Discipline 2 HISTOIRE MEDIEVALE CHAPITRES IV, V, VI

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IV- Endogamie et réformes de l'Église

 

 

* Graphique Le mariage proche des premiers comtes, Aurell, 2000, p160.

Il nous reste à comprendre les raisons de l'extraordinaire durcissement de la politique de lutte contre l'endogamie au XI et XII ème siècle. La mise en place de cette politique entraine la mise en place d'une législation inapplicable. En 1215, l'Église décide de revenir au 4ème degré canonique.

L'extraordinaire durcissement participe a la réforme de l'Eglise. Cette lutte finit par dessiner une ligne de fracture au sein du clergé et au sein de la noblesse.

 

En l'an 1000 des moines réformateurs entreprennent un mouvement qui part du monde germanique pour ensuite atteindre les milieux français et romains. Ils développent une volonté de durcissement, dont l'ampleur extraordinaire participe au mouvement de réforme de l'Eglise pris en main par le pape au milieu du XIème siècle, avec l'aide du clergé et des moines réformateurs. Cela modifie fondamentalement la conception que l'on a de l'église et propose une approche beaucoup plus moralisante des devoirs et corvées.

C'est un mouvement de réforme grégorienne. Un bon roi, un bon compte, un bon évêque... est celui qui respecte une morale, c'est ce qu'on met en avant pour définir le bon chef.

Exemple: Vie de robert II le pieu, roi de France, premier capétien. Vers 1030, un moine Abbon de Fleury, très fin lettré, écrit la vie de Robert le Pieu. Racontant l'histoire de sa vie, il ne met absolument pas en avant les activités séculières du roi ( ses guerres, son bon ou mauvais gouvernement ) mais ses bonnes actions, comme il l'aurait fait en racontant la vie d'un saint. Abbon de Fleury dresse un portrait très monastique du souverain, qui est sain (saint?) malgré son statut de roi. Pourquoi? Parce que sa vie durant il se repentit de son pêché de bigamie et d'inceste. Ainsi coupable d'endogamie, il revint sur ses fautes et se repentit en ayant une existence monastique. Ce qui est mis en avant c'est le respect de la morale.

 

En outre, à cette réforme morale qui s'opère dans l'Eglise et dans l'ensemble de la société, qui renonce impérativement à l'endogamie car cela va à l'encontre de la morale, s'ajoute à cette réforme morale un combat qui se met véritablement en place plus tard, au milieu du XI ème siècle c'est la liberté de l'Eglise. L'Église est pour une plus grande distinction entre les pouvoirs de l'Église et les pouvoirs de l'État. A partir du milieu du XI ème siècle, les papes et évêques réformateurs réclament une autonomie plus forte de l'Église vis à vis des pouvoirs civils, notamment dans les nominations de pape et d'évêque. A partit du milieu du XIème siècle, les réformateurs réclament une plus grande autonomie. L'exogamie chrétienne par arme politique participe à une nouvelle conception des pouvoirs ecclésiastique et laïques. Elle s'insère dans une nouvelle conception des rapports entre église et état, dont l'ancienne union est très étroite avec un co-gouvernement de la société par les grandes familles de la noblesse et les grands noms de l'Eglise. En remettant en cause ce système de gouvernement, on remet aussi en cause l'endogamie. On assiste à un dialogue de sourds entre réformateurs et État.

 

Aulibat, un abbé catalan, dénonce le projet d'un mariage consanguin endogame qui devait unir un roi espagnol et une princesse navarienne. Derrière ce mariage, il y a une stratégie matrimoniale. Le but de cet alliance est politique, il est de rapprocher les deux royaumes et faciliter la lutte contre les musulmans. Mais l'abbé catalan, devenu évêque, refusa cette union au nom de la morale anti-endogamique. C'est bien désormais la morale qui se trouve au coeur des fonctions de chacun dans l'Eglise.

 

Mais il y a un refus de ce durcissement dans la politique exogamique de l'époque. Par exemple, les empereurs germaniques au XI ème siècle ne respectent plus les interdits de consanguinité, et épousent des parentes au 4éme degré, comme Henri III qui épouse Agnès de Poitiers, sa parente au 4eme degré canonique. Ce mariage est effectué en 1043 avec le soutien de quasiment tous les évêques de l'empire germain malgré l'opposition du pape. L'affaire se termine par une déposition du pape ce qui règle le problème de manière radicale.

 

En France l'interdit du 3eme degré n'est pas non plus respecté au X et XI ème siècle. En effet le mariage endogame est encore pratiqué : Exemple d'union au 3éme degré qui ne suscite aucune condamnation de la part de l'église aucune fracture, contredisant la législation ecclésiastique: En 997 Robert II le Pieu épouse Berte de Bourgogne, sa parente au 3ème degré, ce qui ne suscite aucune condamnation de la part des évêques français. Le seul qui proteste est le pape qui l'excommunie.

 

En Provence :

tableau généalogique issu de Florient Mazél

2 unions au 3ème degré canonique, ou 5ème degré romain, unions ici à l'intérieur d'une famille des beaux-riant, vicomte de Marseille et Fréjus. C'est une ancienne famille endogame, grande famille de la noblesse. Ces grandes familles ayant des leurs a la tête des abbayes ou plus largement hautement placés au sein du clergé arrivent à monopoliser l'ensemble du gouvernement de la région.

 

On peut donc dire que la lutte pour l'exogamie contre l'endogamie s'inscrit dans une ancienne tradition d'origine romaine. Elle est reprise par l'Eglise et qui est christianisée. Elle est justifiée par des craintes tératologique et d'un point de vue religieux ( on lui donne un sens, une justification chrétienne qui est l'obligation de la procréation. La procréation est vue par l'Église comme un bien du mariage. La lutte est aussi justifiée par l'importance d'étendre la charité à l'ensemble de la société. Elle est fondée par Saint-Augustin, auteur le plus lu du Moyen-Age.

Le durcissement extraordinaire de cette lutte contre l'endogamie se déroule essentiellement au XI ème siècle et participe de la réforme de l'église dans une perspective grégorienne disant qu'il faut moraliser l'ensemble de la société en proposant comme premier devoir aux laïques non plus l'accomplissement d'une fonction mais le respect d'une morale. Le premier devoir du chef laïque n'est plus d'accomplir une fonction mais d'abord de respecter une morale, car c'est ce qui le rend bon. En outre, cette lutte participe de la remise en cause de l'ancien système de co-gouvernement de la société par les grandes familles de la noblesse qui monopolisaient les charges et se les transmettaient par le biais d'une politique endogamique.

Deux manières assez différentes de concevoir l'Église se détachent et s'affrontent autour de ce durcissement de la politique anti-endogamique. Ce durcissement aboutit à la mise en place d'une législation anti-endogamique généralisé à l'ensemble de la communauté chrétienne par les papes du XI mais la législation inapplicable finit par se retourner contre le législataire, car la lutte contre le mariage endogame est utilisée par certaines grandes familles de la noblesse pour se voir accorder séparations et divorces;

En 1215, l'Église tente d'apporter une solution à ce problème en réduisant l'interdiction au 4ème degré.

 

Pourtant certains historiens ont du aller très loin dans leur critique de la politique endogamique. En effet, ils vont jusqu'à estimer que l'Eglise avait fait peser sur cette période une menace telle qu'elle aurait diabolisé la sexualité, même l'hétérosexualité. C'est l'avis de Jean Pierre Pauly. Pour lui toute union sexuelle entre homme et femme est menace d'inceste. C'est un argument pour la noblesse, celui du traumatisme, qui relève de la psychanalyse. D'après Pauly il y a une diabolisation de l'hétérosexualité qui tournerait autour du tabou de l'inceste.

 

D'après Freud, il y aurait deux forces qui se renforceraient mutuellement au sein de la famille étroite, avec l'identification du fils au père, puis ensuite un penchant du fils pour la mère. Le fils projetterait son propre fantasme. Il verrait son père comme un obstacle a la réalisation des désirs et qui entraînerait un complexe d'Oedipe, qui se traduit par le meurtre d'un père et l'inceste avec la mère. Le parricide et l'inceste sont les piliers de la psychanalyse freudienne. Seulement voilà pourquoi nous pouvons dire que la psychanalyse freudienne est un système clos jamais réfuté car il est toujours possible de vérifier le bien fondé de ces affirmations en invoquant l'inconscient. Dans ces conditions c'est le chien qui se mort la queue. Freud fait de tout sujet un malade perpétuel sauf le maître, toute personne est victime de son surmoi, des interdits moraux qui refoulent ses instincts ou ses souvenirs.

Jean-Pierre Pauly a été victime de cette approche de Freud qui a aboutit à considérer que toute morale crée des victimes. La conséquence logique de cette affirmation est la victimisation de la société. Dans ce cas, le parricide et l'inceste, sont des pulsions refoulées par la morale et ceux sont donc des tabous. Le dogme du surmoi a conduit Freud à gommer l'élément essentiel de la rivalité père/fils qui est le désir d'imitation. Ce désir mimétique est un désir qui conduit une personne à désirer la même chose qu'une autre simplement par imitation de l'autre, comme le feraient deux enfants avec un nouveau jouet, étant attiré par le jouet car l'autre l'est aussi.

C'est un mirage constitué qui détourne de l'essentiel, avec l'importance du modèle paternel, du désir mimétique, qui élimine toute conscience. Pour Freud le mimétisme conduit à former sur le surmoi, ce qui est une erreur. ( selon le prof. )

 

 

Cette victimisation de la société supposée par Pauly n'apparait pas dans les sources. Il y a bien eu en revanche dans une tradition de lutte l'endogamie, un durcissement, mais elle n'a jamais entraîné une diabolisation de l'hétérosexualité que prétend voir Pauly.

 

 

 

Dominance matriarcale germanique contre dominance patriarcale romaine?

(Du IVème au VIIIème siècle)

 

 

  • Thème de l'opposition entre l'homme et la femme, depuis quelques temps très à la mode chez les historiens. Il s'agit d'étudier la position de la femme dans la société, ainsi que les rapports entre l'homme et la femme. Il y aurait une lutte dialectique entre l'homme et femme qui serait un moteur essentiel de l'Histoire.

     

  • Il y aurait dans le monde germanique pré-chrétien et païen un réel un pouvoir féminin garantit par une certaine autonomie matérielle et qui s'exprimerait tout particulièrement dans le domaine religieux. Cela permettrait alors de distinguer ces société germaniques pré chrétienne païennes du monde romain, et puis plus particulièrement du monde carolingien, qui seraient alors des sociétés à prédominance paternelle. La conquête romaine s'est toujours arrêtée au Rhin, en effet les romains n'ont jamais pu dominer les sociétés germaniques. Celles-ci ne connaissent pas véritablement l'écriture.

     

  • L'étude des textes de l'époque mérovingienne refléterait elle aussi les pratiques du monde germanique.

     

  • La femme, du monde germanique, n'est pas l'éternelle mineure que ce sont plus à décrire certains historiens. Sa place dans la société ne se simplifie pas à une situation de soumission. Le mound, pouvoir qu'à l'homme notamment le mari sur sa femme, peut être d'abord une obligation de protection et non un simple rapport de dominant sur le dominé. La dote maritale, ensemble de biens donnée par le mari à son épouse dans les sociétés germaniques, est en quelque sorte le prix de ce mound. Elle est le gage de la protection de la femme, et elle est d'ailleurs nécessaire à la légitimité de l'union dans le monde germanique. Cette donation maritale, du mari à sa femme, ainsi que la dote paternelle, donc donnée par le père à sa fille qui va se marier, confèrent à la femme germanique une substantielle autonomie matérielle. Elle est tout à fait certaine, bien utile pour elle, lors de son mariage et en cas de veuvage, ce qui est tout à fait possible voir très probable car dans la noblesse il y a une surmortalité masculine due à la guerre. Certaines femmes parviennent à occuper une position politique après la mort de leur époux et pendant la minorité comme la veuve Brunehaut, reine qui domine l'échiquier politique pendant une période et n'hésite pas à mener une guerre impitoyable contre l'un de ses confréres. Seulement il est bien difficile dans le monde mérovingien de savoir ce qui provient des pratiques romaines et germaniques, en raison de l'occupation des germaniques sur les territoires romains. En outre, l'autonomie du pouvoir de la femme doit être relativisée, notamment celle de la veuve. En effet, il faut prendre en considération que le veuvage s'avère d'abord synonyme de vulnérabilité pour la femme. Elle doit fréquemment se tourner vers un protecteur autre que son mari défunt.

     

  • La romanisation, ou plus exactement, la disparition progressive des pratiques germaniques, tend au retour d'une société patriarcale. Cette période de pratiques germaniques ne paraît n'être qu'un passage temporaire de l'Histoire où la femme n'est pas soumise vers une société patriarcale qui sera plus durable.

 

 

 

 

 

 

 

I – L'adultère

 

Il suppose une relation intime entre un, ou deux conjoints légalement mariés et une autre personne. Il suppose l'existence d'un mariage préalable légitime, qui existe dans la société romaine tout comme dans les sociétés germaniques. Dans la société romaine, ce qui prévaut c'est l'échange des consentements de l'homme et de la femme qui permet de contracter cette union, naturellement conforme au droit et en retour produit des enfants, qui pourront hériter des biens des parents. Il y a donc des exigences juridiques à respecter dans le droit romain qui permettent de distinguer l'union légale, monogame, des unions que l'on pourrait qualifier d'inférieures.

 

Ulpien «  Ce n'est pas l'union sexuelle mais le consentement qui fait le mariage. »

 

A partir du moment où il y a eu union, il y a des exigences qui s'imposent comme une stabilité de la communauté, un respect de l'honneur, la femme doit être traitée comme il convient, en fonction du rang social de son mari. L'époux doit témoigner une affection maritale à sa femme. Elle a aussi vocation à la procréation.

 

Le mariage germanique, moins connu, mais nous savons que ce qui prévaut dans le mariage germanique païen, c'est l'union sexuelle. Néanmoins il y a bien un mariage légitime mais qui peut s'accompagner de pratiques polygamiques. Un seul homme peut s'entourer de plusieurs femme légitimes. Il y a bien l'existence d'unions supérieures avec un mariage, qui dans les deux cas romains et germaniques peuvent coexister avec des formes de concubinage.

 

Dans le monde romain, on s'aperçoit que pendant longtemps à Rome, le seul adultère a avoir été réprimé était l'adultère féminin. Une loi julienne, du 1er siècle avant J.C., donne le pouvoir au père de famille de tuer sa fille adultère et son mari. Cette répression de l'adultère féminin n'épargne pas l'amant qui peut lui aussi faire les frais de la sanction du père de famille. Plusieurs constitutions impériales traitent de ces adultères féminins. Loi de Constantin, date de 326, autorise les proches de la famille à accuser publiquement la femme adultère qui risque alors d'être exilée dans une île.

Autre texte qui remonte au 3ème s avant JC, reconnaît répression forte du mari, elle autorise le mari à mettre à mort sa femme adultère surprise dans sa maison. Dans ces affaires là le droit romain continue de laisser les familles régler ce genre de problèmes entre elles. Il permet de confier la vengeance à la famille. Cela est en quelques sortes confirmé par une loi de l'empereur Majorien ( règne de 456 à 466 ) qui donne le droit de tuer la femme adultère et son amant d'un seul coup. Il y a donc une répression qui concerne en premier lieu l'adultère féminin, n'épargnant pas l'amant, et reste le problème de la famille, même si au IVe Constantin précise que s'il y a procés la femme et son amant seront condamnés à mort. C'est d'abord l'adultère féminin qui est visé, mais le coupable homme lui aussi peut être condamné à mort et donc faire les frais de la vengeance familiale. Cette relative inégalité juridique est atténuée au IV et V e siècle sous l'influence de deux courants : le stoïcisme, courant philosophique qui insiste sur une morale naturelle propre à l'ensemble des hommes et le christianisme.

 

Il considère que l'adultère de l'homme et celui de la femme sont tout aussi graves. Il y a une égalité dans la culpabilité de l'action d'adultère. Lois du IVème siècle et du Vème siècle établissent si que le mari peut aussi librement répudier sa femme en cas d'adultère, l'on s'aperçoit que la femme gagne à la même époque ce droit. La répudiation est donc possible en cas d'adultère masculin. Cette évolution juridique est très importante. Une comparaison de cette situation du droit romain à la fin de l'Empire avec la situation du monde germanique montre bien que s'il y a une inégalité juridique pour l'adultère elle est surtout dans le monde germanique.

 

En effet, dans le monde germanique, c'est l'adultère féminin qui est le seul condamné. Dans cette répression la femme est même la seule à être punie. Cette situation nous est connue grâce à quelques textes appelés les lois germaniques. Ce sont des textes assez longs rédigés pour chaque peuple germanique entre le Vème et le VIIIème siècle.

Prenons l'exemple de la loi des Burgondes, pour eux la femme qui quitte son mari sera noyée dans les marais. Ce meurtre de la femme adultère est d'ailleurs bien attesté dans les familles de la noblesse franque. On peut y voir une pratique d'origine germanique encore utilisée au IX ième siècle puisque un concile demande à l'évêque de protéger les femmes adultères, de ne les rendre à leur mari qu'à condition qu'elles ne soient plus en danger.

II - Le divorce et la répudiation

 

 

* Le droit romain s'avère à bien des égards plus égalitaire que bon nombre de lois germaniques. Dans le monde germanique païen, le divorce par consentement mutuel n'est pas reconnu et le droit de répudiation est donné mais seulement à l'homme, il est le seul à pouvoir rompre le mariage.

Prenons un cas significatif, celui de la loi des Burgondes, de la fin du Vème siècle, début du VIème siècle, influencée par le droit romain. Elle reprend une disposition du droit romain l'autorisation faite au mari de répudier sa femme en cas d'adultère, de sorcellerie ou de viol de sépultures. En revanche, alors que le droit romain permettait à la femme de renvoyer son mari en cas d'adultère, cette autorisation n'est pas valable dans la loi des Burgondes. La loi est donc forcément inégalitaire, en faveur de l'homme.

De fait, nous savons que les rois mérovingiens, ont très souvent pratiqué la polygamie et la répudiation. De manière significative, les lois germaniques condamnent le mariage librement contracté par la femme. Il n'hésite pas à condamner les unions faites par telle ou telle jeune fille sans l'accord des parents.

 

* Dans la société romaine, le mariage est théoriquement consentuel. Ce n'est pas l'union sexuelle qui fait le mariage mais le consentement. In ne peut donc y avoir mariage, comme le dit Paul, s'il n'y a pas consentement de tous, c'est à dire deceux qui se marient et de leurs parents, qui sont ceux qui ont la puissance. Ce droit romain suppose donc un consentement au moins théorique de l'épouse, et imprègne encore la législation royale. Une loi promulguée par le roi Clotaire II vers 600 interdit d'épouser une femme sans son consentement.

Ce consentualisme, cette exigence juridique d'un consentement des deux fiancés, justifie le divorce, donc par consentement mutuel. Il est tout à fait autorisé dans le droit romain, et permet donc aux époux de se séparer d'un commun accord. Il est d'ailleurs très largement pratiqué à l'époque mérovingienne, puisque dans le royaume chrétien on a conservé des formules juridiques de divorce. Elles sont décrites avec des termes qui sont ceux du droit romain. Cette union peut être dissoute lorsque disparaît l'affection maritale.

Quand au droit de répudiation nous avons vu tout à l'heure qu'il est accordé àa lfemme en cas d'adultère. Ce droit de répudiation de l'homme par la femme est moins large que celui de la femme par l'homme, mais il est tout à fait possible. Il y a donc bien atténuation de l'inégalité juridique qu'il pouvait y avoir entre l'homme et la femme.

Nous avons conservé des documents, notamment le témoignage d'une lettre de Saint Jérôme, qui entretient correspondance intense avec des femmes de la noblesse surtout une certaine Fabiola, et de manière très étonnante il la disculpe de s'être séparée de son mari vicieux. Il affirme qu'en quittant son mari, elle n'a fait qu'appliquer son droit de répudiation.

 

L'image que l'on se fait d'une société germanique qui serait peut être celle d'une plus grande autonomie de la femme est très largement fausse.

La femme possède moins de poids, moins de libertés que dans la société moderne à cause de la persistance desinégalités juridiques entre hommes et femmes.

Il est très illusoire d'opposer une dominance féminine germanique à un prétendu patriarcat romain car il ne semble pas pertinent de déchiffrer l'histoire en opposant très systématiquement l'homme et la femme car en fait leurs relations s'avèrent beaucoup plus variées que l'on ne pourrait l'imaginer. Il y a des domaines où l'homme semble détenir une autorité incontestable, mais il y en a d'autre où la femme possède un réel pouvoir.

Au sein même du christianisme il existe un pouvoir religieux féminin, qui peut s'exprimer d'une manière tout à fait officielle, comme le pouvoir de l'abbesse sur les moniales, c'est à dire celle qui dirige le monastère. Dans le royaume mérovingien on leur confie même l'exercice de pouvoirs politique, et le pouvoir féminin est incontestable dans le domaine de la mythique, ces femmes visionnaires qui prétendent avoir une relation directe privilégiée avec le monde du divin. Ce lien direct revendiqué, nous le trouvons dans le monde païen avec la sorcellerie, et nous pouvons reconnaître l'existence d'un chamanisme féminin.

 

L'Eglise et le Mariage

 

Depuis l'Antiquité romaine, la cellule conjugale ne cesse de s'affirmer et de conquérir son identité symbolique et matérielle. Il y a un phénomène important, celui de la conjugualisation de la famille. Il y a une affirmation de l'identité du couple au sein de la famille, et elle s'explique par la valorisation du mariage, notamment dans le christianisme. Le mariage est depuis longtemps une réalité juridique, il s'enrichit dans le monde chrétien d'une réflexion religieuse et d'une symbolique jusqu'alors inconnue.

Georges Duby considère que cette christannisation très lente du mariage voyait le triomphe d'une morale qu'il appelait la morale des prêtres qui auraient vaincu la morale des guerriers. C'est une morale indissoluble, structurée autour de trois idées de Saint Augustin. Le mariage chrétien aurait donc vaincu, se serait imposé à une morale des guerriers, un mariage des nobles plus endogame, s'accompagnant de répudiations, de pratique assez larges du concubinage et dont la finalité est de transmettre des valeurs familiales. Néanmoins d'après Duby, la victoire du mariage n'est possible que grâce aux points de convergence entre ces deux mariages : le rôle reconnu au père de famille et l'importance accordée à la dépendance, au coeur de la cellule matrimoniale.

 

 

Principaux fondements

 

D'après la Bible et d'après tous les commentateurs, le mariage a été fondé au moment de la création, il a été voulu par Dieu dés l'origine du monde. L'institution du mariage est naturelle et paradisiaque car antérieure au pêché originel, et elle a été restaurée par le Christ. Il affirme qu'il faut revenir aux fondamentaux, l'homme ne séparant pas ce que Dieu à uni. L'union est alors indissoluble et ramène l'homme dans un état paradisiaque. Saint Paul, peu après la mort du Christ, précise dans ces lettres que le mariage est un mystère, traduit par sacrement. Il insiste sur la dimension proprement religieuse du mariage. Il hausse le mariage à un niveau proprement religieux, il lui donne une signification religieuse et même spirituelle. Selon lui, il s'agit d'un mystère. On ne peut pas le comprendre. Il est que l'union entre l'homme et la femme est l'image de l'union qui existe entre le Christ ressuscité et son Eglise. L'union doit être la même que celle qui unit le fidèle à Dieu et dans celle-ci chacun des conjoints ne s'appartient plus et les deux forment une communauté indissoluble unie par un amour divin. Aux origines de la réflexion chrétienne, il y a donc une profonde importance accordée à l'acte du mariage qui le hausse à un niveau religieux qu'il ne connaissait pas jusque là.

 

C'est le don mutuel entre les époux qui fait l'objet de la réflexion théologique, jusqu'à faire du mariage un sacrement à part entière à partir du XIIème siècle. Cette réflexion religieuse ne peut avoir que des conséquences en matières de moeurs, et en matière juridique. Elle suppose une égale dignité des conjoints, de l'homme et de la femme au sein du couple et suppose aussi une morale de réciprocité. Comme le dit un évêque au début du Ixème siècle, Jonas d'Orléans, affirme de manière très forte qu'« il n'est pas permis à l'homme ce qui ne l'est pas à la femme. » Le fait même que cet évêque de l'époque carolingienne affirme cela est significatif de l'importance de l'époque carolingienne. C'est à partir de cette époque que le mariage est proposé en modèle social, comme étant même la caractéristique du laïque.

Il y a donc une chronologie dans la christianisation du mariage que l'on va devoir suivre. Le principal souci des clercs est d'assurer l'indissolubilité du mariage, et pour ce faire l'Eglise de petit à petit intervient de pus en plus dans les questions matrimoniales et en vient à déclarer que la question du mariage relève de ses tribunaux.

 

 

I – L'Eglise et les stratégie matrimoniales

 

Nous savons depuis des travaux anciens que le don et le contre don, en particulier le don de la femme, constitue un aspect essentiel des relations sociales. Dans ses sociétés holistes, l'union matrimoniale participe de ces pratiques de régulation sociale et sous-tend des stratégies familiales. Si la tradition romaine insiste sur les consentements, elle ne remet jamais en cause les stratégies familiales.

 

 

1) le fondement des mariages chrétiens

 

Depuis les travaux d'anthropologues connu, notamment les travaux de Mauss et de Claude Lévi-Strauss, nous savons que le don et le contre don, en particulier celui de la femme, constitue un aspect essentiel des relations sociales. Elles participe de ces pratiques de régulation sociale, où l'intérêt du groupe est essentiel, de sorte que l'union matrimoniale est sous tendue par de véritables stratégies dont l'objet est naturellement la promotion des intérêts de la famille.

La traduction juridique romaine et chrétienne, consensualiste en ce qui concerne le mariage, n'est pas pour autant individualiste et ne cherche pas à rompre les stratégies familiales. La réalisation d'un mariage engage profondément la famille, des familles qui se trouvent désormais très étroitement unies, surtout quand survient une descendance, naturellement connue, qui est le fruit de l'union. Le mariage est, pendant longtemps, le fruit d'un accord entre deux familles, entre deux parents. C'est ce qu'il est dans les faits pendant très longtemps. Comme en témoigne une union racontée dans une chronique germanique écrite par Piermat de Berbour. Dans sa chronique, cet évêque raconte un épisode qu'il a connu, il raconte l'union entre deux personnes de la noblesse germanique entre un certain Werber et Niutgade. Or, il nous dit que c'est le père de Werner qui remarqua la beauté de la jeune fille, et après, il proposa au père de la jeune fille qu'elle épouse son fils.

C'est d'abord une amitié, une alliance entre les deux familles qui a lieu au cours d'une rencontre, et c'est là que les deux chefs de famille promettent de contracter cette alliance, c'est à dire de marier ensemble leurs enfants.

Or nous apprenons peu après dans la suite de la chronique que le père de la jeune fille a décidé de rompre les fiançailles. Celui-ci était empereur . Par intérêt politique, mais surtout par orgueil, jugeant sa fille trop noble pour le jeune homme, il décide de rompre les fiançailles des deux jeunes. Le mariage s'accompagne donc d'une alliance entre deux familles, d'un pacte d'amitié et permet de renforcer une alliance politique. Ce phénomène est encore accentué à partir du XI ème siècle avec l'hérédité de toutes les charges comtales, des seigneuries, de toutes ces honneurs.

D'autant que les filles elles-même peuvent hériter en l'absence de frère héritier masculin. Les mariages permettent d'avoir de véritables politiques territoriales comme cette union célèbre de 1112, lorsque le comte de Barcelone épousa Douce de Provence. C'est une union territoriale fondamentale dans ces pays de la Gaule, et qui changent la donne politique et territoriale. De ce fait, le mariage peut aussi obéir à une autre impératif, pas seulement l'extension territoriale mais aussi l'enrichissement, l'ascension politique d'une famille. Il peut permettre à une famille de s'élever socialement; grâce à la dote notamment ( biens donnés lors du mariage au nouveau couple par les parents de l'épouse ) et le douaire ( biens donnés par le mari à sa femme. )

C'est une pratique constante, au Moyen-Age, on accompagne systématiquement un mariage de l'accomplissement de la dote et ou du douaire : « il n'y a pas de mariage sans dote. »

De la sorte les unions matrimoniales permettent de renforcer la légitimité d'un pouvoir, et pour une famille plus modeste de connaître une élévation, une ascension sociale, ou de renforcer la noblesse d'une famille noble. Ce sont des mariages isogamiques, entre des personnes de même rang social, ou bien des mariages hypergamiques, c'est à dire des mariages dans lesquels l'épouse occupe une position sociale supérieure à celle de son époux.

Exemple assez célèbre des comtes de Flandres aux X ème et XI ème siècles. Au départ la Flandres n'est qu'un tout petit comté, autour de la ville de Bruges. Le comte de Flandres parvient à étendre son pouvoir jusqu'à la ville de Lille qui à cette époque n'existait pas encore. On a donc ici l'ascension assez rapide d'une famille, au départ issue de petite noblesse, qui devient une des principales principautés territoriales à partir de l'an mil. Cette extension territoriale n'a pu s'effectuer que grâce à des unions prestigieuses et véritablement hypergamiques : unions entre un comte de Flandres dont le prestige est relativement modeste qui épousent des femmes de rang social supérieur au leur. Baudoin V épouse la fille du roi de France. Ce qui permet à la famille d'ancrer son autorité et d'accroitre son prestige.

Ces mariages inégalitaires peuvent aussi permettre de garantir la fidélité de personnes d'un rang plus modeste. C'est une politique systématiquement menée en Catalogne au XI ème siècle puisque comme l'ont bien remarqué certains historiens, la noblesse connaît un échange dissymétrique généralisé : les pères marient leurs filles aux vicomtes de sorte à garantir la fidélité de la famille. C'est un échange qui a pour but de conforter la pyramide politique.

A l'opposé de ces pratiques, le mariage par rapt se trouve lui fermement condamné, par l'Église et le droit civil. Il constitue dans ces sociétés l'un des crimes les plus graves. Le rapt de la femme par son futur mari échappe aux stratégies familiale, il introduit le trouble et la division entre les familles. Revenons à l'exemple de Werner. En réaction à la rupture des fiançailles, Werber décide de ravir son ancienne fiancée et décide de l'enlever du monastère où elle était éduquée, mais l'abbesse s'opposa fortement à son action. Il réussit cependant à s'emparer de son ancienne fiancée mais face à l'opposition de l'abbesse, il fut obligé de rendre son ancienne fiancée, de demander pardon et de proposer une réparation financière au bénéfice du monastère. Il ne persista pas dans son rapt. Ce ne fut qu'après l'assassinat de son père, et après la mort du père de la fiancée, que celle-ci fut rendue à son fiancé. C'est ce que précise l'évêque à la fin de son récit.

 

Certains historiens ont pu penser que la tradition consensualiste contredisait ces stratégies familiales. L'Église se serait inscrite dans cette tradition et aurait accentué ce phénomène.

 

 

2 ) Le consensualisme contre les stratégies familiales?

 

Ilne faut pas opposer de manière radicale cette exigence romaine et canonique de consentement des époux à la pratique des stratégies matrimoniales. La mariage nécessite le consentement des intéressés. Ce n'est pas l'union sexuelle qui fait le mariage mais le consentement. Il ne peut y avoir de mariage s'il n'y a pas consentement de tous, c'est à dire de ceux qui se marient mais aussi de ceux qui ont sur les futurs mariés la puissance, c'est à dire les parents des fiancés.

Le mariage romain est donc consensuel, des mariés, mais aussi des parents.

 

Ce consensualisme, qui est incontestablement une caractéristique de la liberté dans une perspective romaine, n'a jamais empêché les mariages. Le père est responsable de la famille, et le droit romain ne remet pas en cause la validité d'un mariage forcé, même si les consentements sont forcés, il y a mariage. Le consensualisme est donc stricte. Le refus du père ne semble pas empêcher de contracter l'union. Il entraine simplement une absence d'héritage. Le droit romain ne met pas de côté les intérêts du groupe car un mariage qui serait réalisé en dehors du consentement des parents serait puni par une exclusion des mariés de l'héritage parental.

Les spécialistes du roi canan s'inscrivent dans cette logique consensualiste. Les canonistes ne dissocient jamais le consentement mutuel de l'accord des parents. Il faut qu'il y ait accords des intéressés et des chefs de famille. Le cadre juridique romain perdure donc, à la fois dans la théorie et dans les faits, et la logique consensualiste n'est jamais utilisée par l'Eglise contre les stratégies matrimoniales .

De manière assez significative, les chroniqueurs, les hagiographes, ne signalent que très rarement le consentement des époux. En fait, l'idée même d'un consentement plus individuel, échappant aux logiques familiales, les contredisant même n'apparait que tardivement, à partir de l'an mil. Sous la plume de Piermat de Berbour avec une dimension personnelle amoureuse qui pousse à contredire l'avis d'au moins une des deux familles.

Si l'enjeu est avant tout familial, l'amour est aussi présent. A partir de l'an mil, on a l'impression que l'amour commence à gagner en consistance et à pouvoir aller contre les stratégies familiales. A partir de cette époque, les auteurs le disent, le mettent en avant et surtout ne le condamnent pas. La promise fut enlevée à l'abbesse, malgré ses résistances, et avoue après au père de Wermer qu'elle préférerait être aux côtés de son fiancé plutôt qu'enfermée dans le monastère. L'évêque n'hésite pas à nous signaler le consentement de telle ou telle épouse à son mariage. Il y a donc là la preuve que le consentement est quelque chose d'important. L'amour prend suffisamment de consistance pour pouvoir positivement contredire les logiques familiales. Par la suite, certains clercs commencent même à réfléchir sur le problème de la contrainte au mariage a partir du XI ème siècle et sur le lien qui existe entre le consentement et l'amour. Un des exemples les plus célèbres est celui de l'évêque Yves, évêque de la ville de Chartres, qui est un personnage connu car très proche du roi, est aussi l'un des premiers qui réfléchit sur le droit canon et sur le problème de consentement au mariage et plus particulièrement du consentement absolu de la fiancée pour attester de la validité d'un mariage. Il affirme que systématiquement il doit avoir lieu pour que le mariage puisse être jugé valable. Si ce consentement est absent le mariage n'est pas valide. C'est une nouvelle rupture dans la tradition du mariage. Selon lui, cette nécessité de vérifier le consentement de la fiancé est présente surtout dans les mariages arrangés de personnes issues de la noblesse car il paraît évident que ce genre de pratiques était courant pour cette classe de la société de l'époque.

Une deuxième lettre s'avère intéressante pour étudier cette relation entre le mariage et l'amour, ou du moins une affection. Il pose la question d'un mariage qui aurait lieu sans amour afin de justifier la séparation des couples des libres et des serfs. Une union entre un homme et une femme où n'est pas préservé le commandement de l'amour ne contient pas le consentement du Christ. Il place l'amour au coeur du mariage, un lien direct entre l'amour et le consentement est établit et c'est ce qui fait la validité du mariage. Selon lui, l'amour constitue un critère juridique du mariage, alors qu'avant ce n'était qu'une réflexion théologique. Il lui donne une efficacité pratique réelle. S'il n'y a pas de consentement il n'y a pas d'amour et donc pas de mariage.

 

Après avoir étudié ce problème du consentement et des changements qui s'opèrent nous allons étudier un deuxième problème : celui de l'indissolubilité.

 

 

II – L' Église et l'indissolubilité

 

 

Nous avons que l'idéal chrétien du mariage réside sur une idée d'indissolubilité, notamment dans la Genèse, on apprend que l'Homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils seront deux en une seule chaire. Il y a une rupture nécessaire entre le moment où les enfants partent et le moment où le garçon et la jeune fille s'unissent pour créer une seule chaire.

Le mariage à Rome peut annulé dans le cas d'une répudiation, ou de faute grave. Le Christ est resté fidèle à cette image de monogamie. Il la restaure et renforce l'indissolubilité : Que l'homme ne sépare pas ce que dieu a uni.

Celui qui renvoie son épouse et en épouse une autre commet l'adultère et il y a une réciprocité au sein du mariage. La fidélité s'impose aux deux conjoints, de sorte que ni l'homme ni la femme ne peuvent répudier leur conjoint, cependant l'évangile de St Mathieu ajoute « sauf en cas de fornication » ce qui est compris comme la possibilité laissée, voir même une obligation, de renvoyer le conjoint infidèle. Cette interprétation est complètement spirituelle, la trahison d'une personne envers l'Eglise.

Malgré la persistance de cette incise, l'idéal reste celui d'indissolubilité et les pères d'églises insistent bien là-dessus. Saint-Augustin, lui, hésite. Ce qui est sûr, chez les pères de l'Eglise, c'est que le mariage est un mariage monogame et indissoluble. Il est présenté comme un bien, il est un remède à la concupiscence, au désir de l'autre. Saint Augustin, ramène le mariage au paradis. Il est d'origine paradisiaque, créé avant le pêché originel. Saint – Augustin considère en effet que le mariage est un bien voulu par Dieu au paradis, et qu'il permet trois biens : la descendance, la fidélité et le sacrement, c'est à dire qu'il procède d'une dimension religieuse. Il estime que le consentement doit être libre, qu'il doit s'accompagner de l'accord des parents, mais pour le reste il reprend le cadre romain, soit la liberté, le cadre d'une dote, et de fait les mariages continuent d'être pratiqués bien souvent à la mode romaine, avec un accord des deux familles, une cérémonie publique, la constitution d'une dote, les seuls interdits imposés sont d'ordre endogamiques et puis surtout des interdits d'ordre religieux puisqu'on déconseille fortement le mariage entre chrétiens et non chrétiens. Seulement voilà se pose dans les faits la question de cette indissolubilité, la question du divorce, la question de l'incise de Mathieu, la question de l'adultère, tout cela provoque la réflexion des théologiens chrétiens sur les fondements du mariages chrétiens.

 

 

Peut on se séparer d'un conjoint malgré cet idéal d'indissolubilité? Peut-il y avoir séparation? Si oui, s'agit-il d'un divorce?

Saint-Augustin réfléchit sur la possibilité d'une séparation en cas d'adultère, il hésite sur l'attitude à avoir face à cette fornication et donc à un conjoint adultère. Selon lui, la fornication, de premier ordre spirituel, peut aussi être d'ordre physiologique et elle concerne autant l'homme que la femme ( alors que quand on le lit on a l'impression qu'il ne concerne que la femme ) et permet le renvoi du conjoint infidèle mais sans qu'il y ait une possibilité de remariage. Il y a possibilité d'une séparation sans qu'il y ait véritablement un divorce puisqu'on ne peut pas se remarier. De fait, par la suite, c'est cette solution, celle de la séparation, qui est généralement retenue dans l'Eglise. On considère qu'il est possible de se séparer, mais les personnes ne peuvent pas, normalement, se remarier. Nous retrouvons une attitude identique, une continuité dans les principes avec toujours une affirmation de la nécessaire dissolubilité ou la possibilité de se séparer.

 

A partir de l'époque carolingienne, le mariage commence à devenir une affaire d'Eglise, il est pensé comme étant constitutif de la société chrétienne. Si donc les principes restent les mêmes, à partir du IX ème siècle les évêques interviennent plus pour faire respecter l'indissolubilité du mariage. Et au X ème siècle , le mariage relève des tribunaux ecclésiastiques, ce qui permet à l'Église de christianiser le mariage et de lutter contre le divorce et la répudiation. Certains conciles, évêques, autorisent non seulement des séparations mais aussi des remariages. Les situations sont parfois tellement complexes que l'on peut autoriser une personne à se remarier après l'échec d'une union. Le mariage devient véritablement, à partir du IX ème siècle, une affaire d'Eglise.

 

 

III - Le mariage, une affaire d'Eglise

 

Dans l'antiquité romaine le mariage relève des tribunaux civils.

 

1 ) La lutte contre la polygamie.

 

Le premier problème auquel se retrouve confrontée l'Église est celui de la polygamie, qui n'est théoriquement pas officiellement admise à Rome, même si le concubinage accompagnant le mariage légitime est présent. Cependant malgré la réprobation officielle du droit romain, cette polygamie de fait semble assez répandue dans les sociétés germaniques pré-chrétiennes et on s'aperçoit que dans un premier temps les clercs confrontés à cette situation dans un certain cas plaquent sur une polygamie officielle la distinction romaine et donc canonique (celle du droit ecclésiastique) entre l'épouse légitime et entre celles qui ne sont que des concubines et qui du coup ne devraient même pas exister. Cette analyse est fait dans le cadre de la biographie de Charles le grand ou Charlemagne. On sait qu'il a connu plusieurs femmes d'après ce que nous en dit son biographe; il eu après son mariage avec une princesse lombarde (fille du roi des lombard) et manifestement conserva cette femme malgré un remariage et on s 'aperçoit dans la biographie que celle-ci est considérée comme « concubine ». Il y eu donc un premier mariage légitime et un second mariage qui obligea son biographe qui lui a ainsi imposé un ligne d'écriture de polygamie biographe Eginhard sa 1ère femme légitime devient une concubine. Il ne peut pas dans la biographie avouer une telle situation polygamique. Qu'il évoque officiellement une situation de polygamie n'est pas possible pour l'époque, ce serait défavorable à l'Empereur. Il transforme donc certaines unions comme celle avec la fille du roi lombard comme une situation de concubinage ce qui est faux car c'était un mariage légitime. C'est donc un mariage monogame accompagné de concubinage et non pas une situation de polygamie, ou plutôt ce qu'il affirme.

Moines et clercs de l'époque carolingienne cachent cette situation de polygamie car c'est contraire aux principes de l'Eglise. Les épouses légitimes deviennent des concubines alors qu'il y avait très certainement une situation de polygamie.

Une deuxième étape dans la lutte pour la monogamie participe de la christianisation du mariage, franchie à partir du milieu du IX ème siècle, moment où les clercs ne se contentent plus de taire la polygamie mais exige désormais le respect stricte de la fidélité. Ils utilisent l'arme de l'excommunication, peine ecclésiastique la plus forte qui compromet gravement le salut de l'âme de la personne ayant pêché.

Voyons le cas de l'affaire qui secoue l'empire Carolingien au milieu du IX ème siècle avec le divorce de Lothaire II dans les années 850,860. L'empereur décide de se séparer de son épouse légitime et d'épouser sa concubine Velrat. Et alors que ce genre de comportement dans les époques antérieurs pouvait être plus ou moins tacitement acceptés, ne suscitaient pas de condamnation forte d'autant que Lothaire et Tuterge (épouse de début). Ils ne sont pas d'accord dans la décision de divorce, Tuterge étant furieuse d'avoir été répudiée et Lothaire II était désireux d'obtenir le soutien des autorités ecclésiastiques de son royaume. Celui-ci se tourne vers les évêques de Lautaringie et obtient leur soutien.

Cela dessine une ligne de fracture car il trouve des évêques pour le soutenir.

Tuterge décide de frapper plus haut dans la hiérarchie et se tourne vers le Pape qui alors exige la séparation des conjoints, et exige de l'empereur Lothaire II qu'il renvoie sa concubine Verlat maintenant épouse illégitime.

L'Eglise affirme ici de manière bien plus nette que la séparation éventuelle de conjoints ne peut être que décidée par des représentants religieux, et affirme sa supériorité juridictionnelle, les problèmes matrimoniaux ne relèvant pas des juridictions publiques mais ecclésiastiques.

 

Il y a donc bien un tournant à partir du IX ème siècle autour duquel l'Eglise exige désormais de la part des souverains et des grands nobles la fidélité conjugale, n'hésitant pas à utiliser l'arme de l'excommunication.

Malgré cela, vers l'an 1000, la polygamie perdure encore dans le monde de la noblesse, mais toujours sous couverture de concubinage, en transformant la polygamie par une monogamie accompagnée de concubinages, et ceux-ci sont cachés.

 

Voyons l'exemple du duc de Normandie, dont la famille est extrêmement puissante, car guillaume le conquérant est un duc qui conquit l'Angleterre et devint roi d'Angleterre. Ces ducs, jusqu'aux X ème et XI ème siècle, en fait jusqu'à Guillaume le conquérant, ils pratiquent tous la bigamie, même si ce sont de fervents défenseurs de l'Eglise. Ils font coexister un mariage « légitime » (ou présenté comme tel ) officiel avec une princesse généralement issue des régions environnantes dans un but politique, qui coexiste avec une union que les historiens qualifient d'à la danoise, c'est à dire avec une femme de rang inférieur présentée comme une concubine.

Mais pour eux il y avait quand même une sorte d'union légitime car ces femmes ont des enfants, qui sont légitimes, que ce soient ceux de la femme légitime ou de la concubine.

La polygamie demeure donc dans les faits toujours pratiquée vers l'an 1000, au X ème et XI ème siècles, et ne disparaît vraiment qu'au siècle suivant.

 

 

2 ) Le problème de la répudiation et du divorce.

 

Le deuxième problème auquel se heurte l'Eglise est celui de la répudiation et du divorce.

 

Nous avons vu qu'il y avait dans la doctrine chrétienne, réaffirmé par le christ l'idée que l'homme ne peut pas séparer pas ce que Dieu a uni. C'est une doctrine de l'indissolubilité qui valorise une union qui rapproche le couple, c'est à dire les deux personnes entre elles, mais ils se rapprochent aussi ainsi de dieu.

Il y a un Idéal de réciprocité, d'amour réciproque qui fait que la dissolubilité ne peut être touchée.

 

Cette doctrine heurte l'approche intégralement consensualiste qui justifie une liberté du divorce et qui encore très ancrée dans la société à la fin de l'époque romaine et au début du Moyen-Age.

Cette pratique du divorce et de la répudiation fait même partie intégrante des stratégies matrimoniales de la noblesse encore pratiquée en 1000 malgré l'interdiction de l'Eglise. Dans les faits, vers l'an 1000, la répudiation de la femme par son mari reste fréquente, notamment en l'absence de descendance.

Ce fut d'ailleurs l'argument de Lothaire II, qui avait déclaré sa femme stérile.

Au final malgré donc les progrès de la christianisation les séparations demeurent fréquentes dans la noblesse aux Xème, XIème, et XIIème siècles. Et certains clercs et moines, voient même parfois d'un bon oeil certaines séparations qui de fait tournent au scandale. Il n'y a donc pas forcément non plus une politique univoque et une forme de lutte contre toute forme de séparation, au contraire certaines sont acceptées. Ainsi en est il de l'union entre le compte de Poitiers Guillaume IV et Emma de la famille des comtes de Blois. Leurs péripéties nous sont connues grâce au récit d'un chroniqueur le moine pierre de Maizet qui avait pris l'initiative de dresser les origines de son abbaye et écrivit les aventures des deux personnes, nous racontant la séparation à l'initiative de la femme, séparation qui malgré les torts de l'épouse ne suscita pas de regard défavorable au regard du moine. Guillaume IV était adultère, il avait pris pour coutume de descendre chez un de ses vasseaux. A ce moment là, d'après le chroniqueur à cette époque, Emma décida de quitter son mari. Celle-ci venait d'une famille importante bien entourée et possédant de bonne relations pour la soutenir, ce qui la poussa à décider de quitter son mari et de retourner dans sa famille, plaçant ainsi guillaume IV dans une situation politique extrêmement délicate. Il se retrouvait du coup privé de l'alliance de la famille de Blois. Ainsi affaibli, il fut contraint de supplier son épouse de revenir habiter avec lui en 988. C'était une période de très fortes tensions où Emma parvint à s'imposer.

C'est une affaire très intéressante : on s'aperçoit que Emma dispose d'une puissance matérielle et politique non négligeable puisque en fait on a l'impression que c'est presque elle qui en premier lieu « répudie son époux » et le place dans une situation politique inconfortable, presque intenable. Elle parvient à s'imposer mais aussi elle voit sa situation considérablement améliorée lors de son retour à Poitiers car Guillaume IV augmente son douaire, donation faite lors du mariage, lorsqu'elle consent à revenir retrouver le retrouver.

D'ailleurs sur la fin de sa vie, c'est elle qui choisit l'épouse de son fils et pendant la minorité de son enfant et quand guillaume IV décide de se retirer dans un monastère elle assure le gouvernement. L'Église lutte donc pour assurer l'indissolubilité du mariage, qui est une lutte pour assurer la fidélité contre la polygamie, prenant parfois position pour conjoint étant dans une position injuste.

 

 

3 ) Sur quoi repose la christianisation des rituels du mariage?

 

Il a l'idée que le mariage possède une évidente dimension religieuse, mais le mariage n'est pas pas défini comme un sacrement à part entière. Il n'est pas encore reconnu officiellement de manière claire et nette, comme un sacrement. Il n'en demeure pas moins qu'il fait l'objet depuis la fin de l'Antiquité et au début du IX ème siècle il y a l'apparition d'une réflexion religieuse, et elle justifie la christianisation des rituels du mariage et la juridiction ecclésiastique.

Nous avons déjà vu la place essentielle que les écritures du nouveau testament accordent au mariage et à l'importance de l'amour conjugal. Il y a alors une donnée essentielle affirmée avec grande force par St Paul qui est que pour qu'il y ait mariage il faut qu'il y ait don total et réciproque.

 

L'amour est donc bien dans une perspective chrétienne au coeur de la relation conjugale.

Comme le dit St Augustin « les époux ont beau vieillir ensemble dans un mariage heureux et voir s'éteindre les feux ardents de l'âge, l'amour reste entre eux » et comme le dit un autre théologiens du XII ème siècle, « l'amour est sacrement et l'amour est le sacrement de l'homme. »

Cette exigence de l'amour justifie la réciprocité parfaite des obligations au sein du couple.

C'est aussi ce qu'affirme st Jerome qui dit «  tout ce qui est enjoint aux hommes rejaillit par voie de xonséquence sur les femmes » et jonas dit qu'« il n'est pas permis à l'homme ce qui ne l'est pas à la femme », ils développent là une idée d'interdiction de l'infidélité pour l'homme aussi bien que pour la femme.

 

Il y a là une très forte cdimension religieuse; et c'est cette dimension qui justifie la christianisation du mariage qui s'opére lentement. L'église peine à imposer sa voiso, des choses dans ce fomaine fondamental touchant à l'intime.

La présence du clergé pas répendue dans les mariages entre chrétiens, elle n'est pas considérée comme indispensable.

 

La christianisation des rituels ne commence que progressivement à l'époque mériovingienne, au VI ème siècle, avec la bénédiction du lit nuptial, effectuée par el prêtre aprés la cérémonie du mariage.

En fait là encore c'est le tournant carolingien qui est essentiel. Au IX ème siècle, les rituels commencent réellement à se christianiser. Jusqu'à présent les seuls rituels pratiqués étaient ceux qu'il y avait dans tous les cas comme dans la société romaine l'échange des consentements entre les futurs époux avec l'utilisation d'une forme rituelle qui est la jonction des mains de l'époux et de l'épouse. Il y avait aussi donation d'un anneau, d'aillleurs dés l'époque romaine il est porté à l'annulaire car il y aurait dans ce doigt une veine reliée directement au coeur. Puis un cortége est effectué jusqu'au domicile où l'on emmenait l'épouse, et la fête pouvait continuer au domicile des deux époux.

 

A partir du IX ème siècle, les rituels se christianisent, et apparaît au IX ème siècle une messe de mariage.

On ne sait pas trop si elle est beaucoup pratiquée à l'époque. Mais les premiers rituels chrétiens ont alors lieu surtout les mariages royaux.

L'Église commence à intervenir pour interdire certains débordements lors des noces : car la cérémonie du mariage s'accompagnait souvent de nombreux festins, d'un banquet nuptial accompagné d'inhibation, à l'époque célébrer les noces se

disait aussi « boire a la noce ».

En suéde pré-chrétienne on utilise même l'expression de brasser la noce, car elle était accompagnéee d'une consommation de bierre importante; le fait de boire de la bierre dans les pays germanique permettait de participer pleinement à la cérémonie nyuptiale et c'était ceux qui buvaient la bierre qui portaient le témoignage de l'union matrimoniale.

Au XIII ème siècle, dans les pays scandinaves il restait admis que si on avait pas bu telle quantité de bierre, le mariage n'était pas valable.

 

C'est donc à partir de l'époque carolingienne que l'on voit apparaitre des condamnations de certains débordements dans les cérémonies.

L'Eglise n'hésite pas meme à interdire la cérémonie certains jours accordés a certains dieux paiens en scandinavie, les jour de mercredi et de vendredi.

 

Néanmoins les rituels chrétiens du mariage dans les faits parviennent véritablement à s'imposer à partir du XI ème siècle et surtout du XII ème siècles, où ont lieu les premiers échanges de consentement devant l'Eglise. Les premiéres descriptions de messe de mariage ne datent que du XII ème siècle. Par la suite se développe l'échange des consentemets devant l'Eglise puis une messe pratiquée dans l'Eglise.

 

 

4) Le mariage devient une affaire d'Eglise. La juridiction ecclesiastique.

 

Jusqu'au IX ème siècle, le mariage relevait des juridictions civiles comme aujourd'hui ceux qui se marient à la mairie.

L'église répond à des demandes de laics..

Les papes et les évêques qui sont les seuls à légiférer en matiére matrimoniale ils promulguent des normes en matiére de mariage et il sont les seuls à juger les affaires matrimoniales de

séparation et d'adultére.

Les assemblées de clercs interviennent surtout à partir du XI ème siècle afin de condamner les unions adultéres, les unions endogamiques, le divorce, la bigamie, la polygamie...

 

Il s'agit surtout à partir du milieu du XI ème siècle de réformer l'ensemble de la société sous le cadre de la réforme grégorienne, avec l'objectif de veiller à ce que le mariage chrétien monogame soit le propre des laïcs, il marque une séparation entre les clercs et les laics beaucoup plus nette.

La question matrimoniale joue un rôle essentiel à partir milieu du XI ème siècle, le mariage est donc un instrument de réforme de la société.

 

De fait l'Eglise parvient en partie à imposer son approche beaucoup plus chrétienne du mariage. Les résultats obtenus se mesurent en quelques sortes a contratio par le détournement des laics des normes matrimoniales imposées par l'Eglise qui

sont maintenant tellement bien connues par les nobles qui les utilisent pour les détourner de leur finalité de base, leur but étant soit une séparation, soit le renvoi, la répudisation d'une épouse.

Rappelons le passage de lévanglise de mathieu, qui laisse la possiblilité de rupture de l'union matrimoniales dans la mention « saud en cas de fornication ».

 

Existe t'il alors une séparation? Il y a t'il l'existence d'un divorce?

Les moines utilisent cette possibilité pour essayer d'obtenir la rupture d'unions qu'ils ne souhaitent pas prolonger, instrumentalisant les normes de l'Église contre elle-même. On peut prendre pour trouver cela les affaires matrimoniales qui ont émaillé le XI ème siècle.

La plus intéressante est celle d'almodis, comtesse de la marche, fille de comte, elle est donc d'un rang social important. Mariée vers 1035 au sir de lusignan, hugues, sa carriére commence juste. Plus tard, vers 1040, elle est mariée au comte de toulouse, elle donne quatre enfants au compte de Toulouse avant d'être enlevée en 1054,55 par le comte de barcelone, cet enlévement est fait manifestement alors qu'elle etait plutot consentante.

Le comte de Barcelone répudie alors son ancienne épouse, appelée Planka, et épouse officiellement Almodis. Le comte de barcelone, raymond de beranger est excommunié par le pape car son union illégitime est considérée comme un adultére, le pape ayant été informé par Planka.

On constate que c'est le comte qui soutenu par la plupart des évêques catalans et qu'il finit par s'imposer en ayant le soutien des évêques et parce qu'il avance l'existence d'une consanguinité entre les anciens époux et présente sa nouvelle union comme étant la véritable union, qui lui permettrait de se mettre en régle avec l'église, pour se remettre dans son ancienne union endogame donc illégitme.

 

Ceci est un exemple des pratiques de cette époque, les nobles instrumentalisant les normes ecclesiastiques. Raymond de Beranger parvient même à relever l'excommunion du pape.

Cette christinaisation progressive du mariage s'accompagne d'une réforme de la société a partir du milieu du XI ème siècle, une réfomre plus générale où les clercs sont désormais sommés de respecter le célibat ecclesiastique.

 

 

5) Les clercs ou le mariage refusé

 

La société de l'an mil esy inctontextabemet traversée par un courant insistant sur la maîtrise des corps et des pulsions sexuelles, sur l'importance de l'acése, du jeune, de l'abstinence, afin de renforcer la qualité de la prière et de lutter contre les tentations de la chair.

Ce courant ascetique traverse la société particuliérement de manière forte au X ème et XI ème siècle, avec l' exemple des réformes monastiques de cette époque. Essor de monastéres et de certaines hérésies qui justement elles aussi témoignent d'une volonté de lutte ccontre la tentation charnelle, et qui va même plus loin car le courant va jusqu'à prôner le refus du mariage et dela procréation.

Cette lutte est menée par les réformateurs à partir du milieu du XI ème siècle, ils luttent contre le nicolaïsme, c'est à dire la sexualité des clercs, nicolas étant un clerc des premiers temps de l'Eglise accusé de fornication matérielle.

 

 

6) Hérésies

 

En effet apparaissent des mouvements hérétiques, rapidement dénoncés par les évêques, réprimés par l'autorité publique, en l'occurence le roi de France. C'est un épisode bien connu, lorsque le roi de France Robert le Pieu réunit un concil à orléans, quatorze hérétiques sont remis au roi et le roi les fait brûler.

Cette peine pas appliquée, n'existait pas au moyen age. Elle s'inspire du droit romain, contrairement à ce que l'on a pu croire pendant longtemps les hérétiques, souvent appartiennent à des milieux tout a fait aisés, ce sont des clercs et des laïcs fortunés qui se trouvent condamnés.

Ces meurtres ne pevent donc s'expliquer par des raisons socio-économique, mais en revanche ils s'expliquent par un courant extrêmement ascétique qui s'exprime au travers de ces déviations.

Ces hérétiques en effet rejetten notamment le marage et les liens conjugaux.

A la même époque, un évêque écrit un traité, déclarant que « le mariage n'est pas un mal », ce n'est pas une cause de perdition pour l'homme.

 

Les hérétiques participent pleinement d'une époque marquée d'un fort idéal ascétique. Ils rejettent aussi tous les sacrements et l'abstinence d'aliments « impurs », comme la viande et les graisses « sales ».

Ils sont présents dans le nord de la France, ces groupes manifestent une pensée extrêmement dualiste

qui oppose de maniére stricte le bien et le mal et associe de maniére stricte le bien à Dieu et à l'esprit et mal à la matière et à Satan. Pour eux, tout ce qui est du corps est mal, ce qui est de l'esprit est bon.

Cette philosphie pousse a rejeter les sacrements notamment le mariage qui lie le corps à l'esprit.

Pour eux donc, il ne doit pas y avoir de noce accompagnée de bénédiction, il ne devrait peut être même pas y avoir de procréation mais plus généralement, on estime que chacun doit prendre s'il le souhaite la femme qui le souhaite, sans qu'il y ait christianisation des rituels.

Le refus du mariage et la débauche fonctionnent donc de paire, laissant l'abstinence sexuelle à une élite. La diffusion de ce type d'idées participe à un rejet de la matiére et à la promotion d'une pensée dualiste. C'est pour cela que ces hérésies participent pleinement de cette époque traversée par ce fort idéal ascétique.

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