Discipline 2 HISTOIRE MODERNE CHAPITRE V

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LES REFORMES PROTESTANTES AU XVIème SIECLE

 

 

INTRODUCTION

 

  • La situation de la chrétienté est la suivante au début du XVIème siècle :

    Grande inquiétude des Européens. Il faut savoir qu'à la fin du Moyen-Age et au début du XVIème siècle les européens apparaissent très inquiets. Cette inquiétude se perçoit dans les écrits de ces européens, dans la littérature. Ces européens ont très peur que les malheurs du XIVème siècle et de la première partie du XVème siècle ne recommencent. Ils sont au nombre de 3 :

    * une interminable guerre, la guerre de cent ans qui dure de 1337 à 1453.

    * une terrible épidémie qui refait son apparition en Europe au milieu du XIV ème siècle : La Peste Noire, entre 1347 et 1348. Cela faisait sept siècle qu'elle ne s'était pas manifestée en Europe, et en un an elle fait disparaître la moitié de la population. Après cet épisode, elle ne s'en va pas tout de suite, réapparait régulièrement tout le long du XIV ème et du XV ème siècle.

    * les famines. A partir du XIV et du XV il y a plus d'accidents et de difficultés climatiques, donc plus de mauvaises récoltes et donc plus de famines.

    Dans l'esprit des européens de cette époque, tous ces malheurs ont été voulus par Dieu, qu'il a voulu punir les hommes. Naturellement, ils sont très inquiets et se tournent vers lleur clergé pour essayer de calmer leur inquiétude. Le problème c'est que le clergé de l'époque ne répond pas vraiment à leur inquiétude.

     

  • Etat très particulier du clergé catholique européen.

    Les papes de la fin du Xvème siècle sont avant tout des chefs politiques. Ils se soucient beaucoup plus de politique, de guerres, que de religion. Ils sont très éloignés des préoccupations religieuses de leurs contemporains. Plusieurs papes appartiennent à la famille des Borgia.

    L'ensemble des évêques : l'épiscopat. Responsable d'un diocèse. La plupart des évêques de cette époque ne réside pas dans son diocèse. En fait la plupart d'entre eux réside auprès du roi, auprès du prince, et ils se soucient assez peu de la direction de leur diocèse.

    Au niveau des paroisses, on a le clergé paroissial : les curés. Le profil des curés de paroisse a la fin du Moyen Age est qu'ils sont, dans l'ensemble, ignorants, ils connaissent que quelques mots de latin, le dogme (doctrine catholique ) ils ne le connaissent pratiquement pas. Ils s'habillent de la même façon que leurs paroissiens. Ces curés vivent exactement de la même façon que leurs paroissiens : ils fréquentent les auberges ( parfois trop, certains sont alcooliques ) et ils fréquentent des femmes. Ils n'ont simplement pas le droit de se marier.

 

  • A la fin du Moyen Age et aux début du XVI les seules solutions religieuses prônées par l'Église ne satisfont pas vraiment les européens. A la fin du moyen age, les européens sont persuadés qu'ils iront tous au purgatoire après leur mort. Dans l'imaginaire chrétien, il existe à la fin du moyen age, trois lieux de l'au-délà : le paradis, le purgatoire ( inventé au XIIIème siècle par l'Église en 1215 ), l'enfer. C'est lorsque l'on meurt, l'âme va au purgatoire en attendant d'aller au paradis, et cela peut durer. Le but est d'y rester le moins longtemps possible et pour cela l'Église va se mettre à vendre ce que l'on appelle des indulgences : rémission accordée par le pape, non pas des péchés, mais de la peine due aux péchés. L'achat d'indulgences diminuerait le nombre d'années à passer au purgatoire.

 

Cela veut dire que l'Église propose une vente des indulgences. Si on les achète cela permettra de passer moins de temps que prévu au purgatoire. Cela n'efface pas les pêchés mais diminue la peine consécutive aux péchés. Cela se présente sous plusieurs formes : un certificat, une médailles, les reliques (restes de saints, par exemple bout d'os)

  • Grand acheteur de reliques : Frédéric de SAXE qui achète 17443 reliques de saints, qui lui assureraient 128 000 ans d'indulgences.

 

L'église vend des reliques car elle a besoin d'argent, il y a un grand chantier de lancé à Rome, c'est le chantier de la Basilique de Saint Pierre à Rome, somptueuse, toute en marbre.

 

 

Ce genre de pratiques religieuses ne plait pas à tout le monde. A partir du début du 16e un certain nombre de personnes critiquent de plus en plus fortement ce genre de pratiques religieuses, il va y avoir un mouvement de protestation, c'est ce que l'on va appeler le mouvement protestant. Ce mouvement va être surtout dirigé par trois personnages : Martin Luther, Jean Calvin, et Elizabeth première d'Angleterre.

 

 

 

I – La réforme Luthérienne.

 

A .Le personnage : Martin Luther

 

Luther est né en 1483 en Turinge, une province du Saint Empire Romain Germanique. Martin Luther est issu d'un milieu aisé puisque son père était un petit exploitant minier. Il est intelligent, va faire des études universitaire à l'université de Wittenberg où il va obtenir un doctorat de théologie. C'est quelqu'un qui est très inquiet pour le salut de son âme et devient à partir de 1507 prêtre, puis moine dans une communauté religieuse. Il va faire parler de lui de manière spectaculaire, à la Toussaint de 1517 il publie un textes qui s'appelle les 95 thèses. Cet ouvrage il le fait imprimer et il affiche ces 95 thèses sur les murs de l'université de Wittenberg. C'est un ouvrage important car Luther y dénonce violemment le trafic des indulgences. Il y dénonce la politique de la papauté qui vend avant tout ses indulgences pour financer la construction de la Basilique de Saint Pierre de Rome. Cette histoire fait évidemment du bruit, car il défie l'autorité du pape alors qu'il est moine. Le pape réagit en 1520 en excommuniant Martin Luther, il ne fait plus officiellement partie de l'Eglise catholique.

Cela inquiète aussi Charles Quint, une nouvelle religion pourrait naître et il réagit en convoquant Luther en 1521 à la diète de Worms, il cherche à trouver un compromis afin que Luther ne fonde pas une nouvelle église. Ces négociations vont échouer, mais Luther va y rencontrer un prince allemand qui le met sous sa protection, Frédéric de Saxe. Luther a désormais un protecteur politique.

En 1530, Martin Luther publie Les Confessions d'Augsbourg. Il exprime dans cet ouvrage toutes ses idées religieuses.

En 1546, Martin Luther meurt. IL est alors connu, pour certains il est l'incarnation du diable et pour d'autres il est celui qui a rénové le christianisme.

 

 

B . Les grands principes du Luthéranisme

 

Les idées de Martin Luther reposent sur trois grands principes :

  • Seule la foi sauve. Pour Luther, pour être sauvé et aller au paradis, il faut avoir la foi. Cette foi religieuse est un don de Dieu. Ce principe est différent de celui des catholiques, dans la mesure où pour les catholiques pour aller au paradis, il faut multiplier les bonnes actions pendant toute sa vie, on les appelle les oeuvres.

  • La seule source de la foi : Les Saintes Écritures. Ce sont les textes bibliques. Pour Luther, finalement la Bible contient tout ce que Dieu a voulu faire connaître aux hommes. Du côté catholique la source de la foi n'est pas seulement la Bible, c'est aussi d'autres textes, dont les textes des Conciles. ( assemblée d'évêques qui prennent des décisions concernant les croyances. Exemple de concile : en 1215 le Concile de Latran où l'on invente de Purgatoire. )

  • Chaque fidèle peut faire sa propre interprétation des Saintes Écritures. N'importe qui peut prendre la Bible et l'interpréter à sa façon. Chez les catholiques, les seuls à avoir le droit d'interpréter les textes bibliques ce sont les membres du clergé, c'est même ce qui explique leur existence.

 

A partir de ces trois principes de base, Luther tire un certain nombre de conséquences pratiques :

  • Il n'y a pas de clergé dans son Église. Il y a quand même des gens spécialistes de religions, les pasteurs, mais ils sont seulement des guides religieux. Ils ne sont pas au dessus des fidèles comme le Clergé chez les catholiques.

  • Luther remet en cause un certain nombre de croyances : les indulgences et le purgatoire.

  • Luther ne retient que deux sacrements, contrairement aux catholiques qui en ont sept. D'abord il retient le baptême et la communion. La communion n'a pas la même signification chez Luther que chez les catholiques. Chez les catholiques, au moment de la communion le pain de transforme réellement en chair du Christ et le vin se transforme réellement en sang du Christ. Lorsqu'on est croyant on doit croire que le pain devient la chair du Christ et le vin devient le sang du Christ. Cette croyance s'appelle la transsubstantiation.

    Luther adopte un discours différent, pour lui au moment de la communion, le pain devient du pain + la chair du Christ et le vin devient du vin + le sang du Christ. Cette croyance s'appelle la consubstantiation.

  • Luther veut des cérémonies plus simples. Il veut notamment que la langue des cérémonies soit la langue des fidèles, c'est à dire qu'il n'y ait plus de messes en latin.

 

La diffusion du luthérianisme

Les idées de luther vont surtout se répendre et avoir du succés dans deux régions d'Europe :

  • dans le Saint Empire romain Germanique où environ la moitié des princes vont adopter la religion luthérienne.

  • La scandinavie : suéde, danemark, norvége.

 

 

II – La réforme Calviniste

 

A. Le personnage:

 

Jean Calvin. C'est un français, né en 1509 à Noyon en Picardie. C'est quelqu'un qui est issu d'une famille aisée puisque son père était le gestionnaire des biens du chapitre cathédrale de Noyon. Comme il est issu d'un milieu assez aisé, il va faire des études universitaires, des études de droit et il va successivement fréquenter les bancs des universités de Paris, d'Orléans et de Bourges. Il semblerait qu'il se serait converti aux idées réformées vers 1534 à l'occasion de son séjour à Angoulême.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le bon moment pour devenir protestant( = réformé). En 1534 c'est l'année où le roi de l'époque François 1er décide de persécuter les protestants dans le royaume de France. Calvin est du coup obligé de partir du pays et il va successivement faire des séjours dans les villes suivantes :

  • pendant deux ans, en 1534-36, il séjourne dans la ville de Bale

  • 1536-1538, ville de Genéve

  • 1538-1541, ville de Strasbourg, qui n'est alors pas française.

Entre 1541 et 1564 il est de nouveau autorisé à séjourner dans la ville de Genéve, jusqu'à sa mort.

 

Il devient personaage connu en Europe grace a son livre, Institution de la religion chrétienne, publié en 1536, livre dans lequel il précise toutes ses idées religieuses, qui aura un assez grand succés chez les protestants. La grande chance de Calvin est qu'il va avoir la possibilité de mettre en pratique ses idées religieuses dans la ville de Genève.

En 1564 il meurt. Il est alors un personnage très célébre dans toute l'Europe, comme Luther.

 

 

 

B. Les grands principes du calvinisme :

 

  • la croyance en la prédestination. Pour lui, seuls seront sauvés les élus, ceux qui ont été choisir par Dieu. Ces élus sont aussi appelés les prédestinés, et seuls ces prédestinés auront droit à la vie éternelle. Ces prédestinés pour Calvin sont les seuls à avoir la foi. Pour calvin, dés sa naissance certains sont prédestinés à aller au paradis et les autres vont en enfer. On les reconnaît par le fait qu'ils ont la foi. Tous les autres vont en enfer.

  • Importance de la Bible. Pour Calvin, la Bible contient tout ce que Dieu a voulu faire connaître aux hommes. (même chose que le luthérianisme)

  • Deux sacrements seulement. Il ne reconnaît que deux sacrements : le baptême, qui a exactement la même signifaction que chez les catholiques et les chrétiens, et la communion, copie des protestants. Pour Calvin, la conception de la communion est différente de celle de Luther et de celle des catholiques. Pour Calvin au moment de la communion, le pain reste du pain, le vin devient du vin. Pour lui, il y a seulement une présence spirituelle du Christ dans le pain et dans le vin au moment de la communion. Il n'y pas de nom, car il n'y a pas de tranformation ( différe donc de la consubstantiation et de la transubstantiation).Pour Calvin, il faut communier au mieux quatre fois par an : à Noël, à Pâques, fête la plus importante chez tous les chrétiens, à la Pentecôte et le premier dimanche de Septembre. C'est un premier dimanche de Septembre que Calvin a réussi à faire interdir le culte catholique à Genève.

  • Pour lui les communautés religieuses doivent être très structurées. En fait dans chaque communauté on doit trouver un temple, un pasteur, guide religieux de la communauté, comme les luthériens et on droit trouver un consistoire : une petite assemblée rassemblant les principaux chefs de famille de la communauté calviniste et cette petite assemblée c'est elle qui est chargée de surveiller les fidéles. Notamment, c'est le consistoire qui est chargé d'autoriser ou pas chaque fidéle de communier.

  • Enfin, le culte pour Calvin doit être assez dépouillé. Ce culte doit se faire dans la langue des fidéles, et au niveau du culte on rejette la croyance dans le purgatoire, dans les indulgences et le culte des saints.

 

C.La diffusion du calvinisme

 

Il est présent surtout dans 5 régions :

  • 1 er secteur confédération elvétique, autour de Genéve. C'est la capitale du calvinisme

  • une région du saint empire romain germanique : le Palatinat, dans la région Ouest.

  • Dans la partie Nord des Pays-Bas va au bout de quelques années faire sécession et devenir les fameuses Provinces Unies.

  • L'Ecosse.

  • La France.

 

Les calvinistes ont toujours été très minoritaires en France, leur part dans la population ne dépasse jamais plus de 10% de la population. La répartition des calvinistes est très inégale sur le territoire français. Au nord, ils sont moins nombreux sauf en Normandie. Au sud, en revanche, on trouve une plus forte densité de communautés calvinistes. Dans le Poitou, l'Aunis (région de la rochelle- île de ré), la région de Saintes la Saintonge, la vallée de la Garonne, dans la région de Pau le Béarn, le sud du massif central plus précisément la région des Sévennes, la vallée du Rhone, et dans la région de Grenoble le Dauphinet.

On a l'habitude d'appeler la localisation des calvinistes sous le nom du croissant français, le croissant huguenot (= calviniste français.)

 

CONCLUSION :

Le XVIème siècle est un siècle très important dans l'histoire religieuse de l'Europe, parce que c'est le moment où se fixent les croyances de deux, au moins, religions nouvelles : le luthéranisme et le calvinisme. Depuis cette époque, les croyances n'ont pratiquement pas changé, c'est à dire que nous vivons toujours sur cet héritage religieux du XVIème siècle, d'où l'importance de connaître ces croyances et de connaître leurs Genèses au XVIème Siècle.

 

SUJETS :

  • La réforme luthérienne

  • La réforme calviniste

 

 

 

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