentes espèces de capital.

Les petits bourgeois occupent une position intermédiaire dans l'espace sociale (instituteurs, cadres moyens, petits commerçants et artisans). Si bourdieu utilise le concept de petite bourgeoisie, c'est qu'il situe ce groupe du coté de la bourgeoisie parce que les représentations de la petite bourgeoisie s'expliquent par une volonté d'ascension sociale, qui est enfaite une volonté d'appartenir aux classes dominantes. La petite bourgeoisie a moins d'enfants que les autres groupes sociaux: la fécondité est inférieure à 2 enfants alors qu'elle est supérieure à deux enfants pour les autres groupes. Ce petit nombre d'enfants permet d'obtenir leur ascension, en ayant moins d'enfants on peut concentrer toutes les ressources sur cet enfant et optimiser les chances de réussite sociale et d'ascension sociale. Les enfants sont chargés de prolonger l'ascension sociale, il y a des stratégies d'ascension sociale. De plus, elle est caractérisée par l'ascétisme qui se manifeste, l'esprit d'effort et de sérieux, dans la dimension économique notamment: il faut épargner de l'argent. Cette volonté d'ascension sociale se traduit aussi dans la formation scolaire des enfants, il y a un fort investissement des parents: incitation à avoir des bons résultats scolaires, cours supplémentaires, soutien... Selon Bourdieu cette position intermédiaire des petits bourgeois est à l'origine de leurs pratiques et de leurs gouts.

Les classes populaires sont condamnées au choix du nécessaire: pousse les individus qui ont peut de ressources économiques à faire un choix dans l'achat des biens en fonction de leur degré de nécessité. Par exemple, les voyages à l'étranger sont très peu fréquents. C'est le cas des travailleurs pauvres par exemple.

 

 

II- L'habitus:

L'habitus est une matrice sociale intériorisée à travers laquelle on voit le monde et qui guide nos comportement. Ce sont nos structures mentales qui nous font voire le monde, agir, sentir de telle ou telle façon, en adéquation à la catégorie sociale à laquelle on appartient. Chacun d'entre nous à un habitus singulier qui est le produit de son histoire. Il se constitue d'abord au cours de la petite enfance, de l'enfance; c'est la socialisation primaire; puis par la suite mais c'est la socialisation primaire qui à un rôle majeur. Cette intériorisation des manières d'agir et de penser est différente selon le milieu social. Cette socialisation primaire passe notamment par l'éducation. L'habitus c'est également ce qui sépare les individus au sein de l'espace social. Bourdieu définit l'habitus comme étant un système de dispositions durables et transposables.

Système de dispositions: les dispositions sociales sont les tendances à penser et à agir de telle ou telle façon dans telle ou telle circonstance. Elles sont intériorisées et incorporées par l'individu, et sont donc non conscientes pour l'individu. Elles sont intériorisées en relation avec les conditions d'existence qui définissent telle ou telle position dans l'espace social. L'ascétisme est un exemple de dispositions. Ces dispositions sont durables car ont les intériorise pendant la socialisation primaire puis secondaire; elles persistent. Les dispositions sociales sont transposables parce qu'elles ont des effets, elles se concrétisent d'un domaine à l'autre de l'existence: elles existent aussi bien dans le domaine économique que culturel ou symbolique.

Ascétisme: esprit de sérieux, d'efforts.

Ascétisme scolaire: bon travail, travail sérieux

 

Les habitus individuels sont singuliers puisque chacun combinent une diversité d'expérience sociale. Toutefois il est possible de percevoir des classes d'habitus et des habitus qui se distinguent entre les catégories sociales. Il intègre le principe de non conscience: le discours commun sur nos propres pratiques n'est pas conscient de ce déterminisme qui pèse sur ces dernières. C'est une affirmation qui dérange beaucoup de gens, car il ne signifie que nous sommes pas lucides des déterminants qui déterminent nos actions. Pourtant c'est une réalité sociale objective; c'est que l'on vit avec nos représentations et c'est ce qui permet de supporter cette réalité sociale, d'ailleurs. Exemple du choix du conjoint.

 

 

III- Sociologie de la culture:

quel est le rapport de non conscience du choix du conjoint avec les pratiques culturelles?

On penses nos préférences esthétiques comme librement déterminées, comme un choix individuel. Pourquoi les moins de 30 ans n'écoutent pas de musiques classiques et les plus de 50 ans en écoutent beaucoup? Si c'était des choix individuels on autrait une répartition égalitaire des pratiques culturelles, or on constate qu'il y a des différences selon l'âge, le diplôme, le genre... selon qu'on appartient à telle ou telle classe on sera plus porté vers telle ou telle musique, telles ou telles pratiques culturelles. De même l'appartenance de genre joue beaucoup sur les goûts musicaux: les gens qui écoutent du rap sont beaucoup plus masculins que féminins.

En matière artistique il y a des critères socialement construits et des valeurs qui sont socialement attribuées à telle ou telle personne. Le jugement esthétique est objectif et la sociologie s'intéresse à la façon dont la valeur se construit. Pierre Bourdieu montre que l'intérêt pour telle ou telle œuvre, le goût et la manière de consommer le produit, dépendent d'une part de nos dispositions qui constituent notre habitus, et d'une autre part, de la logique de la distinction. L'habitus se manifeste par un ensemble de gouts et de pratiques qu'elles soient culturelles ou non, et cet ensemble définit un style de vie. Ces styles de vie sont le produit de l'habitus, et le style de vie est aussi un ensemble de signes qui possèdent des significations sociales. Par exemple, aux yeux des cadres d'entreprise, les pratiques culturelles des professeurs du secondaires sont sans valeurs, sans apport et importance. Le style vestimentaires sont tout autant liés aux genres, à l'âge, à la catégorie sociale des individus. Ces styles de vies sont également socialement situés aux yeux des autres. Ce sont des lois tendancielles: il y a des liens fort entre les catégories sociales et les styles de vie. Ce qui fait le lien entre la position sociale et les différents goûts, ou pratiques c'est le concept d'habitus. Dans cet ensemble la culture est la partie la plus visible de l'expression de l'habitus. Cela repose également sur la logique de la distinction: se distinguer; c'est cultiver sa différence. Selon Bourdieu le moteur de la stylisation de la vie, c'est la distinction. La distinction est une stratégie de différenciation qui est au cœur de la vie sociale.On cultive également nos différences par rapport à nos ressources. Par exemple, ceux qui possèdent le plus de capital économique se distinguent par l'extériorisation de cette richesse économique, ce qui se voit dans la voiture possédée, les vacances à l'hôtel, possession de plusieurs maisons. C'est le contraire pour les catégories populaires. En faisant cela je m'identifie dans le même temps à mon groupe d'appartenance: à la fois je me différencie des autres et je m'identifie à mon propre groupe d'appartenance.

Cette logique de la distinction s'appuie sur une hiérarchie des pratiques culturelles et des gouts et des gouts à un moment donnée. Il y a des gouts ou des pratiques plus légitimes comme le jazz, les beaux arts, la littérature de classiques. Cette hiérarchie existe pour tous, et pour les classes populaires également: même s'ils ne les pratiquent pas, n'ont pas les mêmes gouts; ils ont conscience de cette hiérarchie sociale des pratiques et des goûts, reconnaissent la valeur des goûts et des pratiques culturelles des classes dirigeantes. Cette reconnaissance de valeur est porté par tous les individus, on ne dira jamais des beaux arts ou de la littérature de classiques que c'est nul, que ce n'est pas de la culture. L'idée que la musique classique c'est la plus classée, la plus légitime est percue par tout le monde, est légitimée par tout le monde: on peut ne pas l'écouter, ne pas l'aimer mais on reconnaît tout de même sa valeur.

Il y a certains groupes qui sont en conflit pour la reconnaissance de la valeur de certaines pratiques. Les biens culturels des classes dirigeantes sont légitimes car ils sont possédés par les classes dominantes mais également parce qu'ils sont en haut de la hiérarchisation des goûts et des pratiques. Les conservatoires qui enseignent la musique classique participent à légitimer cette forme musicale. On également la promotion d'autre valeurs culturelles: le rap, le R&B, la pop.... cette promotion de nouvelles valeurs ou de valeurs différentes est faite par les industries de la culture. Il y a des institutions qui font la promotion de certaines pratiques culturelles, de certains biens culturels: les conservatoires, les maisons de la culture, l'école...

CM 3: Les rapports sociaux des pratiques culturelles vus sous l'angle des genres (sociologie des rapports de sexes, de genres)

 

 

La question de l'inégalité homme/femme est revenue à faire l'objet de débat. Aujourd'hui l'égalité de droit obtenue entre homme et femme est insuffisante: plus on monte dans la hiérarchie dans les entreprises économiques, plus les hauts postes sont masculin. Dans le domaine politique, on observe la même chose si on observe les membres du sénat, les députés... Ca a beaucoup changé en 50 mais ca a tendance a stagné voir régréssé en ce moment. Les inégalités de droits les plus grossières ont été supprimées: pendant longtemps les femmes ont été maintenue dans une situation sans statut juridique. Le droit de vote de la femme a été obtenue en 1945. jusqu'en 1965, les femmes n'avaient pas le droit de travailler sans demander l'autorisation de leur mari. Jusqu'en 1967 les moyens de contraception médicale étaient interdit, et enfin la législation en terme d'interruption de la grossesse a été adoptée en 1979. la situation des femme a connu une transformation considérable, qui a permit une émancipation des femmes ( 3 grandes transformations, source d'émancipation):

-il y a eu l'accès à la contraception qui a permis de contrôler les naissances; ce qui permet à la femme de se libérer un peu, d'être plus autonome de sa propre vie

-l'accès massif des femmes aux études supérieures

-l'accès massif des femmes sur le marché de l'emploi (auparavant elles travaillaient, mais il n'était pas rémunéré) et donc à un revenu; ce qui permet une autonomie économique vis-à-vis du mari.

Ce mouvement d'émancipation se développe timitement à partir de 1960, puis après largement à partir de mai 1968. cependant l'évolution n'est pas linéaire, le mouvement d'ensemble cache des reculs dans certains secteurs et par rapports aux classes sociales; l'égalité n'est pas vraiment acquise. Cependant, les rapports sociaux entre les femmes et les hommes ont considérablement évolué. Ce changement des rapports sociaux a engendré une redéfinition des identités sexuelles, de l'identité masculine comme de l'identité féminine. Aujourd'hui être une femme ce n'est pas la mêm chose que dans les années 50, elles ont un emploi, un revenu, sont moins dépendantes des hommes. Du coup, l'exercice de la domination masculine comme elle s'exerçait dans les années 50 est moins forte: les hommes ont du prendre en charge l'éducation des enfants, les taches ménagères. Les identités sexuelles ne sont pas des données naturelles, mais des construction sociales et historiques. Les attitudes et les comportement qui varient selon le sexe, ne s'expliquent biologiquement mais avant tout, socialement. Il y a des dispositions sexuées, il y a un habitus masculin et un habitus féminin. Ce sont des différences qui sont donc socialement produites. Cette production différencielle et inégale des identités sexuelles mais en jeux la tortalité des pratiques, des représentations et des structures sociales. La division entre le masculin et le féminin, est une vision normale pour nous: il y a des biens ou des pratiques qui sont plus réservés aux hommes et d'autres, plus aux femmes. Les cheveux sont un exemple de principe de division entre l'homme et la femme. Cette division fonctionne également dans les structures mentale, car c'est une manière de classer: une manière de rire peut être qualifiée de féminine ou de masculine.

 

3 Domaines: l'éduaction et l'école; l'emploi et le travail; les goûts et les pratiques culturelles.

 

L'éduaction et l'école:

Durant l'enfance, la famille participe à transmettre des valeurs... la famille propose des modèles d'homme et de femme. A travers la famille et l'école la société propose des modèles d'hommes et de femmes, des rôles de masculins et de féminins. Et les rôles parentaux ne sont pas les mêmes à l'égard des garcons et des filles. Il y a une opposition actif/ passif assez intéressante pour analyser l'opposition entre hommes et femme. Par exemple les garcons sont plus stimulés sur le plan moteur quand ils sont bébés que les filles, et cela participe à l'opposition actif/passif. De plus les jeux attribués aux filles sont liées à des activités maternelle et domestique, et les jeux attribués aux garçons sont plus liés à la mécanique, à la violence, au mouvement, à l'aventure. Il y a donc une opposition entre l'actif et le passif transmise dans la socialisation dès l'enfance. Il y a des formes d'inculcation redondantes: tu es une fille alors tu vas jouer à la poupée, tu vas aimer le rose.... Il y a également l'opposition entre l'intérieur et l'extérieur qui permet d'expliquer et qui est liée à cette opposition homme/femme: les hommes s'occupent des tâches extérieures et les femmes des tâches d'intérieur. De plus, pendant l'adolescence les interdits de sorties sont beaucoup plus fréquents chez les filles que chez les garcons; ce qui favorise une sociabilité familiale chez les filles. L'homme est tourné vers l'extérieur. La montée de la scolarisation des filles fut de telle qu'elles ont rattraper voire dépasser les garcons; la scolarité des filles est meilleure que celle des garcons qi on compare les diplôme: 107 filles sont parvenues en 4eme sans redoubler contre 100 chez les garcons. Les bacs scientifiques concentrent plutot des garcons: 60% des garcons contre 40% des femmes. Il y a également une opposition entre le littéraire et le scientifique: les hommes sont plus portés vers les matières scientifiques et les femmes vers les matières littéraires. La réussite scolaire des filles devrait donc les conduire vers des postes d'excellence et si ce n'est pas le cas c'est qu'il existe des critères de sélections: les filles de milieux moyen vont s'auto-selectionnées et s'auto-censurées. Les parents, et les professeurs dans une moindre mesure, valorisent sans le savoir les garçons pour les matières dominantes, notamment les mathématiques: les professeurs interrogeaient plutot les garçons pour les exercices difficiles les filles pour les exercices plus faciles. Cela apparaît un peu comme naturel, mais en fait c'est tout à fait socialement construit. Les parents ont plus tendance à pousser les garcons à travailler, à s'inscrire dans une filière scientifique. Toutes ces divisions sont également structurées mentalement.

 

L'emploi et le travail:

L'activité professionnelle des femmes a beaucoup évolué au cours des 40 dernières années, mais le chômage et le travail à temps partiel forcé, touchent davantage les femmes que les hommes. En outre, le salaire des femmes à travail égal demeure moins élevé en moyenne à celui des hommes. C'est une dimension de la dimension masculine. De même, hommes et femmes n'occupent pas les mêmes emplois: globalement, on s'aperçoit que la moitié des femmes active font partie du groupe socioprofessionnel employé, et sont 70% si on ajoute les professions intermédiaires. Elles sont nombreuses dans le monde ouvrier. La diversification professionnelle des femmes est plus faible que celle des hommes: elles sont concentrées sur un nombre de métiers restreint. Enfin, plus on monte dans la hiérachie des entreprises, plus la part des hommes s'accroit: les femmes n'accèdent pas aux hauts postes. Une grande partie des professions occupées par les femmes sont soient des professions centrées sur la famille ou l'éducation, donc proches de l'univers domestique, soient des professions qui héritent des traits de la féminité en qualité professionnelle: l'infirmière, l'esthéticienne, la coiffeuse, la secrétaire, la vendeuse. On attend d'elles qu'elles soient discrètes, soignées.... Il y a aussi dans l'univers féminin beaucopup de métiers qui ont une dimension relationnelle: (chambre d'hôtes, les cérémonies de mariages). Il est indispensable de tenir compte de la division sociale du travail domestique, c'est-à-dire de la répartition des taches ménagères et éducatives, pour comprendre les inégalités entre les hommes et les femmes. En dépit des évolution, le poids des taches ménagères continuent de peser davantage sur les femmes. Selon une enquête de l'INSEE de 1999, les femmes ont consacré deux heures de plus par jour aux activités domestiques que les hommes, en moyenne. Et sur l'ensemble d'une semaine, les femmes assuraient les 2/3 du travail domestique → double journée de travail des femme, ce qui explique que les carrières de femmes connaissent moins de promotions que les carrières masculines: cette double journée de travail pèse considérablement sur l'activité professionnelle des femmes. A l'inverse la priorité des hommes, c'est l'activité professionnelle: ils y consacrent une heure et demi de plus par jour que les femmes. Cette enquête de l'INSEE montrait que les hommes bénéficient sur une semaine d'une journée et demi de loisirs de plus que les femmes.

 

Les rapports sociaux passent aussi par les pratiques culturelles et les gouts. Les gouts et les pratiques culturelles sont pour la plupart sexuellement marquées et agissent comme des marqueurs d'identité de sexe. L'opposition entre intérieur et extérieur se retrouvent et jouent également dans les gouts et les pratiques. La lecture de fiction par exemple est une activité d'intérieur, et donc davantage consommée par les femmes; et les hommes ont plus de pratiques culturelles extérieures et nocturnes: ils sortent le soir. Une autre opposition se retrouve, celle entre le monde des choses humaines qui est tendanciellement féminin et le monde des choses matérielles qui est tendanciellement masculin ( goût pour les sciences et la techniques, pour la mécanique, le bricolage). Ces deux oppositions permettent de penser une bonne partie de la répartition des gouts et des pratiques culturelles entre les hommes et les femmes. De plus, les hommes regardent des émissions sur la politique alors que les femmes des séries de sciences fiction. La lecture de magasines féminins, mais également d'éducation, de famille... sont typiquement dans sphère d'un public féminin alors que les magasines d'informations et de politiques sont beaucoup plus lus par les hommes. Si le caractère sexué des pratiques culturelles et des goûts reste assez marqué, on relève aussi des améliorations. On note un moyvement récent de féminisation des pratiques culturelles, progessent des pratiques portées sur le goût féminin. Globalement l'intéret des femmes pour l'art et la culture (musique, livre) est plus fort que celui chez les hommes. Ce mouvement peut s'expliquer par les transformations qu'a connu la société. Du coup, les femmes sont également plus nombreuses a occupé un métier d'éducation, concernant les pratiques culturelles des enfants. Dans le même temps, les hommes ont pris leur distance à l'égard de certaines formes traditionnelles d'accès à l'art et à la culture. Le mouvement de féminisation est aussi en évolution car il y a un recul de la consommation des hommes dans les pratiques culturelles traditionnelles (le livre, la lecture du roman).

 

 

 

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