Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 19:41

Bienvenue à tous sur le blog des étudiants de première année de sociologie de l'université de Poitiers

Vous trouverez ici les compte rendu des réunions qui auront lieu avec le département de sociologie, ainsi que les cours de rapports sociaux et de pensée sociologique, et ceux d'histoire moderne. Les cours seront postés au fur et à mesure pendant les vacances (logiquement à la fin de la première semaine des vacances tout devrait être là).

En attendant je vous souhaite bon courage pour vos révisions en vu des partiels et je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année ! 

Agnès

Par licence1sociologie-poitiers.over-blog.com
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 19:47

THEME 1 : DIVISION DU TRAVAIL, STRUCTURE DES EMPLOIS ET RAPPORTS SOCIAUX

Introduction:

 

I- Rapports sociaux et travail:

A- Première approche des « rapports sociaux »: quelques éléments d'histoire de la discipline sociologie et des significations sociales et politiques de l'analyse des rapports sociaux:

A-1: Comment la société s'inscrit dans l'individu ? Rapports sociaux, socialisation et individus:

 

L'individu s'inscrit dans une société dans une période historique donnée et toutes ses appartenances de groupe, de genre, de culture... vont déterminer ses actions. L'individu est une construction sociale, mais quel en est le processus ?

Les individus ont des appartenances multiples: culturelles, religieuses, sociales...; ils naissent ou meurent dans une société donnée et dans une époque donnée et, dès la naissance, ils commencent à intégrer ou intérioriser jusqu'à n'en avoir plus conscience, les normes, les règles, les interdits, les manières de faire, les contraintes.... de leur groupe d'appartenance c'est-à-dire, en premier lieu la famille et en deuxième le groupe de pairs, l'école, le genre, la religion, l'origine ethnique, le lieu d'habitation, le groupe professionnel... Et ce processus par lequel ils intériorisent ces normes est le processus de socialisation.La société imprègne durablement les manières de percevoir le monde chez l'individu, mais aussi les manières de se comporter: elle influence les perceptions et les actions des individus.

L'ambition de la sociologie est de comprendre et d'expliquer comment les attitudes individuelles sont le produit d'une construction sociale et comment ces attitudes individuelles s'inscrivent dans les rapports sociaux (solidarité, conflit, lutte entre les groupes sociaux). Comment expliquer que les façons de percevoir, de penser, de se comporter sont socialement construites: le goût esthétique, le vote, le choix du conjoint sont en fait socialement construits.

- L'exemple du choix du conjoint:

 

Homogamie sociale: mariage entre personnes d'une même classe sociale.

 

On pense que le choix du conjoint est déterminé par le hasard mais les sociologues montrent le contraire en expliquant qu'on a tendance à choisir son conjoint parmi la même classe sociale que soi-même. C'est une réalité sociale. Une enquête a été menée en 1999 et elle montre que par exemple, sur 100 ouvrières 59,2% sont mariées à un ouvrier et que seulement 3,7% d'entre elles sont mariées à un cadre. L'homogamie sociale s'explique par deux facteurs:

- 1er facteur: il y a un marquage social des lieux de rencontre: « n'importe qui ne traîne pas avec n'importe qui et pas dans n'importe quel lieu ». Deux démographes ont montrer un marquage social des lieux de rencontre: M.Bozon et F.Héran. Ils ont montrer que les membres des classes populaires (ouvriers, petits agriculteurs et une petite partie des employés) se rencontrent dans des lieux publics: les centres commerciaux, les cafés, les foires.... alors que les classes intellectuelles supérieures se rencontrent dans des lieux réservés et dont l'accès est matériellement contrôlé: boite de nuit privée, club; ou symboliquement contrôlé: associations, lieux d'études. Les cadres du privé, les dirigeants, les professions libérales se rencontrent eux dans des lieux privés: en famille, entre amis...

Ces différents lieux n'ont pas la même importance selon les classes sociales.

- 2ème facteur: l'homogamie s'explique par l'incorporation de critères du conjoint. Les appréciations sur les personnes se construisent à partir de catégories de perception qui ont été intérioriser et se différencient selon le lieu d'origine, le sexe, le milieu d'appartenance. F. de Singly montre que les hommes mettent en avant leur profession, leur revenu alors que les femmes mettent en avant leur physique. Il montre également que plus les hommes sont riches, plus ils sont exigeants en terme de beauté. F. de Singly a étudié les annonces matrimoniales et il nous dit que les femmes de milieux populaires cherchent un homme courageux, travailleur et que les homme de milieu populaire cherchent une femme simple.

Les critères d'appréciation varient selon le milieu social.

 

Synthèse: C'est une citation de Pierre Bourdieu de « Raisons pratiques » (1994). « Les gens qui se situent dans le haut de l'espace social ont peu de chance de se marier avec les gens qui se situent dans le bas. Car déjà ils ont peu de chance de se rencontrer (marquage social des lieux de rencontre) et s'ils se rencontrent, ils ne se comprendront pas vraiment et ne se plairont pas mutuellement (critères d'appréciation) . Au contraire, la proximité dans l'espace social prédispose au rapprochement: les gens inscrits dans un secteur restreint de l'espace social sont plus proches de par leur goûts, leurs propriétés et leurs dispositions et sont donc plus enclins à se rapprocher ».

 

- L'exemple du suicide:

Le suicide est un fait social qui a été très étudié par les sociologues et en particulier par Durkheim (1858-1971). L'objectif de Durkheim est de montrer que le suicide est un fait social qui peut donc être analysé alors que c'est un acte individuel théoriquement.

 

Fait social: → extérieur → extériorité/intériorité

→ contraignant

Un fait social est toutes les manières d'agir, de penser, de sentir qui existent en dehors des consciences individuelles (extériorité) et qui exercent une contrainte sur l'individu.

 

Extériorité: ces manières de penser, de voir le monde... préexistent à l'individu, elles sont déjà établies à sa naissance et sont donc inconscientes: dire bonjour, s'habiller, la langue, toutes les habitudes sociales. Elles ne naissent pas de l'individu lui-même mais existent avant lui.

Contrainte: ces manières de penser sont en quelque sorte obligatoire mais ne sont pas forcément ressenties comme contraignantes. C'est quand on ne respecte pas ces normes sociales qu'elles deviennent contraignantes à cause de la réprobation ou d'une sanction juridique.

Il y a un respect de ces normes sociales car il y a une incorporation, intégration de ces règles par l'individu. Les manières de penser et de voir d'un individu sont donc également construites socialement.

N. Ellias, auteur de « la civilisation des mœurs » montre l'évolution des manières de penser et de sentir au 16ème siècle dans une société structurée par une cour royale. Il nous dit que cette dernière disposant de ses propres manières de penser et d'agir va influencer la masse dans le sens que la masse populaire va chercher à se rapprocher de ce comportement royal, de se civiliser à la société de cour, à cette construction sociale: exemple, se moucher dans un mouchoir. Chaque individu intériorise des règles propres à son histoire, à son époque, à son lieu. Ces normes sociales émanent de la société dans son ensemble mais elle varient selon le genre, la culture, la religion. Toutes ces règles sont construites par un long processus historique et cela signifie que chaque individu doit parcourir pour son propre compte le processus de socialisation que la société a parcouru dans son ensemble. Chacun d'entre nous est le reflet de l'histoire longue de notre société et cela même sans avoir forcément conscience. C'est un fait extérieur à l'individu car il y a une intériorisation des normes par le processus de socialisation.

 

Il y a trois étapes à la démarche sociologique:

- la première étape: rupture avec le sens commun, avec ses prénotions c'est-à-dire rompre avec les idées répandues et souvent renvoyées à des préjugés, qui sont de fausses évidences, une explication spontanée d'un fait social. Exemple: les filles sont nuls en maths (voir « allez les filles » de C. Baudelot et R. Establet).

La rupture avec le sens commun est venue de Durkheim.

- la deuxième étape: observations des faits sociaux. Il faut se donner les moyens de regarder les faits sociaux comme des choses c'est-à-dire de l'extérieur et pour cela il nous faut un bagage d'outils méthodologiques qui permettent d'objectiver: les statistiques. Les statistiques permettent d'observer des régularités sociales telles que la reproduction sociale ou l'homogamie sociale. Avec les statistiques, Durkheim découvre que le nombre de suicides est pratiquement identique d'une année sur l'autre. Cependant, si le suicide était réellement un acte individuel, en aucun cas on devrait retrouver cette régularité. Il remarque également que les taux de suicides sont très différents d'une société à une autre. Chaque société à une attitude donnée au suicide.

- la troisième étape: la compréhension et l'explication des faits sociaux. Durkheim a inventé l'explication d'un fait social par un autre fait social. Durkheim se distingue de la psychologie: il ne veut pas qu'on explique un fait social par la psychologie. «Le fait social est premier, le fait psychologique n'en est qu'une sequelle ». Le fait psychologique est déterminé par le social, en effet la psychologie varie selon les sociétés.

Le suicide n'est pas seulement lié à des défaillances personnelles mais également à des défaillances qui s'inscrivent dans le cadre du travail et qui les isolent et les contraignent. On explique donc la « pathologie » par le social. Durkheim va montrer la corrélation entre le fait de se suicider et certaines variables comme le sexe, la profession, l'âge, la position matrimoniale. Et par exemple, il découvre qu'il y a plus de suicides chez les vieux que chez les jeunes: c'est une régularité sociale. Il va donner une explication en terme d'intégration sociale et va observer qu'on peut se suicider soit par défaut d'intégration ou par excès d'intégration sociale:

 

 

 

défaut

excès



intégration

Suicide égoïste:
individu isolé → explique le suicide des célibataires

Suicide altruiste:
individu tellement intégré que sa vie a peu de valeur par rapport à son groupe
→ explique le suicide dans les sectes




régulation

Suicide anomique:
insuffisance de règles sociales, normes floues donc perte de repères, de limites pour l'individu
→ explique le suicide en période de crise économique

Suicide fataliste:

trop de règles, trop de contraintes et de contrôle social → explique le suicide en prison

 

Il y a donc, selon Durkheim, 4 grands types de suicides.

 

 

Conclusion:

Chaque façon de penser, d'agir est le produit d'une intégration, d'une socialisation. Ces façons de penser et d'agir sont marquées socialement: elles dépendent de la religion, de la culture, du sexe...

 

2) rapports sociaux, stratifications sociales et hiérarchies sociales:

Analyse des rapports sociaux = analyse de la société donc analyse des différents groupes qui composent la société, leur rapport et les hiérarchies qu'ils établissent entre eux. Toutes les sociétés connaissent des hiérarchies qui déterminent des inégalités dans l'accès aux ressources: ressources matérielles, immatérielles (cultures, savoirs, pouvoirs). Ces hiérarchies sont socialement construites à partir de différences qui peuvent être naturelles, biologiques (sexe, âges, aptitudes diverses). Cependant, toute différence n'équivaut pas à une inégalité. Il y a une inégalité sociale à partir du moment où une différence permet d'accéder pour certains à des biens qui sont refuser à d'autres. Pour qu'il y ait des inégalités il faut qu'il y ait des ressources qui soient inégalement réparties. Ces ressources sont des critères de différenciation qui permettent de classer les individus: critères économiques, critères démographiques, culturels, politiques. La hiérarchie sociale désigne ainsi tout un ensemble social caractérisé par une échelle de pouvoirs, de richesses, de privilèges, de situations qui impliquent la subordination(ou la domination) des échelons inférieurs aux échelons supérieurs. Étudier la structure sociale et cette stratification, c'est analyser comment la société est organisée et selon quels critères elle hiérarchise les individus et les groupes sociaux.

 

Différences → hiérarchies → inégalités

 

Un des objet de la sociologie est d'essayer de comprendre comment une différence devient un critère de hiérarchisation sociale et donc un critère d'inégalité.

 

Les différences n'ont pas la même signification selon les sociétés: être jeune ou vieux en France ou au Sénégal n'a pas la même signification. Comment un système social rend légitime une hiérarchie sociale ? La sociologie c'est étudier les inégalités et comment elles sont hiérarchisées.

Cette démarche d'analyse s'inscrit dans la période historique dans laquelle se constitue la sociologie.

Jusqu'au 18è s → c'est la société d'ordre: les inégalités sont justifiées par l'ordre divin, sont nécessaires. La religion a légitimé les hiérarchies sociales. Mais les philosophes des lumières marquent une rupture avec cette vision divine de la société et proposent un projet égalitaire: égalité des droits pour tous les hommes. Les hiérarchies sociales sont donc considérées comme injustes et la sociologie s'inscrit dans le projet de remise en cause des hiérarchies sociales. Elle nait à la fin du 19è siècle, dans une société en plein bouleversement (révolution industrielle) et dont les structures de la société sont elles aussi bouleversées. On découvre un nouveau rapport de subordination qui est celui du salariat, ce qui oppose deux nouvelles catégories: les possesseurs de moyens de production et les ouvriers. Les inégalités n'ont fait que de se déplacer. Comment la société légitime ces inégalités ? Il n'y a plus de vision divine qui légitime les inégalités. Un des projet de la sociologie est donc d'étudier comment la société se transforme et donc d'étudier les structures sociales.

 

3) Rapports sociaux, déterminismes et mobilités:

A partir du moment que les hommes sont considérés libres et égaux en lois, que le statut social n'est pas déterminé par la naissance (fin des privilèges), alors il y a une ouverture des destins pour chacun: le destin de chacun n'est pas, à priori, déterminé par la naissance. Cela signifie que chacun peut changer de place dans la société (mobilité sociale), on est pas obliger d'occuper la même positions sociales que son père; ce qui signifie donc aussi des possibilités d'ascension sociale. La sociologie se donne pour objet d'analyser la réalité empirique de cette croyance. Elle va analyser le déterminisme qui pèse. C'est essayer de comprendre ce qui détermine des mobilités ou au contraire des immobilités, et d'analyser ce qui détermine le passage d'une situation à l'autre. Il y a également tout un rang de la sociologie qui analyse les effets de cette mobilité sur les volontés individuelles.

 

Voir Annie Ernaux: La place; Les armoires vides.

 

 

Ces inégalités se construisent à partir d'un certain nombre de critères, notamment celui du travail et de l'emploi; autrement dit celui des classes sociales.

 

 

B- La question du travail et des classes sociales:

C'est désormais l'activité économique qui détermine la hiérarchie dans la structure sociale. Il y a un changement de perspective, ce n'est plus l'ordre.

1) Le tournant de la révolution industrielle: changement des structures sociales et émergence de la « question sociale »:

Au cours des 17è – 18è- 19è s, il y a une transformation: c'est l'apparition d'une société industrielle. Petit à petit, il y a une rationalisation du travail de manufacture: la division technique du travail et on va déposséder les ouvriers de leur instrument de travail mais aussi de leur savoir-faire. Il y a une industrialisation qui s'accompagne d'une concentration, et d'une urbanisation qui transforment les modes de vies, l'habitat, les liens interpersonnels. Le développement de l'industrie qui passe par la mécanisation et la rationalisation du travail bouleverse les structures sociales: on à la fois le grossissement d'une nouvelle classe, d'un nouveau groupe social (ouvrier), la mise en place d'une hiérarchie qui est nécessaire au fonctionnement, et puis le développement de toute une partie administrative. On assiste également a la montée d'une bourgeoisie, bourgeoisie industrielle et au développement de classe laborieuses soumis à des conditions de vie et travail difficiles. Le travail se sépare alors progressivement de la sphère domestique, il donne lieu à une rémunération, à un contrat ( a une valeur marchande). Dans ces modifications qui instaure le travail comme nécessité, le travail va changer de statut.

 

 

2) Changement de statut donné au travail:

Société pré industrielle: le travail a des conditions méprisables → c'est une activité réservée aux pauvres, à ceux qui n'ont que leur force de travail. Le travail est considéré dégradant et les classes dominantes (aristocratie) font tout pour échapper à un travail qui s'approche de l'artisanat ou qui est nécessaire pour vivre. Les classes dirigeantes ne s'abaissent pas au travail.

Sociétés industrielle: il y a un changement de valeur et du statut du travail. Le travail constitue un groupe social montant: les industriels s'enrichissent et constituent un nouveau pouvoir (la bourgeoisie industrielle), ce qui est un facteur du regard valorisé du travail car il est pensé comme le moyen central de créer de la richesse. Cette transformation s'accompagne d'une série de discours: politique, religieux, philosophiques qui valorisent le travail. Il y a 5 courants de pensée qui valorisent le travail, qui font du travail l'élément central du classement des individus:

- décision politique qui se traduit à la fin de la période féodal: ceux qui ne travaillent pas sont stigmatisés: les vagabonds, les mendiants.... qui sont les sources de perturbations, de dérangement social. Au 17e siècle: obligation de travailler, interdiction de la mendicité, de l'aumône et de l'assistance; ce qui permet de mettre tous ceux qui vagabondent au travail. Vision politique qui fait du travail le seul conduit pour occuper une place dans la société.

- développement de la religion protestante qui va donner au travail une signification religieuse. Selon Luther: vivre selon les commandements de dieux ce n'est pas se retirer du monde mais c'est au contraire y participer du mieux possible et y participer à travers le travail. Le travail est une fin en soi, c'est le travail qui permet au quotidien de manifester son amour de dieux: le travail est une manière d'accomplir sa vocation. Luther estime que l'enrichissement lié à son activité de travail, est un signe de l'élection divine; ainsi chaque protestant cherche l'enrichissement par son travail qui est signe de divinité.

C'est ce que Max weber a appelé l'éthique protestante: il a montré un lien de corrélation entre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme.

- dans l'esprit des philosophes des lumières (18è s), le travail permet aux individus de s'émanciper; ils voient dans le travail une manière pour les individus d'accéder à une égalité économique et sociale et ainsi de mettre fin à la société d'ordre qui privilégie l'oisiveté. «  un homme n'est pas pauvre pas parce qu'il n'a rien mais parce qu'il ne travaille pas »: Montesquieu

- le développement de l'économie politique: Adam Smith et Ricardo vont voir le travail comme créateur de richesse mais aussi comme instrument de mesure de la richesse notamment du fait que la valeur d'un bien se mesure en fonction de la quantité de travail qui a été nécessaire à sa production.

- Karl Marx donne un rôle central au travail: c'est l'évolution du travail qui est au cœur du processus de transformation des sociétés et principalement de transformation du capitalisme.

 

 

3) Les fonctions sociales du travail:

Le travail structure la société, c'est sa fonction centrale. C'est aussi ce qui conduit un certain nombre d'analyses à faire du travail une fonction d'intégration sociale; c'est le cas de Durkheim qui dans « de la division du travail social » analyse la fonction intégrante du travail en montrant de quel façon le travail créer le lien social et socialise les individus.

 

- le lien social:

Durkheim fait des analyses sur le risques de désordres sociaux, sur la montée de la « question sociale » c'est-à-dire sur le développement de la criminalité, de l'alcoolisme... et donc les craintes sont celles d'une dangerosité sociale, du délitement du lien social. Durkheim va montrer le passage d'une solidarité mécanique à une solidarité organique.

 

Solidarité mécanique: se développe dans les sociétés traditionnelles, les communautés villageoises → un nombre faible d'individus qui se fréquentent, se connaissent, ont des histoires communes et une donc uneressemblance sociale. Il y a une proximité.

Solidarité organique: se développe une densité démographique dans les villes ce qui amène au développement d'une densité morale = multiplication pour un individu des communications et des échanges qu'il peut entretenir avec d'autres individus. Dans les villes, les individus sont plus nombreux et se côtoient sans nécessairement se connaître et partager d'histoire commune, ils ne sont pas unis par des liens communautaires (pas la même position sociale). Ce produit alors du lien par la division du travail, en poussant les individus à se spécialiser dans une activité et donc à s'en remettre aux autres personnes pour ce qui ne lui est pas spécifique. Cette division du travail sociale va conduire à la solidarité organique: les individus se différenciant vont être interdépendants les uns des autres. C'est cette complémentarité qui crée une solidarité organique car chaque individu représente un organe de la société. C'est cette solidarité qui est spécifique aux sociétés modernes. La solidarité est alors fondée sur le travail.

Durkheim étudie le risque de la dislocation du lien social, le risque de l'anomie qui a lieu par l'absence de régulation sociale.

 

- la socialisation des individus:

Le travail joue un rôle majeur dans la socialisation des individus. Il leur donne une place sociale et ainsi permet à la société de se maintenir et de vivre de manière pacifique. Le travail joue un rôle central dans l'identité de l'individu.

 

La distinction entre emploi et travail:

Travail: C'est la réalisation d'une activité qui n'est pas nécessairement rémunérée.

Emploi: c'est le cadre juridique dans lequel s'inscrit le travail, qui donne lieu à un statut juridique, qui donne lieu à des droits et des devoirs, des rémunérations, des qualifications. On peut être indépendant, salarié, en CDD, intérimaire, on peut travaillé à temps complet ou partiel. Le travail ne recouvre pas forcément l'emploi.

 

Robert Castel, dans Les métamorphoses de la question sociale, 1995, nous montre dans cette chronique du salariat, comment au travail se sont progressivement accrochés des droits, des garanties, des conventions collectives contre ce qu'il appelle les aléas de l'existence: la maladie, les accidents, la maternité, la vieillesse, l'incertitude du travail (revenus), la mort. A partir du travail s'organisent des droits et ainsi des caisses de solidarité contre la maladie, des caisses d'assurances qui ont donné lieu à la sécurité sociale, aux mutuelles en 1945-6:droit du travail, sécurité, caisses de retraite, assedics/ANPE. Avec ces protections, garanties le statut de salarié est passé d'une condition méprisable à une condition valoriséegrâce à ces droits et ces garanties qui combinent aujourd'hui le fait que 90% de la société est salarié. Dans cette chronique, il retrace les grandes étapes de cette transformation. Comment dans la société pré industrielle le travail était méprisé ? Pourquoi le salariat est-il méprisée économiquement et socialement au 18 e s ? Puis comment la société salariale devient elle une source de reconnaissance économique et sociale au 19è s ? Comment nait une bourgeoisie?

 

Des facteurs ont joué dans cette transformation des conditions de travail:

Il y a le droit de se syndicaliser en 1984: liberté de créer un syndicat → le droit syndical s'organise et revendique tout un tas de lois: ex lois sur le temps de travail hebdomadaire. En 1900, le temps de travail hebdomadaire est de 10h/jour = 70h/ semaine. Il y a donc des congés hebdomadaires qui sont fixés. Mais il y a aussi de nouvelles lois sur la sécurité de l'emploi, des conventions collectives, du SMIC... Toutes ces lois qui encadrent le travail vont avoir des effets sur les représentations du travail: on croit au progrès social et il y a donc une optimisation dans l'avenir, ce qui signifie pouvoir faire des projets de lendemain. En l'espace de peu de générations, on est passé d'une capacité à se projeter dans l'avenir à une difficulté à se projeter dans l'avenir (aujourd'hui). Il y a un reversement. Passage d'une société salariale dominante à une société salariale dominante mais qui s'éclate ( différentes positions sociales dans le salariat).

 

 


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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 19:54

C- La notion de classe sociale et ses différentes conceptions:

1) La place dans les rapports sociaux de production: les classes sociales selon Karl Marx

Karl Marx : 1818-1883 → a donc connu les grandes transformations de la révolution industrielle et a connu le déclin de l'héritage de la société d'ordre (déclin de l'aristocratie) et la montée de la bourgeoisie, des classes laborieuses.

Karl Marx est pluriel: philosophie, droit, fait des recherches historiques et économiques, puis est journaliste et c'est un révolutionnaire. Il ne faut pas figer la pensée de Karl Marx.

Il a développé la théorie du matérialisme historique qui est une vision de la société fondée sur une opposition, une lutte entre deux classes sociales majoritaires et qui selon lui a toujours existé:

- sociétés antiques: conflit entre les patriciens et les plébeins.

- sociétés moderne: conflit entre la bourgeoisie et le prolétariat.

La société est fondée sur deux grands groupes sociaux antagonistes, rapport de d'exploitation. Ceux qui possèdent les moyens de production, le capital, exploitent ceux qui n'ont que leur force de travail, la force de leurs bras. C'est un rapport d'exploitation puisque la bourgeoisie achète aux ouvriers leur force de travail et qu'elle s'approprie une plus-value, c'est-à-dire les profits tirés de la vente de la production réalisée par les ouvriers. Ce qui signifie que ce régime repose sur la dépossession du savoir faire et du travail des travailleurs pour en faire des ouvriers dépendant de l'usine.

Selon lui une classe sociale doit avoir deux critères pour réellement en constituer une:

- la classe en soi (objective): avoir la même place dans les rapports sociaux de production et donc le partage d'intérêt objectivement communs qui les opposent à d'autres classes.

- la classe pour soi (subjective): la conscience de classe, conscience que l'on occupe la même place et que l'on a des intérêts communs qui s'opposent aux autres classes. Pour Marx la classe pour soi nait par la lutte des classes qui fait naitre chez les classes dominées une prise de conscience de leur exploitation. Cette classe pour soi s'organise collectivement pour défendre ses intérêts: exemple de l'organisation de la classe ouvrière.

 

 

2) Les principes non économiques de classement: statut, prestige, pouvoir, intégration, cher Max Weber:

 

Max Weber: 1864-1920.

Il critique l'unité du principe économique qui définit les classes sociales selon Marx. Selon lui il y a 3 principes, 3 ordres qui déterminent la répartition des individus:

- un ordre économique: ordre selon lequel les biens et les services sont distribués et utilisés; c'est ce qui fonde une classe.

- ordre social: statut, prestige. C'est la sphère de répartition de l'honneur et qui donne lieu à un statut

- ordre politique: compétition pour le contrôle de l'état, et qui définit les partis.

Dans les hiérarchies de la sociétés, il ne faut pas seulement prendre en compte les critères économique mais également les critères sociaux: le statut, le prestige d'une profession qui sont liés à des manières de se vêtir, de vivre qui se distinguent des autres. Par exemple les aristocrates ne sont plus très fortunés au 19 e siècle mais possèdent un mode de vie qui va les maintenir dans une situation de prestige. → distinction en être et avoir.

Il montre que les divisions sociales ne sont pas uniquement économiques, ce qui permet de comprendre comment les rapports de domination économique se maintiennent grâce au poids des rapports de prestige, de statut. Corrélation forte entre une position haute dans l'ordre économique et position haute dans l'ordre social.

 

Complément de cours:

Roland Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapport de classes, rapports de genre, La Dispute, 2007.

Site internet: l'Observatoire des inégalités.

 

3- Le croisement des dimensions économiques et symboliques dans l'analyse de Pierre Bourdieu:

 

Bourdieu: 1930-2002

Il est agrégé de philosophie à Alger. Il enseigne ensuite à Lille puis à Paris à l'EHESS puis est nommé professeur au collège de France. Il va faire des enquêtes dans différents domaines: sur l'éducation (les héritiers ou la reproduction sociale), sur la culture (l'amour de l'art, 1966), sur les classes dirigeantes (la noblesse d'état). Il crée une revue, qui s'appelle les actes de la recherche en sciences sociales. Bourdieu a opéré une forme de synthèse entre l'héritage de Marx, Weber et Durkheim. De Durkheim il a repris l'objectivation sociologique, la rupture avec le sens commun; de Marx il va reprendre l'idée d'une société organisée en classes sociales qui se définissent par les relations qu'elles entretiennent entre elles, une analyse de rapport entre classes sociales; et de Weber il reprendra la notion de groupe de statut, montrer l'importance de construction et de maintien de prestige social. Bourdieu va construire une théorie de l'espace social dans lequel on peut situer les groupes sociaux, et pour définir les positions de chaque individu il va falloir prendre en compte plusieurs critères. Il décrit trois types de capitaux:

- le capital économique: ce sont les revenus possédaient par les individus mais aussi le patrimoine

- le capital culturel, qui se présente sous trois formes:

→ le capital culturel institutionnalisé qui est celui qu'on peut mesurer à travers les diplômes;

→ le capital culturel objectivé qui se traduit par la possession d'objets culturels (bibliothèques, disques, meubles de style, des tableaux);

→ le capital culturel intériorisé qui renvoie à l'habitus, l'intériorisation de goûts, d'intérêts pour la culture, pour l'art, pour la lecture et à la socialisation, l'incorporation de valeurs et de normes propres à ses propres groupes d'appartenance.

- le capital social qu'on peut définir comme l'étendue de réseaux relationnels mobilisables. Selon leur étendue et leur influence ils vont fonctionner comme une valeur ajoutée des deux autres sortes de capitaux. Deux étudiants qui sortent de l'université avec le même diplôme pourraient donc exercer la même profession, mais l'un peut avoir des relations plus importantes que l'autre et ainsi accéder à un autre poste que l'autre.

La position dans l'espace social des individus et des groupes dépend de la quantité de capital économique et culturel: les classes dominantes sont celles qui ont le plus de capital économique et culturel. Il va montrer qu'il y a surtout des classes dominantes qui ont du capital économique et certaines qui ont surtout du capital culturel. Bourdieu va faire une représentation, une modélisation simplifiée de l'espace social en montrant une hiérarchie sociale: plus on se situe en haut de l'espace social plus on a du capital global. Il va faire une analyse factorielle et va donc pouvoir placer les différents groupes sociaux. « L'espace sociale des conditions selon Bourdieu »:


Bourdieu a actualiser les pensées de Marx et de Weber: il y a des rapports de domination et il distingue des rapports de domination de type économique et d'autres de type culturel. Cet espace social rend compte de différences en terme de comportement, de consommation et de goûts esthétiques. Cette modélisation permet de rendre compte de principes de différenciations. Cet espace social est un espace des pratiques, des styles de vie. Il va positionner différents types de pratiques dans l'espace social (exemple: si on fait du tennis où est-ce que l'on se retrouve dans l'espace social; si on va au théâtre ….). Il existe des clivages très marqués dans la société. Cette étude est faite au moment d'un processus de moyennisation de la société, c'est à dire que les clivages entre les classes disparaissent: les classes s'enrichissent et une grande classe moyenne se construit: c'est le terme de moyennisation. Les styles de vie s'uniformisent. Mais à chaque position sociale correspondent des pratiques, des styles de vie, des goûts, le vote. Il y a des pratiques distinguées et d'autres vulgaires qui donnent lieu à des rires..... le golf dans les années 60 ne pouvait apparaître que comme une pratique distinguée car d'autres pratiques collectives telle que le football existent. Le tennis aujourd'hui est une pratique beaucoup moins distinctive qu'au moment de l'étude dans les années 60. Bourdieu pense ainsi qu'une partie des luttes entre groupes sociaux prend la forme d'une lutte symbolique, c'est-à-dire que les individus des groupes sociaux dominés s'efforcent d'imiter les pratiques culturelles des groupes sociaux dominants pour se valoriser socialement, ils n'ont peut être pas le même capital économique et social mais il y a un principe d'imitation. C'est une tentative de se valoriser symboliquement. Sauf que les groupes dirigeants observent cette imitation et donc vont abandonner les pratiques culturelles qui en font l'objet, ils vont en changer et en chercher des plus rares de manière à restaurer leur prestige, leur distinction symbolique. C'est donc par cet échange constant entre imitation et distinction que se transforment les pratiques culturelles. Pour expliquer ces différentes pratiques, Bourdieu utilise la notion d'habitusqui est l'ensemble des dispositions de schèmes de pensées et d'actions que l'individu acquière à travers son expérience sociale. C'est le fait que par sa socialisation et par sa trajectoire sociale l'individu incorpore, intériorise lentement de manière largement non consciente, un ensemble de manières de penser, d'agir, de percevoir...durables et qui vont être à l'origine des pratiques futures des individus, qui déterminent les pratiques des individus. Au cours de l'éducation, dans la famille, à l'école, au travail et dans la classes sociales il y a des manières d'agir et de penser qui sont différentes et cette socialisation produit donc un habitus de classe: des goûts pour un certain loisir, un mode de vie, une capacité plus ou moins facile à s'orienter vers tel ou tel métier ou à s'engager dans telles ou telles études; qui font que les inégalités sociales ne se résolvent pas à des inégalités économiques. Ce n'est pas seulement faute d'argent que les ouvriers vont rarement au théâtre ou ne font pas de carrière politique, ou ce n'est pas seulement pour des raisons matérielles que les enfants d'ouvriers font des études plus courtes que les enfants de cadres, mais c'est aussi parce qu'ils se sentent moins à l'aise à l'école, n'ont pas de proximité extérieure avec le scolaire et qu'ils intériorisent qu'ils ne pourront pas réussir scolairement. Il y a des facteurs culturels et symboliques qui rentrent en compte et c'est l'habitus qui permet d'expliquer la répartition dans l'espace social. C'est ce qui explique que placés dans des conditions similaires, les individus ou les agents ont souvent la même vision du monde, de ce qui se fait ou non, les mêmes critères de choix de leurs loisirs, de leur conjoint.... Ce qui semble comme le plus personnel tels que le goût sont en fait socialement déterminés. En effet les goûts sont des marqueurs sociaux qui permettent de placer les individus. Bourdieu dit « parler d'habitus c'est poser que l'individuel, et même le personnel, le subjectif, est social, collectif . L'habitus est une subjectivité socialisée. ». L'espace social n'est pas figé, il est actif et toujours en évolution, en mouvement.

 

D- Les catégories socioprofessionnelles ou PCS:

1) Bref historique et principes de construction de la nomenclature:


Revoir grille de la nomenclature.

Cette nomenclature constate la position centrale du travail dans les rapports sociaux. L'invention de celle-ci prend acte du fait que le travail est central pour définir les groupes sociaux mais aussi les identités sociales. En 1954, les statisticiens de l'INSEE ont montré le code des CSP qui a pour fonction de classer la population en un petit nombre de catégories qui présentent chacune une certaine homogénéité sociale. Il s'agit de construire une classification sociale à partir d'un certain nombre de critères autour de la profession: cette classification concerne une population de plus de 15 ans et la répartition se fait à partir des recensements en prenant en compte un certain nombres de critères que sont l'activité professionnel, le statut juridique de l'emploi (indépendant, profession libéral, salariés), le niveau de qualification, la position hiérarchique dans l'entreprise et le secteur d'activité. Elle sépare la population active (personne qui exerce ou cherche à exercer une activité rémunérée) de la population inactive. Ce code de la CSP a été modifié en 1982 en nomenclature des PCS car depuis 1954 des professions ont disparu et d'autres sont apparues ( exemple des métiers de l'informatique). Ce qui signifie que cette nomenclature à une valeur limitée dans le temps mais également dans l'espace. Elle est très utilisée en France: utilisée dans les grands instituts de recherches (INSEE) mais aussi par les sondages d'opinion, les chercheurs ou simplement par la population elle-même.

 

 

2) Description des PCS:

On peut classer la population active française dans 486 professions mais vu que c'est difficile, on va agréger certaines professions et on va donc se retrouver avec 42 catégories socioprofessionnelles, que l'on abaisse ensuite à 24 pour enfin se retrouver à 8 groupes socioprofessionnels. Suivant les études à faire, on prend un niveau des PCS plus ou moins agrégé.

 

3) Classes sociales et CSP: points communs et différences:

Même s'il ne faut pas confondre les classes sociales et CSP, les PCS restent le meilleur moyen d'approcher les classes sociales.

Points communs entre la notion de classes sociales et celle CSP: dans les deux cas c'est la situation économique qui est à l'origine du classement dans les classes sociales et les CSP, puis la situation culturelle et sociale.

Pourtant il y a 4 différences principales entre ces deux notions:

- les PCS n'ont pas d'existence réelle: regroupement de personnes qui ont des caractéristiques communes mais il n'y a pas de conscience réelle. La classe sociale a une existence réelle puisqu'il y a une conscience de classe.

- la profession qui est la base des CSP ne suffit pas pour déterminer une appartenance à une classe sociale: que fait-on des retraités ? Que fait-on des étudiants? L'appartenance a une classe sociale n'est pas individuelle mais familiale (origine sociale...).

- les catégories socioprofessionnelles peuvent être analysées en elle-même: on peut isoler une catégorie et la décrire alors que les classes sociales ne s'analysent que relationnellement, que dans les rapports avec les autres classes sociales.

- les CSP donnent une image de la société en terme d'échelle, il y a une gradation continue et on peut passer par une sorte de promotion sociale en passant d'une CSP à l'autre alors que la représentation en classes sociales est distincte: ce sont des groupes distincts et opposées, il y a des barrières économiques et symboliques entre les classes sociales.

 

4) Les PCS comme outil pour étudier les classes sociales:

Les PCS restent malgré tout le meilleur outil pour étudier les classes sociales mais à condition de définir des frontières entre les groupes sociaux. On peut définir 3 grandes classes sociales:

- classes populaires: employés non qualifiés, ouvriers

- les classes moyennes: employés administratifs d'entreprise jusqu'au professions intermédiaires et cadre moyen.

- les classes supérieures: cadres supérieurs, professeurs, professions libérales

La CSP des artisans, commercants et celle des agriculteurs se classent dans les classes sociales en fonction de la taille de l'entreprise ou de l'exploitation.

 

 

E- Les grandes évolutions du système productif et des groupes sociaux en France

Les évolutions sociales s'expliquent par deux grands types de facteurs

 

1- Les grandes transformations économiques et leur influence sur la structure des emplois:

Les évolutions économiques, techniques expliquant l'évolution de la structure de l'emploi:

Il y a 3 types d'activités: → le secteur primaire : secteur agricole caractérisé par un déclin massif de la population agricole ( 2007: 2,1% alors qu'en 1914: 40 % de la pop active) car il y a un exode rural et une mécanisation; → le secteur secondaire: essor considérable tout au long du 20ème siècle et qui s'est stoppé dans les années 90; → le secteur tertiaire : secteur des services qui s'est énormément développé depuis les années 70, il est très vaste et réunit des emplois très différents ( de l'enseignement à la caissière, la justice, ….).

 

Répartition de la population active par groupes socioprofessionnels:

agriculteurs exploitants: 2,1% (déclin); artisans, commerçants, chefs d'entreprise: 6,2 % (baisse); les cadres et professions intellectuelles supérieures: 15,6% (montée); ouvriers: 22,8% (montée); professions intermédiaires: 23,6(montée); employés: 29,7% (montée).

 

2) L'importance des logiques sociales: modèles organisationnels, choix politiques et travail de représentation dans la constitution des groupes sociaux:

 

- L'exemple de l'adoption des méthodes thayloriennes: organisation scientifique du travail fondée sur une différenciation entre le travail de conception et le travail d'exécution (opérations simples, décomposition du travail en tâches simples et répétitives). Ce sont des ouvriers non qualifiés, appelés ouvriers spécialisés (OS).

Cela a donc contribué au développement massif d'une catégorie d'ouvriers spécialisés et cela au dépend de la catégorie d'ouvriers qualifiés.

 

- L'exemple des mobilisations, des actions des groupes sociaux: les cadres → luttes de classement = actions collectives de groupes sociaux pour revendiquer une position dans l'espace social, pour revendiquer des avantages; ce qui est le cas des cadres. Cette catégorie s'est construite car ils avaient une place intermédiaire entre personnel d'exécution et personnel de conception, et donc par la lutte pour des avantages.

 

Pour comprendre les structures sociales il faut également prendre en compte les politiques, les organisations du travail et un travail de représentation.

 

3) Les transformations du type d'emplois: l'extension du salariat

Au cours du 20ème siècle, il y a une baisse progressive et constante du nombre d'indépendants: les exploitants agricoles sont en déclin; les artisans connaissent la concurrence directe des industries, et les commerçants indépendants sont confrontés à partir des années 60 à l'essor de la grande distribution et donc le nombre de commerçants indépendants va chuter. Il y a alors l'extension du salariat: 9 actifs sur 10 sont salariés. C'est le développement de l'état-providence et donc du salariat publique au 20ème siècle et c'est donc un choix politique qui transforme la structure sociale. Dans tous les grands secteurs d'activité, l'état investit et embauche. La constitution salariale était précaire autrefois mais grâce au conventions collectives, au droit du travail, le salariat devient un statut et donc un emploi protégé, stable.

 

4) La féminisation de la population active: division du travail et rapports de sexe:

Entre 1962 et aujourd'hui le taux d'activité féminin a augmenté. Le comportement d'activité des femmes se rapproche de celui des hommes. En effet le taux d'activité des femmes est en progression: 65% des femmes sont actives et 75% des hommes le sont mais les eux sont plutôt en déclin. Il y a une baisse d'activité dans la tranche d'âge des 15-25 ans et cela autant chez les hommes et les femmes. Cela s'explique par la montée de la durée des études. Les femmes sont également de moins en moins nombreuses à arrêter de travailler lors de la naissance du 1er enfant et c'est la naissance d'un 3ème enfant qui peut être déterminant dans le taux d'activité des femmes. De plus les femmes ont accéder à des professions qui leur étaient autrefois interdites: médecins, avocats, juges...

Même si le taux d'activité des femmes augmente continuellement, il reste néanmoins toujours sensible à la naissance d'enfants contrairement au taux d'activité masculin.

Lorsqu'il y a deux enfants de moins de 3 ans le taux d'activité des femmes chute considérablement (chute à 60%) alors que celui des hommes ne bouge pas, et quand il y a 3 enfants de moins de 3 ans leur taux d'activité chute à 40%. Cependant quand les enfants ont plus de 3 ans le taux d'activité est égal ou supérieur à celui des femmes sans enfant. Le taux d'activité des homme reste lui stable quelque soit le nombre d'enfants et leur âge: les femmes ont la charge de leur activité professionnelle mais également la prise en charge du travail domestique et du soin des enfants.

Il y a également un ségrégation qui est en fait double:

-une ségrégation horizontale: hommes et femmes ne sont pas dans les mêmes secteurs d'activité

-une ségrégation verticale: les femmes sont concentrées dans certains types d'activité, elles sont sur-représentées dans une certaines activités qui ont des « vertus féminines »: activités d'employées subalternes, le travail sanitaire et social, les professions intermédiaires de la santé, les activités d'enseignement et d'éducation et de soins aux enfants, les services aux particuliers: elles représentent 75% de ces activités. A l'inverse elles sont peu représentées dans des activités ayant des vertus masculines: la police, les pompiers, les ingénieurs: faible présence des femmes dans les activités d'encadrement. Plus on monte dans la hiérarchie et moins les femmes sont présentent. Secteur privé d'encadrement: seul 1 poste sur 4 est occupé par une femme. On retrouve la représentation des femmes par groupes socioprofessionnels: elles sont 77,2% a être employées, 49,7 % de professions intermédiaires, 37,6 % de cadres et de professions intellectuelles supérieures ( 16% en 1962).

Il y a également une ségrégation dans le type d'emplois occupés: en 2007, 30,2 % des femmes actives travaillent à temps partiel contre 5,7% des hommes. Parmi ces 30,2% des femmes qui travaillent à temps partiel près de 29,2% déclarent qu'elles souhaiteraient travailler plus d'heures et qu'elles y seraient disponibles et c'est le cas de 36% chez les hommes.

De plus, les femmes touchent 10% de moins lorsqu'elles occupent une profession et on un niveau de diplôme équivalent à celui de l'homme.

Et enfin elles ont plus de risques face au chômage que les hommes: en 2007, 8,5 % des femmes sont au chômage contre 7,4% d'hommes.

Certes il y a une féminisation de la population active mais il y a une division du travail et des rapports sociaux de sexes qui maintiennent des inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail avec des formes de dualisations des emplois féminins entre d'un côté, les femmes les plus diplômées qui se rapprochent des activités masculines en terme de responsabilités, de hiérarchie et de l'autre côté, des femmes qui occupent des emplois précaires, peu diplômés et souvent à temps partiel.

 

II- Classes et groupes sociaux en France:

A- Introduction:

 

Dans les années 80-90, la notion de classes sociales n'est plus jugée pertinente par bon nombre d'analystes (sociologues, économistes) pour observer, analyser l'évolution de la structure sociale. Cette notion de classe sociale est rendue secondaires par rapports à trois types d'analyses:

 

1) une analyse en terme de moyennisation de la société:

Cela correspond au travaux de Henri Mendras, dans La deuxième révolution francaise, 1985, qui explique que la france a connue des transformations de sa stratification sociale: elle est passée d'une représentation pyramidale avec deux classes antagonistes que sont la classe ouvrière et la classe bourgeoise à une représentation en toupie centrée sur les classes moyennes. Ce changement de structure s'explique selon lui car il y a du fait de la salariarisation , de la démocratisation scolaire, du niveau général de vie (hausse des salaires) et également du développement de l'activité féminine, du développement de la consommation de masse, du déclin de la société paysanne traditionnelles... du fait de tous ces facteurs les individus se distingueraient de moins en moins dans la société par leur différences: il y a selon Mendras un processus d'égalisation des conditions de vie, un processus de rapprochement des francais dans leurs modes de vie et comportements qui conduirait à l'ascension d'une grande classe moyenne puisque une partie des ouvriers viendraient s'incruster dans cette classe moyenne. Il n'y aura donc pas de classes sociales antagonistes mais la société serait un grand ensemble de classes moyennes.

 

2) l'individualisation de la société

A la fin des années 80-début des années 90 il y a des analyses sur l'individualisation de la société. Les analystes vont se positionner sur l'individu, se focaliser sur son identité, ses souffrances et vont donc mettre de côté les appartenances collectives. Les appartenances des individus seraient moins déterminantes vis-à-vis des individus, il y a une certaine autonomie et indépendance.

 

3) L'exclusion (in / out)

Il y a une réflexion en terme d'affaiblissement du lien social. Après 1995 on retrouve en france une période de conflits sociaux et il y a une observation de nouvelles inégalités. Il y a une montée de nouvelles inégalités qui contribue à la réintroduction d'une analyse en terme de classes sociales. C'est à la fin des années 90 que paraissent sur ces questions des ouvrages:

S.Beaud – M.Pialoux, Retour sur la condition ouvrière

Pinçon-Charlot, P. Bouffertigue, Le retour des classes sociales, La Dispute

Louis Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, 2006.

 

L'analyse en terme de classes est fluctuante selon les préoccupations sociales et politiques et dans les situations de conflits sociaux et de montée des inégalités, cette analyse est pertinente pour aborder les rapports sociaux, les identités.

 

B- La classe ouvrière: genèses, apogée et destructions:

1) Genèses de la classe ouvrière:

Parler de classe ouvrière c'est parler de construction sociale, celle-ci n'est pas naturelle. Parler de classe ouvrière dans une analyse marxiste c'est parler de classe en soi et pour soi.

La classe ouvrière est le résultat d'un long processus historique qui débute au 15e et 16e siècles avec la distinction entre les gens de métier (artisans, savoir-faire...représentés en corporations) et les gens de bras ( ne possèdent pas de métier mais non que la force de leurs bras: travailleur manuel, travailleurs non qualifiés). Cette première distinction connait une rupture avec la révolution industrielle, l'industrialisation. Il y a une distinction différente au 18e siècle: les ouvriers urbains de métier ( maçon... qui possèdent un certain savoir faire, « aristocratie » de la classe ouvrière), les ouvriers en pluri-activité ( été: moissons,... hiver: usines du textile, manufactures), puis les prolétaires de fabrique dont l'essor est lié à la mécanisation des industries de textile et des usines industrielles. Cela signifie qu'au 18e siècle il y a une coexistence de tous ces profils d'ouvrier mais en même temps une grande hétérogénéité des situations et donc impossibilité de penser en terme de classe sociale puisque absence d'intérêts communs, de conditions communes. Alors 4 facteurs ont contribué à l'homogénéisation des ouvriers:

-l'invention et le développement de l'usine moderne: concentration d'ouvriers sur un même lieu de travail et occupés au même ouvrage, aux mêmes tâches. → homogénéisation des conditions de travail.

- les concentrations industrielles urbaines: début des banlieues ouvrières à la fin du 19e et au début du 20e siècles: → partage des conditions de vie.

- le développement du taylorisme et du fordisme dans l'entre-deux guerres: travail de parcellisation des tâches, on décompose le processus de production en un nombre de tâches faciles et répétitives afin d'augmenter la productivité. L'ouvrier est dépossédé de son savoir-faire, il est soumis à une intensification du travail (chronomètre), est détérioré physiquement et intellectuellement → partage des conditions de travail et principe d'indépendance de l'ouvrier au capital (principe d'aliénation), sa force de travail ne peut se retrouver que dans une mesure collective → communauté de travail et identité ouvrière. Les conditions de vie et de travail communes rendent possible une identité commune.

- la naissance des mouvements ouvriers avec 2 processus différents: prise en charge par les ouvriers eux-mêmes d'un certain nombre de revendications et de luttes...mais aussi grèves d'abord illégales → droit de grève: 1864 et en 1884 l'autorisation de syndicats. Cela constitue un système de représentations communes et d'une communauté et d'une identité ouvrière; série de contestations portées au nom de la classe ouvrière mais par des intellectuels: médecins, instituteurs... qui s'organisent pour montrer les conditions difficiles des ouvrier et donc la nécessité d'une amélioration de leur conditions.

 

A partir de 1930 et surtout après 1945 on est face à une situation d'apogée de la classe ouvrière mais cela ne doit pas faire oublier le fait qu'ils occupent toujours une place dominée dans la société. Cela recouvre 3 réalités:

- réalité quantitative: prépondérance des ouvriers, groupe social en pleine croissance

- centralité de la question ouvrière dans les débats politiques en france: le front populaire en 1936 où la classe ouvrière fait irruption dans les questions politiques de l'époque. Cette centralité est réelle jusqu'à la fin des années 70 et débouche sur des acquis sociaux.

- époque de grandes valorisations de l'ouvrier et de sa classe dans la littérature, au cinéma, dans les arts, dans les journaux, les médias.

La classe ouvrière est homogène, et on peut l'analyser dans le sens marxiste c'est à dire en tant que classe subjective et objective.

 

2) Des tendances à la déprolétarisation durant les trente glorieuses:

La société francaise connait un conflit social majeur porté par une classe ouvrière qui revendique le partage des fruits de la production, des gains de productivité. Les hommes politiques cherchent à reconduire à une stabilité nationale, à la cohésion sociale. Cela conduit les ouvriers à bénéficier des progrès de la france à la fois en terme économique et en terme salarial. Il y a donc une réduction des écarts de niveau de vie entre les ouvriers et les employés, entre les cols bleus et les cols blancs. Les enfants d'ouvriers ont alors accès aux études supérieures. On sort de la condition prolétarienne caractérisées par une précarité importante des revenus et par une grande misère économique. De nombreux ménages ouvriers accèdent à un confort matériel proche de celui des employés, ils ont accès à la propriété.

 

C'est ce qui a conduit Mendras à parler de processus de moyennisation de la société francaise.

Mais ce phénomène n'est pas partagé par l'ensemble des ouvriers, il reste des niches de prolétaires qui sont souvent des ouvriers qui ne bénéficient pas de l'augmentation des revenus: ceux qui travaillent dans les petites entreprises, ceux qui sont au SMIG. Il y a également une nouvelle tranche qui se créée celle des ouvriers immigrés, les ouvriers du sud du Maghreb qui sont appelés pour occuper les emplois déqualifiés de l'industrie. De plus cette tendance à la déprolétarisation est stoppée nette à partir des années 70 du fait de la crise économique et cela se traduit pour un certain nombre d'ouvriers à un retour à la précarité et donc du sentiment d'appartenance à la classe ouvrière.

 

3) Les déstructurations du monde ouvrier:

a) Les transformations du travail et de l'emploi:

Crise économique, de la production industrielle dans les pays européens qui conduit à de nombreuses restructurations des grands groupes industriels: diminution es mines et la sidérurgie et hausse importante du chômage des ouvriers qui perdure aujourd'hui puisque 10,7% des ouvriers sont au chômage en 2007 selon l'INSEE contre 3,5 % chez les cadres. Il y a donc le développement du chômage des ouvriers, mais aussi la disparition de bastions ouvriers, de figures ouvrières (le mineur.... figure ouvrière complètement touchée).

Il y a également l'organisation du travail en flux tendu: production en fonction de la demande, on élimine les stocks. Ce qui veut dire qu'à partir des années 80, on retrouve le développement des emplois atypiques qui vont répondre aux besoins de flexibilité des entreprises et amène donc de nouveau à une précarité de l'emploi (développement massif des CDD, de l'intérim, de la sous-traitance, du temps partiel) et ainsi à de nouvelles concurrences aux sein du groupes ouvriers entre des ouvriers stables (grands groupes industriels, CDI) et des ouvriers précaires (CDD, intérim). Cela représente des conflits de génération car les ouvriers stables appartiennent souvent aux anciennes générations et les ouvriers précaires sont souvent jeunes.

Il y a également le principe de la polyvalence: rotation de l'ouvrier, changement d'activité ce qui conduit à une déstructuration des collectifs de travail qui ne sont plus stables.

On a donc des attentes souvent opposées entre jeunes ou anciens ouvriers, entre ouvriers diplômés ou non, entre ouvriers stables ou précaires. On une désorganisation des groupes ouvriers, une mise à mal de leur conscience collective par la mise en concurrence, la compétition.

 

 

b) Crise du militantisme ouvrier:

Tout au long des années 80-90, on observe une perte de confiance des ouvriers dans les militants syndicaux. Il y a un certain désintérêt politique qui se développe et qui se manisfeste par l'effondrement du parti qui explicitement se faisait le porte parole du groupe ouvrier, du parti communiste francais. En 1969: 23,9 % des suffrages pour le PCF et en 2002: 3,37% puis en 2007: 1,93 %. toute une partie des ouvriers ne se reconnaissent plus dans les discours politiques de leurs représentants puisqu'ils n'ont pas les mêmes conditions de vie et travail. L'hétérogénéité des ouvriers conduit donc à une crise de représentation politique et de transmission de la mémoire ouvrière.

Il y a donc un processus de fragilisation, de précarisation de la condition ouvrière, déstructuration de l'homogénéité de la condition ouvrière qui a fragilisé une conscience de classe ouvrière et les discours politiques et syndicaux sur la classe ouvrière. Elle a perdu ses représentants politiques, elle a perdue son statut de sujet politique.

 

 

C) La grande bourgeoisie: une classe mobilisée

La grande bourgeoisie se définit par le cumul des ressources qui ne sont pas seulement d'ordres économiques.

En terme de capital économique: distinction revenu du travail et patrimoine. 10% des ménages les plus riches en 2004 possèdent 46% de la fortune nationale et 5% des ménages les plus fortunés disposent du tiers de la richesse du pays. Le patrimoine se transmet de génération en génération et donc l'inégalité du patrimoine est plus accentuée encore que celle du revenu, puisqu'ils s'agit de richesses accumulées dans le temps et qui sont donc à la source de la reproduction sociale. Ces inégalités s'accentuent sous le fait de décisions politiques et de réduction d'impôts sur l'héritage.

En terme de capital social: réseaux d'inter-connaissance et d'inter-reconnaissance durables. Le capital social de la grande bourgeoisie passe par l'organisation de cérémonies, de réceptions, de sorties culturelles, d'invitation, d'appel téléphonique pour les femmes et à l'appartenance à des clubs ou à des cercles privés, club de golf pour les hommes.

En terme de capital culturel: ensemble des ressources issues de l'école et de l'intériorisation d'une culture. Il se développe d'une part dans la scolarité des enfants avec une logique d'excellence scolaire qui est extrêmement travaillée et dans la volonté d'orienter ses enfants vers des grandes écoles, la fréquentation d'élites; puis d'une autres part dans un rapport de proximité et de familiarité avec l'art construites d'abord par les lieux même d'habitation (maisons bourgeoises, construites par des architectes et meublées avec des meubles anciens, des œuvres d'arts, des vaisselles en porcelaines) et par la fréquentation de lieux culturels, de pratiques d'instruments de musique. Cela passe également par l'organisation d'exposition d'art, par la possession de musées d'art.

En terme de capital symbolique: c'est une sorte de magie sociale qui accroit le rendement des types de capitaux précédents, qui est associé à une certaine aisance, élégance, un prestige. C'est un élément important pour la grande bourgeoisie car c'est ce qui lui permet d'avoir la domination de l'ensemble de la société c'est-à-dire de donner les conseils d'éducation, de penser et de voir le monde, de se comporter. Le poids de la famille et de l'ancienneté sont importants pour cette forme de capital: travail autour de la généalogie, travail de recherche et de mise en valeur de la généalogie qui passe par la transmission d'objets familiaux et d'histoires familiales. C'est l'appartenance à une famille qui possède du capital symbolique qui détermine si oui ou non on peut rentrer dans un club, c'est ce qui explique la fréquentation de clubs par la grande bourgeoisie.

A travers le cumul des ces ressources on constate que la bourgeoisie entretient et développe sans cesse ces capitaux. Elle le fait avec des principes de rapprochement sociaux: la grande bourgeoisie cherche à habiter dans un espace proche ce qui contribue à une ségrégation sociale mais celle-ci est choisie, voulue et non subie comme on le constate dans les quartiers populaires. Il y a une concentration spatiale de la bourgeoisie avec des quartiers bourgeois (ouest parisien, 17e arrondissement). C'est un travail conscient de construction d'un habitus qui permet le processus de la reproduction sociale : culte de la famille, défense de nom de famille, apprentissage des blasons, organisation de rallyes pour les enfants. Il y a une volonté de contrôler les fréquentations des enfants, ce qui favorise également l'homogamie sociale.

C'est une classe sociale qui l'est plus que tous les autres groupes puisqu'elle a une forte conscience d'elle même et surtout une volonté de sa position dans la société qui passe par un travail conscient d'entretien de toutes formes de capital, et donc de reproduction sociale et d'homogamie sociale.

 

Les classes sociales restent une lecture pertinente de la société, pour étudier la structuration de la société mais est également importante pour comprendre les pratiques individuelles.

 

 

Conclusion: Des différences persistantes, des inégalités structurelles: la permanence des classes sociales dans la France contemporaine

Les trente glorieuses ont été marquées par un enrichissement de la classe ouvrière qui repose d'une part sur une conscience de classe et une action collective mais qui repose aussi sur une mobilité structurelle importante (devl emplois tertiaires et encadrement). Il y donc eu pendant cette période historique, une amélioration des conditions de travail, de la scolarisation... de l'ensemble de la population francaise et aujourd'hui l'avenir des génération suivante n'est plus pensée en terme de progrès social: depuis les années 70 reviennent sur la scène des questions d'inégalités sociales. L'assouplissement social qui était permis auparavant et aujourd'hui remplacé par un sentiment de rigidité, d'étanchéité sociale, les frontières sociales semblent réapparaitre, l'ascenseur social est en panne. Il y a donc un retour des clivages en terme de classes sociales que l'on retrouve à travers toute une série de statistiques concernant la mobilité sociale: le changement de position sociale a eu tendance a augmenter entre 77 et 93 mais il commence à stagner depuis 1993. Les constats de la reproduction sociale et de l'homogamie sociale restent toujours présents. Il y a également des inégalités en termes de consommation, des écarts très importants en terme de réussite scolaire entre les différentes PCS (chance d'obtenir un bac général: 70% pour enfant de cadres contre 21% pour enfants d'ouvriers. Malgré toute la volonté de démocratisation culturelle, on voit que toutes les pratiques cultures sont différentes selon les classes sociales mais que c'est également le cas des inégalités face à la mort et à l'espérance de vie.

L'idée d'une fin des classes sociales reposent sur la fin d'une vision objective des classes or les classes sociales peuvent toujours exister malgré un manque de conscience de classe. Il des changements dans l'entreprise au cours des années 80: on ne parle plus d'ouvriers mais d'opérateur, d'employé mais de collaborateur.

 

Par licence1sociologie-poitiers.over-blog.com
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 12:43

 

 

Thème 2: Rapports sociaux et pratiques culturelles ( Cours de Wenceslas. Lizé)

 


Déroulement du programme:

 

CM 1: Les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous deux angles: le premier, les inégalités sociales face à la culture; le deuxième angle, la stratification sociale des goûts.

 

CM 2: Les pratiques culturelles vues par Bourdieu (La Distinction): capital symbolique...

 

CM 3: les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous l'angle du genre.

 

CM 4: étude d'un film, « les goûts des autres » ( → n'aura pas lieu, regarder sur internet si le film y est). 

 

 

CM 1: Les rapports sociaux et les pratiques culturelles vus sous deux angles: le premier, les inégalités sociales face à la culture; le deuxième angle, la stratification sociale des goûts.

 

 

I- Les inégalités face à la culture:

 

Les groupes sociaux sont abordés de différentes manières, sous des variables différentes: rapports sociaux de classe, rapports sociaux de genre, rapports sociaux de générations.

 

Les pratiques culturelles sont l'ensemble des activités de consommation et de participation à la vie intellectuelle et artistique: lecture, équipements culturels, médias audiovisuels, pratiques en amateurs comme la musique..... Elles engagent des dispositions esthétiques ( = goûts), des inclinations pour tel ou tel genre musical, et elles participent à la définition des styles de vie. C'est à travers nos pratiques culturelles que l'on s'intègre à un style de vie ( style de vie étudiant par exemple). Cette définition dépasse celle de la culture savante c'est-à-dire, les classiques de la littérature, la peinture consacrée dans les beaux arts, la musique contemporaine, l'art contemporain, les classiques du théâtre. Mais elle ne correspond pas non plus à la définition anthropologique de la culture, où elle est définit par un ensemble de représentations de manières de faire et de penser propres à une collectivité humaine. Qu'est ce qui est considéré comme artistique ou culturel ? La définition de la culture, c'est l'enjeu de rapports de force entre les groupes sociaux, entre ceux qui militent pour garder les frontières traditionnelles de la culture, qui militent pour une vision patrimoine de la culture et ceux qui veulent agrandir la culture avec les graphitis, genres de musiques pas reconnu comme vraiment culturels...). Derrière ces deux conceptions de la culture, dont l'opposition se retrouve jusqu'au sommet de l'état (en terme de financement accordé à tel ou tel domaine culturel), on constate des rapports de force, des rapports sociaux entre les groupes sociaux.. Ces deux oppositions s'opposent à une autre conception de la culture, encore, fondée sur les divertissements ( ce qui prévaut, c'est le divertissements). Qu'est ce qui est caractérisé par les individus eux-même comme artistique ou culturel ? Par exemple, d'un côté on à les graphitis sur les murs, condamnés par la loi, et de l'autre côté on a des graphitis dans des expositions d'arts contemporain. Il y a différents avis sur les graphitis, et derrière cela il y a des oppositions, des rapports de force. On se sait pas réellement la limite: est-ce considéré comme art ou non ? Comment les groupes sociaux contribuent à la reconnaissance de telle ou telle expression?

 

La sociologie s'est scindée en plusieurs domaines, il y a eu une spécialisation par domaine: sociologie de la religion, de la famille, de l'éducation, de l'art et de la culture ( qui sont deux domaines distincts). La sociologie de l'art est la sociologie qui se consacre à l'étude des œuvres, des professions artistiques, de courants artistiques, aux univers de production artistique (exemple: le monde de la bande dessinée), des comédiens... La sociologie de la culture s'intéresse aux pratiques culturelles, au public de la culture (=la consommation culturelle), en étudiant les rapports que les différents groupes sociaux entretiennent avec les différentes formes artistiques, les différents biens culturels : Qui écoute quoi ? Quels sont les caractéristiques sociales du rap, du rock? Comment les individus écoutent la musique: le disque, le concert.... quelles sont les significations données à ces pratiques culturelles par le groupe social ?

Le domaine artistique est très important, on lui accorde beaucoup d'importance. Rompre avec le sens commun de l'art, c'est rompre avec le caractère religieux qu'on lui donne, mais également rompre avec l'idée que le goût est quelque chose de personnel et singulier qui se définit de façon libre et autonome. Si on regarde les statistiques sur les pratiques culturelles, ils montrent que certaines pratiques sont réservées à certaines catégories sociales, qu'il y a un lien très fort entre l'accès de certains groupes sociaux à des biens culturels et leur absence dans ces pratiques. Certains genres musicaux sont plus destinés aux femmes qu'aux hommes.... La sociologie montre que le goût et nos pratiques culturelles sont socialement déterminées (même si ce n'est pas totalement mécanique, ce sont de fortes probabilités). Cela contribue également à définir notre identité sociale. D'une part les goûts sont conçus comme naturels et personnels mais de l'autre coté, statistiquement, on s'aperçoit qu'il y a de très forts liens entre les pratiques culturelles et les groupes sociaux. La sociologie étudie comment on s'intègre dans telle ou telle pratique culturelle en fonction de son groupe social.

 

Études et analyses des inégalités face à la culture:

Pour cela, il faut d'abord faire un détour par la politique culturelle. La politique culturelle, en France, a été lancé à partir de la 3eme république ( début 1958). Cette dernière s'inscrivait dans les philosophes des lumières puisqu'elle se proposait de faire connaître au monde les grandes œuvres de l'art et de l'esprit et, à travers cela, de développer l'intérêt du peuple pour la chose publique. Il s'agissait donc de parachever le travail entamé durant la 3eme république, c'est-à-dire d'éduquer le peuple. Et alors, André Malraux, qui a été le premier ministre des affaires culturelles, déclarait « nous devons faire pour la culture ce que Jules Ferry a fait pour l'instruction »: il faut donner accès à tous les citoyens à la culture. Mais le constat, c'est que seule une minorité accédait aux grandes œuvres de l'art et de l'esprit. Donc la politique culturelle vise à démocratiser l'accès à la culture. Du coup, selon les militants de la démocratisation culturelle, l'accès a la culture était entravé par des obstacles matériels (par un manque de ressource économique), par des obstacles géographiques. En construisant des théâtres, des maisons de la culture ( des équipements culturels) et en pratiquant une politique de prix bas, on va pouvoir combattre les obstacles à la culture, démocratiser la culture. Travailler à l'accès à la culture pour tous, c'était donner des armes pour mieux comprendre le monde aux individus, c'était civiliser le monde. D'autres stratégies sont mises en place: la télévision, l'école.

L'enquête sur les pratiques culturelles des français, la première, a eu lieu à cette époque (tous les 8 ans ont eu lieu des enquêtes: de 1973 à 2008), et elle montre que la politique culturelle mise en place ne permet pas d'atteindre l'objectif visé: certes plus de gens fréquentent les équipements culturels: le théâtre, le livre (le livre de poche notamment: prix plus bas), les concerts; mais il y a encore des inégalitésil ne suffit pas de baisser le prix de ces pratiques pour favoriser l'accès, les inégalités persistent malgré les efforts consentis, dans les années 80 notamment par exemple avec l'arrivée de François Mittérand. Il y a une forte subvention de la culture, mais cela n'a pas entrainé une augmentation massive de la consommation culturelle, les catégories populaires restent toujours à l'écart de la culture. Pourtant, nait dans les années 80 la démocratie culturelle: il y a certaines pratiques reconnues et subventionnées: le rap, le jazz, les musiques régionales...des festivals, des concerts sont subventionnés pour diffuser ces pratiques. Mais malgré ça, l'accès à la culture ne parvient pas à se démocratiser mais l'on note tout de même un accès plus grand. Dans les années 60, certains sociologues et notamment Bourdieu, apportent l'idée que contrairement à la conception marxiste, qui analyse la société comme structurée essentiellement par les ressources économiques, il existe d'autres formes de capitaux importants qu'est notamment le capital culturel. Au cours d'enquêtes sur les étudiants (Les Héritiers), l'éducation, il montre qu'il y a une autre ressource importante, le capital culturel, et que ce n'est pas en abaissant les obstacles financiers et géographiques que l'accès à la culture est véritablement démocratisé. Si l'on veut comprendre pourquoi ca n'a pas fonctionné il faut prendre en compte le capital culturel, qui se transmet dans la famille, qui s'acquière également à l'école. Or, on remarque qu'il existe de nombreuses inégalités, différences dans ce capital culturel. On a une vision de la société qui est structurée d'une part, à la verticale, par le capital global (vertical) et d'une autre, à l'horizontal, par la comparaison entre les possessions de capital économique et de capital culturel (certains groupes possèdent plus de capital économique que de capital culturel, et inversement). Un des apports de Bourdieu est de dire que la société n'est pas seulement structurée par les ressources économiques. Il parle d'une forme de capital culturel institutionnalisé comme l'école, qui participe à donner à l'individu du capital culturel tout au long de sa vie ( par le diplôme notamment). Cette idée de capital culturel est développée concernant la culture mais également concernant l'école.

 

Études et analyses des inégalités sociales face au diplôme, qui sont très liées aux inégalités face à la culture:

La mission au baccalauréat, quelque soit la série, est en partie liée à l'origine sociale. Selon les chiffres du ministères de l'éducation, les fils de cadres supérieurs ont 2,9 fois plus de chance que les fils d'ouvriers d'avoir leur bac, et 8 fois plus de chance d'obtenir un bac S. Pourtant, l'accès au Baccalauréat se démocratise, beaucoup plus de jeunes de milieux populaires obtiennent ce diplôme. Au début des années 80, près de la moitié des jeunes de familles ouvrières obtiennent le bac, alors qu'ils n'était que 10% à l'avoir dans les années 70. En moyenne, près des 2/3 des jeunes nés entre 1979 et 1989 obtenaient le bac, contre 20% à la fin des années 50-début des années 60. Qu'il y ait de plus en plus de jeunes qui accèdent au baccalauréat est une idée qui doit être nuancée pour deux raisons: d'une part, toute la part des enfants de cadres bacheliers dépasse les 90% ce qui fait que les inégalités d'accès face au bac restent fortes, et d'autre part se cachent trois formes différentes de bac qui n'ont pas la même valeur sur le marché du travail (bac généraux, bac technologiques, bac professionnels). Il se trouve qu'en 2006, 64% des jeunes ont obtenu leur bac mais 34,8% seulement ont obtenu un bac général. L'élévation de la part des bacheliers dans les milieux populaires résulte de la création du bac professionnel et technique. Il y a de plus en plus de jeunes qui obtiennent le bac, mais les inégalités demeurent. L'école permet une certaine mobilité, l'ascension par le diplôme mais, ce qu'elle fait majoritairement, c'est de reproduire ces inégalités sociales, et cela notamment par le biais de l'importance du capital culturel variant très inévitablement d'une catégorie sociale à l'autre. Si on ne faisait pas intervenir le capital culturel et sa transmission on ne comprendrait pas la réussite scolaire des enfants de cadres.

 

Des données chiffrées sur les inégalités sociales face à la culture:

Les pratiques culturelles se sont diffusées (rôle majeur des maisons de la culture, des industries de la culture...) au cours des trente dernières années, notamment parce que cette croissance de l'offre se combine avec l'élévation du niveau de diplôme. Mais les écarts entre les différentes catégories sociales restent nets. Par exemple si on prend l'enquête sur les conditions de vie de l'Insee, on remarque que 50% des cadres supérieurs sont allés à un concert ou spectacle dans l'année contre 22% des ouvriers. Selon une autre enquête de l'Insee en 2002, 17% de ceux qui ont au mieux un certificat d'études sont allés au théâtre une fois dans l'année, en revanche 57% de ceux qui ont un diplôme supérieur sont allés au théâtre ou à un concert. Un peu moins de la moitié des titulaires des certificat d'études ont lu un livre au cours de l'année contre 85 % des diplômés du supérieurs. La télévision demeure le principal loisir culturel des français, elle est très accessible. On constate que bien des efforts sont faits pour démocratiser la culture, cependant ils ne sont pas suffisants, on pourrait mettre en œuvre d'autres moyens. Les ¾ des ouvriers lisent moins de 4 livres par an contre 27% seulement des cadres. Il existe donc des écarts entre les catégories sociales, qui s'accentuent notamment plus on augmente le nombre de livre lus dans l'année ou encore suivant le type de livre. Les livres de type religieux, économique ou social, sont lu par 53% des cadres et seulement 7% des ouvriers.

 

 

II- La stratification sociale des goûts:

Il existe une hiérarchie des biens culturels, certains sont dits plus artistiques que d'autres. Ce qui fait l'objet de nombreuses recherches en sociologie ( attention: le sociologue ne formule pas de jugements de valeur mais s'intéresse à la construction des valeurs → comment se construit la valeur artistique et du coup, cette hiérarchie des valeurs artistiques? ). Par exemple, les classiques de la littérature (comme Victor Hugo, Baudelaire....) sont très valorisés, contrairement aux romans policiers, aux polards. Dans le champ littéraire, l'école représente une instance consécration puisqu'elle fait travailler sur des œuvres de grandes valeurs artistiques, et donc contribue fortement à l'existence de cette hiérarchie des valeurs. Dans le champs musical, les conservatoires constituent également une instance de consécration puisqu'ils mettent en valeur des styles musicaux tels que le classique ou le jazz, et rejettent le rap, la pop... on dira facilement du rap que ce n'est pas de la musique, mais on entendra jamais quelqu'un dire que la musique classique ce n'est pas de la musique. Ces hiérarchies sont régulées par l'existence des industries culturelles, qui consacrent beaucoup en publicité et en promotion, des musiques qui ne pas reconnues par les instances de consécrations et surtout étatiques. Il y a une certaine opposition entre les instances de consécration et les industries de la culture dans les champs culturels. C'est une sorte de rapport social. Il y a différentes instances qui correspondent aux différents domaines de l'offre. Il existe une stratification sociale des goûts: il y a des goûts qui ont une valeur sociale plus importante que d'autres, et ce sont les goûts des catégories sociales dominantes. Ces goûts sont légitimes. Le concept de légitimité est fondé par Max Weber, il a cherché a comprendre comment l'autorité politique se perpétue sans forcément avoir recours à la contrainte et l'explique alors par le principe de légitimité. Il définit la légitimité comme ce qui est accepté et reconnu par les membres d'une société. Elle s'obtient de différentes manières: légitimité démocratique ( président élu par les citoyens), formes de légitimité en se conformant au style des classes dominantes ( exemple du costard-cravate pour le président de la république, on élirait pas un homme politique habillé simplement).

 

 

 

CM 2: Les pratiques culturelles vues par Bourdieu: La Distinction: capital culturel, capital symbolique...

 

 

Bourdieu est un intellectuel très important. C'est le fondateur du courant sociologique français le plus important du 20eme siècle. Il a inspiré également beaucoup d'autres disciplines: histoire, économie, philosophie. C'était l'intellectuel le plus cité dans les revues de sciences humaines et sociales de son vivant au niveau national et international. Ces ouvrages: Les Héritiers, La distinction, La Reproduction; ont marqué beaucoup d'intellectuels.

Il est né en 1930 et mort en 2002. C'était le fils d'un fonctionnaire de poste et avait donc une origine sociale moyenne. Il a fait un parcours scolaire brillant, et a obtenu une agrégation de philosophie. En 1981 il devient titulaire de la chaire de sociologie du collège de France, qu'il gardera jusqu'à sa mort. Parallèlement à cela, il est devenu directeur du centre de recherche de sociologie européenne et a crée la revue acte de la recherche en sciences sociales, qui est une des grandes revues de sociologie.

Il a su combiner trois des pères fondateurs de la sociologie, que l'on a traditionnellement opposés avant lui: Karl Marx, Mile Durkheim, Max Weber. Comme Émile Durkheim, il affirme la possibilité d'une connaissance scientifique du monde social et tente de dégager des lois sociales et tendancielles, des régularités notamment à travers les statistiques ( = il n'y a pas de lois mécaniques, par exemple il y a une tendance à la reproduction sociale mais ce n'est pas une reproduction mécanique. Et l'école contribue à cette reproduction mais paradoxalement, elle permet également la mobilité sociale et donc l'ascension sociale). Comme Karl Marx il considère que la société est constituée de classes sociales, classes sociales en luttes symboliques pour l'appropriation des différentes ressources. Enfin, comme Max Weber il estime qu'il faut tenir compte des représentations que les individus élaborent pour donner naissance à la réalité sociale. On a des représentations qui donnent sens à la réalité qu'on est entrain de vivre mais qui sont en contradiction avec la réalité objective. Pierre Bourdieu n'aime pas les étiquettes, mais qualifie son approche sociologiques de structuralisme constructiviste: il s'intéresse aux structures du monde social et aux structures symboliques, et il analyse la construction historique et sociale de ces structures sociales et symboliques. C'est un peu de la socio-histoire. Voici la composition et le déroulement du cours:

I- Une vison spatiale de la société

II- L'habitus

III- Sociologie de la culture

 

 

I- Une vision spatiale de la société:

A la différence de la société d'ancien régime, fondée sur les trois ordres: clergé, noblesse et tiers-états, cette structure hiérarchique était inscrit dans le droit; les sociétés industrielles se définissent par l'absence de hiérarchies sociales juridiquement définies. Pourtant des différences de conditions de vie, de revenus, de différences de gouts, séparent les individus et les groupes dans la société. Il faut faire une grille d'analyse pour expliquer ces différences; c'est ce qu'à fait Bourdieu avec sa théorie de l'espace social. L'espace social s'organise autour de 2 axes, de dimensions principales:

- le volume global des ressources détenues, du capital

- la répartition du capital entre les différentes formes de capitaux: entre le capital économique et le capital culturel; c'est la structure du capital.

Ce graphique s'inspire de l'analyse factorielle, et fondé sur tout un ensemble d'enquêtes. On a deux choses dans ce graphique: l'espace des positions sociales et l'espace des styles de vie (espace des goûts, des pratiques,...), l'un correspondant à l'autre et avec l'idée que les styles de vie sont déterminés par les positions sociales. On peut distinguer 2 espèces principales de capital: le capital économique et le capital culturel, et deux autres qui leurs sont liés: le capital social et le capital symbolique.

 

Le capital économique et le capital culturel:

Le capital économique c'est le capital constitué des différents revenus (revenus salarial, rentes) et des moyens de production (usines, terres). Lecapital culturel, c'est l'ensemble des qualifications et des connaissances, soit produites par le système scolaire: on parle de capital culturel acquis, soit transmises par la famille: on parle de capital culturel hérité. Cette notion de capital culturel a été construite pour expliquer l'inégale réussite scolaire des enfants selon le milieu social. Le capital économique ne suffit pas pour expliquer les inégales réussites scolaires. Le capital culturel se transmet au sein de la famille, à travers tout un tas des pratiques des parents: si on voit ses parents lire ou non, la façon dont ils s'expriment, s'ils ont un goût pour l'art.... La réussite scolaire correspond au profit réalisé par certains individus, issus de telle ou telle classe sociale, sur le marché scolaire selon le capital culturel dont ils ont hérité. Mais l'école permet également l'acquisition de capital culturel: malgré des différences en termes de capital culturel, l'école donne des possibilités pour en acquérir mais le problème c'est qu'elle permet d'en acquérir par le capital culturel déjà acquis. Elle a tendance à attribuer à ceux qui ont déjà du capital culturel des diplômes, des titres... avec le capital culturel on fait du profit sur le marché scolaire. Le capital culturel existe sous trois formes, trois états: il existe à l'état institutionnalisé, c'est-à-dire sanctionné ou certifié par les institutions: c'est le cas du diplôme; à l'état objectivé, c'est-à-dire sous forme d'objets: tableaux, CDS, livres...; à l'état incorporé, c'est-à-dire une disposition durable du corps. Avec l'état incorporé, on touche le cœur de la socialisation, par exemple la langue c'est du capital culturel à l'état incorporé. Le capital culturel s'incorpore aussi sous forme de postures, qui sont également des signes de position sociale. On a des repères lorsque l'on observe les gens et on les classe dans telle ou telle position sociale, on arrête pas de le faire, mentalement. C'est d'ailleurs de là que peut provenir un sentiment d'insécurité: les personnes qui voient des gens avec survêtements et casquettes affichent à ces derniers une étiquettes de jeunes de banlieue, et ainsi développent un sentiment insécuritaire. Le classement des autres personnes par nous-même dépend également de sa propre position sociale dans l'espace social: un individu placé en haut de la hiérarchie sociale pourra identifier plus facilement la catégorie des personnes étant également dans un milieu supérieur que la position des personnes de milieux populaires, et inversement. Les fractions cultivés des classes dominantes ont certaines façons de se tenir, de s'habiller qui permettent de les distinguer des fractions plus riches économiquement des classes dominantes: par exemple, on verra rarement un professeur d'université porter une cravate, alors que c'est une forte probabilité pour les cadres d'entreprise. La spécificité du capital culturel, c'est que l'on ne peut pas s'en séparer: on peut se débarrasser du capital culturel institutionnalisé et objectivé, mais pas du capital incorporé. Le capital culturel est profondément inscrit dans le corps.

Comment mesure-t-on le niveau de capital culturel? On le mesure au niveau de diplôme. Cela dit, le capital scolaire ne représente pas l'ensemble du capital culturel: on peut avoir un titulaire de CAP qui lit des livres, fréquentent des musées...qui ont un niveau culturel supérieur à leur catégorie sociale; ce sont des pratiques autodidactes.

 

Le capital social et le capital symbolique:

Le capital social correspond à l'ensemble des relations dont dispose un individu et ca correspond aussi au volume de capital que possèdent ces relations, aux différentes possessions de capital de la personne avec qui on est en relation. Ce capital social est très inégale selon les différentes positions sociales. Puisque l'homogamie est une loi sociale, les personnes de catégories dominantes vont avoir des relations avec des personnes de même catégorie. Les personnes de catégories sociales élevées sont celles qui ont le plus de capital social. Une personne d'un milieu populaire va être en relation avec des personnes qui possèdent un volume de capital assez faible. Lorsqu'on cherche un emploi, c'est une activation forte du capital social. Pour trouver un emploi dans une entreprise par exemple, il vaut mieux connaître les cadres que les ouvriers. A un même diplôme donné, un individu d'une catégorie dominante aura plus de facilité à faire fructifié son diplôme pour la recherche d'un emploi qu'un individu de milieux populaire, pour la simple et bonne raison qu'il possède un réseau de connaissances plus large et plus important. Dans les classes dominantes les niveaux de relations sont plus élevés: ils beaucoup de liens fort et liens faibles. Dans les milieux populaire le niveau de relations est moins important car il y a que des liens forts, pas de liens faibles.

Le capital symbolique s'apparente au prestige. Selon Bourdieu, c'est le crédit et l'autorité que confèrent les autres sortes de capital lorsqu'elles sont reconnues. Le prestige inspire à ceux qui le reconnaissent un certain respect pour la personne. C'est du capital culturel mais reconnu et qui se transforme en prestige. On reconnaît aux classes dominantes une compétence intellectuelle et culturelle, et alors on les envie, on les respecte. Le capital symbolique est méconnu comme moyen de domination, mais est reconnu lorsqu'on parle de compétence. Puisqu'il joue sur le prestige, c'est également un moyen de domination. Cela se traduit dans la façon dont les personnes s'adressent à ces personnes de prestige. Bourdieu parle aussi de violence symbolique: détenir de forte ressources culturelles permet d'établir une violence symbolique, une sorte d'indignation face à cela.

 

Parmi les différentes formes de capital, ce sont le capital culturel et le capital économique qui fournissent des critères de différenciation pour construire l'espace social. Les agents se distribuent dans l'espace social selon une double dimension. La première, verticale, oppose les personnes fortement dotées en capital à celles faiblement dotées en capital, elle oppose les dominants aux dominés. En raison du capital qu'ils détiennent et de par leurs pratiques, ils exercent une domination. Par exemple, la domination du chez d'entreprise s'exprime tous les jours, c'est lui qui décide et exerce donc une autorité sur ces salariés. Là la domination est acceptée par le salarié lors de la signature du contrat, elle est reconnue et acceptée. Toutes les positions déterminées dans l'espace social par Bourdieu sont déterminées relationnellement. La seconde dimension, la structure du capital c'est-à-dire la répartition entre le capital culturel et le capital économique. Cet axe horizontal permet de rendre compte des oppositions qui existent entre les opinions politiques, les manières de s'habiller, de consommer... des oppositions des styles de vies entre les personnes étant plus fortement dotées en capital culturel qu'en capital économique et les personnes plus fortement dotées en capital économique qu'en capital culturel, et cela au sein même d'une catégorie sociale (catégories dominantes, moyennes ou populaires). L'espace social analysé par Bourdieu est analysé comme un espace relationnel ou conflictuel. Les groupes sont en luttes, d'une part pour s'approprier les différentes formes de capital et d'autre part, également pour définir la valeur de ces différentes formes de capital. Depuis longtemps c'est le capital économique qui constitue le capital le plus valorisé. Le comportement du président de la république ( la plus belle montre, le yot, l'avion, ) participe à la valorisation de ce capital économique, à un niveau symbolique notamment. Cela explique que les véritables dominants soient ceux qui ont plus de capital économique que de capital culturel, ceux dont la structure du capital est en faveur du capital économique (concerne la partie en haut, à droite de l'espace social). Ceux qui se situent en haut gauche, dont la structure de leur capital est en faveur du capital culturel, sont appelés par Bourdieu les dominants dominés. Les luttes s'exercent surtout autour des classes dominantes pour définir la valeur des ressources qui permettent de dominer. Elles se ressentent également par le mépris exprimé concernant la valeur du capital culturel selon les uns et les autres. Ceux qui occupent le bas de l'espace social sont également engagés dans les luttes. Dans les luttes politiques, les fractions en faveur du capital culturel dans les classes dominantes rejoignent ceux qui occupent le bas de l'espace social pour s'allier contre la fraction à faveur économique des classes dominantes.

Il faut bien tenir comte du rapport relationnel de l'espace social: les gouts dominants ne sont dominants que parce qu'il existe des gouts populaires.

 

Au sein de l'espace social, Bourdieu distingue trois classes sociales, même s'il refuse une vision théorique des classes sociales: les classes dominantes ou supérieures caractérisées par l'importance du capital dont elles disposent; la petite bourgeoisie ou les classes moyennes, cette petite bourgeoisie se caractérise par sa volonté d'ascension sociale selon Bourdieu; et les classes populaires qui se caractérisent par la dépossession (= idée de relation de domination) des différentes espèces de capital.

Les petits bourgeois occupent une position intermédiaire dans l'espace sociale (instituteurs, cadres moyens, petits commerçants et artisans). Si bourdieu utilise le concept de petite bourgeoisie, c'est qu'il situe ce groupe du coté de la bourgeoisie parce que les représentations de la petite bourgeoisie s'expliquent par une volonté d'ascension sociale, qui est enfaite une volonté d'appartenir aux classes dominantes. La petite bourgeoisie a moins d'enfants que les autres groupes sociaux: la fécondité est inférieure à 2 enfants alors qu'elle est supérieure à deux enfants pour les autres groupes. Ce petit nombre d'enfants permet d'obtenir leur ascension, en ayant moins d'enfants on peut concentrer toutes les ressources sur cet enfant et optimiser les chances de réussite sociale et d'ascension sociale. Les enfants sont chargés de prolonger l'ascension sociale, il y a des stratégies d'ascension sociale. De plus, elle est caractérisée par l'ascétisme qui se manifeste, l'esprit d'effort et de sérieux, dans la dimension économique notamment: il faut épargner de l'argent. Cette volonté d'ascension sociale se traduit aussi dans la formation scolaire des enfants, il y a un fort investissement des parents: incitation à avoir des bons résultats scolaires, cours supplémentaires, soutien... Selon Bourdieu cette position intermédiaire des petits bourgeois est à l'origine de leurs pratiques et de leurs gouts.

Les classes populaires sont condamnées au choix du nécessaire: pousse les individus qui ont peut de ressources économiques à faire un choix dans l'achat des biens en fonction de leur degré de nécessité. Par exemple, les voyages à l'étranger sont très peu fréquents. C'est le cas des travailleurs pauvres par exemple.

 

 

II- L'habitus:

L'habitus est une matrice sociale intériorisée à travers laquelle on voit le monde et qui guide nos comportement. Ce sont nos structures mentales qui nous font voire le monde, agir, sentir de telle ou telle façon, en adéquation à la catégorie sociale à laquelle on appartient. Chacun d'entre nous à un habitus singulier qui est le produit de son histoire. Il se constitue d'abord au cours de la petite enfance, de l'enfance; c'est la socialisation primaire; puis par la suite mais c'est la socialisation primaire qui à un rôle majeur. Cette intériorisation des manières d'agir et de penser est différente selon le milieu social. Cette socialisation primaire passe notamment par l'éducation. L'habitus c'est également ce qui sépare les individus au sein de l'espace social. Bourdieu définit l'habitus comme étant un système de dispositions durables et transposables.

Système de dispositions: les dispositions sociales sont les tendances à penser et à agir de telle ou telle façon dans telle ou telle circonstance. Elles sont intériorisées et incorporées par l'individu, et sont donc non conscientes pour l'individu. Elles sont intériorisées en relation avec les conditions d'existence qui définissent telle ou telle position dans l'espace social. L'ascétisme est un exemple de dispositions. Ces dispositions sont durables car ont les intériorise pendant la socialisation primaire puis secondaire; elles persistent. Les dispositions sociales sont transposables parce qu'elles ont des effets, elles se concrétisent d'un domaine à l'autre de l'existence: elles existent aussi bien dans le domaine économique que culturel ou symbolique.

Ascétisme: esprit de sérieux, d'efforts.

Ascétisme scolaire: bon travail, travail sérieux

 

Les habitus individuels sont singuliers puisque chacun combinent une diversité d'expérience sociale. Toutefois il est possible de percevoir des classes d'habitus et des habitus qui se distinguent entre les catégories sociales. Il intègre le principe de non conscience: le discours commun sur nos propres pratiques n'est pas conscient de ce déterminisme qui pèse sur ces dernières. C'est une affirmation qui dérange beaucoup de gens, car il ne signifie que nous sommes pas lucides des déterminants qui déterminent nos actions. Pourtant c'est une réalité sociale objective; c'est que l'on vit avec nos représentations et c'est ce qui permet de supporter cette réalité sociale, d'ailleurs. Exemple du choix du conjoint.

 

 

III- Sociologie de la culture:

quel est le rapport de non conscience du choix du conjoint avec les pratiques culturelles?

On penses nos préférences esthétiques comme librement déterminées, comme un choix individuel. Pourquoi les moins de 30 ans n'écoutent pas de musiques classiques et les plus de 50 ans en écoutent beaucoup? Si c'était des choix individuels on autrait une répartition égalitaire des pratiques culturelles, or on constate qu'il y a des différences selon l'âge, le diplôme, le genre... selon qu'on appartient à telle ou telle classe on sera plus porté vers telle ou telle musique, telles ou telles pratiques culturelles. De même l'appartenance de genre joue beaucoup sur les goûts musicaux: les gens qui écoutent du rap sont beaucoup plus masculins que féminins.

En matière artistique il y a des critères socialement construits et des valeurs qui sont socialement attribuées à telle ou telle personne. Le jugement esthétique est objectif et la sociologie s'intéresse à la façon dont la valeur se construit. Pierre Bourdieu montre que l'intérêt pour telle ou telle œuvre, le goût et la manière de consommer le produit, dépendent d'une part de nos dispositions qui constituent notre habitus, et d'une autre part, de la logique de la distinction. L'habitus se manifeste par un ensemble de gouts et de pratiques qu'elles soient culturelles ou non, et cet ensemble définit un style de vie. Ces styles de vie sont le produit de l'habitus, et le style de vie est aussi un ensemble de signes qui possèdent des significations sociales. Par exemple, aux yeux des cadres d'entreprise, les pratiques culturelles des professeurs du secondaires sont sans valeurs, sans apport et importance. Le style vestimentaires sont tout autant liés aux genres, à l'âge, à la catégorie sociale des individus. Ces styles de vies sont également socialement situés aux yeux des autres. Ce sont des lois tendancielles: il y a des liens fort entre les catégories sociales et les styles de vie. Ce qui fait le lien entre la position sociale et les différents goûts, ou pratiques c'est le concept d'habitus. Dans cet ensemble la culture est la partie la plus visible de l'expression de l'habitus. Cela repose également sur la logique de la distinction: se distinguer; c'est cultiver sa différence. Selon Bourdieu le moteur de la stylisation de la vie, c'est la distinction. La distinction est une stratégie de différenciation qui est au cœur de la vie sociale.On cultive également nos différences par rapport à nos ressources. Par exemple, ceux qui possèdent le plus de capital économique se distinguent par l'extériorisation de cette richesse économique, ce qui se voit dans la voiture possédée, les vacances à l'hôtel, possession de plusieurs maisons. C'est le contraire pour les catégories populaires. En faisant cela je m'identifie dans le même temps à mon groupe d'appartenance: à la fois je me différencie des autres et je m'identifie à mon propre groupe d'appartenance.

Cette logique de la distinction s'appuie sur une hiérarchie des pratiques culturelles et des gouts et des gouts à un moment donnée. Il y a des gouts ou des pratiques plus légitimes comme le jazz, les beaux arts, la littérature de classiques. Cette hiérarchie existe pour tous, et pour les classes populaires également: même s'ils ne les pratiquent pas, n'ont pas les mêmes gouts; ils ont conscience de cette hiérarchie sociale des pratiques et des goûts, reconnaissent la valeur des goûts et des pratiques culturelles des classes dirigeantes. Cette reconnaissance de valeur est porté par tous les individus, on ne dira jamais des beaux arts ou de la littérature de classiques que c'est nul, que ce n'est pas de la culture. L'idée que la musique classique c'est la plus classée, la plus légitime est percue par tout le monde, est légitimée par tout le monde: on peut ne pas l'écouter, ne pas l'aimer mais on reconnaît tout de même sa valeur.

Il y a certains groupes qui sont en conflit pour la reconnaissance de la valeur de certaines pratiques. Les biens culturels des classes dirigeantes sont légitimes car ils sont possédés par les classes dominantes mais également parce qu'ils sont en haut de la hiérarchisation des goûts et des pratiques. Les conservatoires qui enseignent la musique classique participent à légitimer cette forme musicale. On également la promotion d'autre valeurs culturelles: le rap, le R&B, la pop.... cette promotion de nouvelles valeurs ou de valeurs différentes est faite par les industries de la culture. Il y a des institutions qui font la promotion de certaines pratiques culturelles, de certains biens culturels: les conservatoires, les maisons de la culture, l'école...

CM 3: Les rapports sociaux des pratiques culturelles vus sous l'angle des genres (sociologie des rapports de sexes, de genres)

 

 

La question de l'inégalité homme/femme est revenue à faire l'objet de débat. Aujourd'hui l'égalité de droit obtenue entre homme et femme est insuffisante: plus on monte dans la hiérarchie dans les entreprises économiques, plus les hauts postes sont masculin. Dans le domaine politique, on observe la même chose si on observe les membres du sénat, les députés... Ca a beaucoup changé en 50 mais ca a tendance a stagné voir régréssé en ce moment. Les inégalités de droits les plus grossières ont été supprimées: pendant longtemps les femmes ont été maintenue dans une situation sans statut juridique. Le droit de vote de la femme a été obtenue en 1945. jusqu'en 1965, les femmes n'avaient pas le droit de travailler sans demander l'autorisation de leur mari. Jusqu'en 1967 les moyens de contraception médicale étaient interdit, et enfin la législation en terme d'interruption de la grossesse a été adoptée en 1979. la situation des femme a connu une transformation considérable, qui a permit une émancipation des femmes ( 3 grandes transformations, source d'émancipation):

-il y a eu l'accès à la contraception qui a permis de contrôler les naissances; ce qui permet à la femme de se libérer un peu, d'être plus autonome de sa propre vie

-l'accès massif des femmes aux études supérieures

-l'accès massif des femmes sur le marché de l'emploi (auparavant elles travaillaient, mais il n'était pas rémunéré) et donc à un revenu; ce qui permet une autonomie économique vis-à-vis du mari.

Ce mouvement d'émancipation se développe timitement à partir de 1960, puis après largement à partir de mai 1968. cependant l'évolution n'est pas linéaire, le mouvement d'ensemble cache des reculs dans certains secteurs et par rapports aux classes sociales; l'égalité n'est pas vraiment acquise. Cependant, les rapports sociaux entre les femmes et les hommes ont considérablement évolué. Ce changement des rapports sociaux a engendré une redéfinition des identités sexuelles, de l'identité masculine comme de l'identité féminine. Aujourd'hui être une femme ce n'est pas la mêm chose que dans les années 50, elles ont un emploi, un revenu, sont moins dépendantes des hommes. Du coup, l'exercice de la domination masculine comme elle s'exerçait dans les années 50 est moins forte: les hommes ont du prendre en charge l'éducation des enfants, les taches ménagères. Les identités sexuelles ne sont pas des données naturelles, mais des construction sociales et historiques. Les attitudes et les comportement qui varient selon le sexe, ne s'expliquent biologiquement mais avant tout, socialement. Il y a des dispositions sexuées, il y a un habitus masculin et un habitus féminin. Ce sont des différences qui sont donc socialement produites. Cette production différencielle et inégale des identités sexuelles mais en jeux la tortalité des pratiques, des représentations et des structures sociales. La division entre le masculin et le féminin, est une vision normale pour nous: il y a des biens ou des pratiques qui sont plus réservés aux hommes et d'autres, plus aux femmes. Les cheveux sont un exemple de principe de division entre l'homme et la femme. Cette division fonctionne également dans les structures mentale, car c'est une manière de classer: une manière de rire peut être qualifiée de féminine ou de masculine.

 

3 Domaines: l'éduaction et l'école; l'emploi et le travail; les goûts et les pratiques culturelles.

 

L'éduaction et l'école:

Durant l'enfance, la famille participe à transmettre des valeurs... la famille propose des modèles d'homme et de femme. A travers la famille et l'école la société propose des modèles d'hommes et de femmes, des rôles de masculins et de féminins. Et les rôles parentaux ne sont pas les mêmes à l'égard des garcons et des filles. Il y a une opposition actif/ passif assez intéressante pour analyser l'opposition entre hommes et femme. Par exemple les garcons sont plus stimulés sur le plan moteur quand ils sont bébés que les filles, et cela participe à l'opposition actif/passif. De plus les jeux attribués aux filles sont liées à des activités maternelle et domestique, et les jeux attribués aux garçons sont plus liés à la mécanique, à la violence, au mouvement, à l'aventure. Il y a donc une opposition entre l'actif et le passif transmise dans la socialisation dès l'enfance. Il y a des formes d'inculcation redondantes: tu es une fille alors tu vas jouer à la poupée, tu vas aimer le rose.... Il y a également l'opposition entre l'intérieur et l'extérieur qui permet d'expliquer et qui est liée à cette opposition homme/femme: les hommes s'occupent des tâches extérieures et les femmes des tâches d'intérieur. De plus, pendant l'adolescence les interdits de sorties sont beaucoup plus fréquents chez les filles que chez les garcons; ce qui favorise une sociabilité familiale chez les filles. L'homme est tourné vers l'extérieur. La montée de la scolarisation des filles fut de telle qu'elles ont rattraper voire dépasser les garcons; la scolarité des filles est meilleure que celle des garcons qi on compare les diplôme: 107 filles sont parvenues en 4eme sans redoubler contre 100 chez les garcons. Les bacs scientifiques concentrent plutot des garcons: 60% des garcons contre 40% des femmes. Il y a également une opposition entre le littéraire et le scientifique: les hommes sont plus portés vers les matières scientifiques et les femmes vers les matières littéraires. La réussite scolaire des filles devrait donc les conduire vers des postes d'excellence et si ce n'est pas le cas c'est qu'il existe des critères de sélections: les filles de milieux moyen vont s'auto-selectionnées et s'auto-censurées. Les parents, et les professeurs dans une moindre mesure, valorisent sans le savoir les garçons pour les matières dominantes, notamment les mathématiques: les professeurs interrogeaient plutot les garçons pour les exercices difficiles les filles pour les exercices plus faciles. Cela apparaît un peu comme naturel, mais en fait c'est tout à fait socialement construit. Les parents ont plus tendance à pousser les garcons à travailler, à s'inscrire dans une filière scientifique. Toutes ces divisions sont également structurées mentalement.

 

L'emploi et le travail:

L'activité professionnelle des femmes a beaucoup évolué au cours des 40 dernières années, mais le chômage et le travail à temps partiel forcé, touchent davantage les femmes que les hommes. En outre, le salaire des femmes à travail égal demeure moins élevé en moyenne à celui des hommes. C'est une dimension de la dimension masculine. De même, hommes et femmes n'occupent pas les mêmes emplois: globalement, on s'aperçoit que la moitié des femmes active font partie du groupe socioprofessionnel employé, et sont 70% si on ajoute les professions intermédiaires. Elles sont nombreuses dans le monde ouvrier. La diversification professionnelle des femmes est plus faible que celle des hommes: elles sont concentrées sur un nombre de métiers restreint. Enfin, plus on monte dans la hiérachie des entreprises, plus la part des hommes s'accroit: les femmes n'accèdent pas aux hauts postes. Une grande partie des professions occupées par les femmes sont soient des professions centrées sur la famille ou l'éducation, donc proches de l'univers domestique, soient des professions qui héritent des traits de la féminité en qualité professionnelle: l'infirmière, l'esthéticienne, la coiffeuse, la secrétaire, la vendeuse. On attend d'elles qu'elles soient discrètes, soignées.... Il y a aussi dans l'univers féminin beaucopup de métiers qui ont une dimension relationnelle: (chambre d'hôtes, les cérémonies de mariages). Il est indispensable de tenir compte de la division sociale du travail domestique, c'est-à-dire de la répartition des taches ménagères et éducatives, pour comprendre les inégalités entre les hommes et les femmes. En dépit des évolution, le poids des taches ménagères continuent de peser davantage sur les femmes. Selon une enquête de l'INSEE de 1999, les femmes ont consacré deux heures de plus par jour aux activités domestiques que les hommes, en moyenne. Et sur l'ensemble d'une semaine, les femmes assuraient les 2/3 du travail domestique → double journée de travail des femme, ce qui explique que les carrières de femmes connaissent moins de promotions que les carrières masculines: cette double journée de travail pèse considérablement sur l'activité professionnelle des femmes. A l'inverse la priorité des hommes, c'est l'activité professionnelle: ils y consacrent une heure et demi de plus par jour que les femmes. Cette enquête de l'INSEE montrait que les hommes bénéficient sur une semaine d'une journée et demi de loisirs de plus que les femmes.

 

Les rapports sociaux passent aussi par les pratiques culturelles et les gouts. Les gouts et les pratiques culturelles sont pour la plupart sexuellement marquées et agissent comme des marqueurs d'identité de sexe. L'opposition entre intérieur et extérieur se retrouvent et jouent également dans les gouts et les pratiques. La lecture de fiction par exemple est une activité d'intérieur, et donc davantage consommée par les femmes; et les hommes ont plus de pratiques culturelles extérieures et nocturnes: ils sortent le soir. Une autre opposition se retrouve, celle entre le monde des choses humaines qui est tendanciellement féminin et le monde des choses matérielles qui est tendanciellement masculin ( goût pour les sciences et la techniques, pour la mécanique, le bricolage). Ces deux oppositions permettent de penser une bonne partie de la répartition des gouts et des pratiques culturelles entre les hommes et les femmes. De plus, les hommes regardent des émissions sur la politique alors que les femmes des séries de sciences fiction. La lecture de magasines féminins, mais également d'éducation, de famille... sont typiquement dans sphère d'un public féminin alors que les magasines d'informations et de politiques sont beaucoup plus lus par les hommes. Si le caractère sexué des pratiques culturelles et des goûts reste assez marqué, on relève aussi des améliorations. On note un moyvement récent de féminisation des pratiques culturelles, progessent des pratiques portées sur le goût féminin. Globalement l'intéret des femmes pour l'art et la culture (musique, livre) est plus fort que celui chez les hommes. Ce mouvement peut s'expliquer par les transformations qu'a connu la société. Du coup, les femmes sont également plus nombreuses a occupé un métier d'éducation, concernant les pratiques culturelles des enfants. Dans le même temps, les hommes ont pris leur distance à l'égard de certaines formes traditionnelles d'accès à l'art et à la culture. Le mouvement de féminisation est aussi en évolution car il y a un recul de la consommation des hommes dans les pratiques culturelles traditionnelles (le livre, la lecture du roman).

 

 

 

Par licence1sociologie-poitiers.over-blog.com
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 12:48

 

Thème 3: Les rapports sociaux, le sport et la santé

 

CM 1: Sport(s) et sociétés

 

Introduction

Le sport: enjeu culturel, enjeu de classe

 

 

Longtemps, le sport a été négligé par les enquêtes sociales, du fait que ce n'était pas un phénomène massif. Dans les 30 dernières années, on a connu une massification du sport. Bien que l'on soit parti d'un groupe très restreint, très ciblé avec des caractéristiques précises..

Notre étude porte sur le sport moderne, marqué par la société industrielle. Il prend naissance dans l'Angleterre industrielle, puis se diffuse assez vite dans le monde entier. C'est un enjeu culturel et un enjeu de classe dès la départ, avec l'apanage de l'aristocratie anglaise.

Le sport est massif d'un point de vue politique. On parle du sport tous les jours, et on en troue des répercussions dans le monde entier: c'est un des spectacle le plus regardé au monde. Il traverse donc la mondialisation. C'est un argument pour dire que le sport est universel, partagé par tous. Il y a des discours sur le sport, des discours partagés mais il y a beaucoup de discours de sens commun. Quand il y a une coupe du monde, tout le monde en parle. Cela est donc porté par l'institution elle-même. Le Baron Pierre de Coubartin est le baron du sport, il va beaucoup écrire sur les sport, renouveler les jeux et il pense que le sport c'est l'amitié entre les gens. D'un point de vue social on s'intéresse aux faits, pas seulement aux discours. Quand on entend les discours, on entend pas les mauvais côté discours du sport puisque l'institution va discuter dans son sens. Ce sont donc des discours idéologiques. Que le sport soit universel est un discours idéologique puisque les femmes en ont longtemps été exclu. Mais le sport fabrique du consensus, des émotions partagées à grandes échelles; et ce consensus est très difficile a critiquer. Dès le départ c'est l'apanage des classes dominantes, puis il se diffuse. Aux 18eme et 19eme siècles, la pratique sportive est très développée: les ¾ des français apparaissent dans les enquêtes comme ayant une pratique sportive.

De plus on entend, le sport c'est la santé. Le ministère des sports a été crée en 1856 et jeunesse et sport ont souvent été liés. Le ministère du sport est très lié au ministère de la santé. Depuis les années 80, c'est le discours du sport qui intègre les jeunes. Le ministère de la ville développe les pratiques sportives, pour éviter les débordements de comportements dans les banlieues. A partir de là, il y a une massification et un discours: le sport permet de lutter contre la violence, permet de s'intégrer. Ce discours est pris au pied de la lettre par la ministre mais aussi au plus haut de l'état. Il y a une évidence biologique avec le sport; c'est une science de la vie. Un discours éthique est attribué au sport et même l'idée que ce serait un modèle, notamment pour les jeunes.

Mais, si on fait une analyse sociologique, on voit très bien qu'il y a des enjeux sociaux ( exemples des joueurs de foot professionnels), des enjeux économiques et politiques. Le président Nicolas Sarkozy a déclaré le « sport est une réponse à la crise »: c'est une réponse économique à la crise ? Est-ce une solution idéologique à la crise. Il y a un ensemble d'enjeux qui se mélangent.

C'est également du droit. Le sport participe au marché européen, mais a également permis de le construire. Il participe de la construction de l'espace européen et de la mondialisation. Marcel Mausse parle de phénomènes sociaux-totaux. Le sport est précisément ce genre de phénomène dans la mesure où il met en résonance de nombreuses institutions: le droit, l'économie, la politique, la santé... Il faut donc l'aborder de différentes manières.

Sur un plan sociologique, la question va se poser, d'un point de vue des rapports sociaux. On a une massification de la pratique sportive, mais est-ce pour autant dire que tout le monde pratique le sport ? On observe qu'il y a encore des exclus de la pratique sportive. Est-ce que les français pratiquent les mêmes sports ? N'y a t-il pas des affinités culturelles, des proximités culturelles entre des groupes sociaux et un type de pratiques sportives ? Se pose alors la question de l'égalité culturelle. Il y a une affinité entre classes moyennes et judo. Est-ce que la manière de pratiquer le judo, les sports, est la même pour tout le monde. Par exemple, le sport de compétition ce n'est pas la même chose que le sport de loisir. De plus, on remarque de nouveaux groupes qui pratiquent en dehors de clubs de sport.

Autant de questions qui se posent en terme de genres, de générations, de classes.

Il y a une diversité des pratiques sportives. Les sports sont donc traversés par les rapports sociaux. L'universalité se trouve remise en question. La thèse principale, c'est que le sport en tant que pratique culturelle, est traversé par les rapports sociaux, par les inégalités sociales, et par les inégalités de genre.

 

Quels sont les déterminants ? Comment est-on arrivé à cette situation ? Ne serait-ce pas plutôt l'objet d'une massification et non d'une démocratisation ?

 

Il n'y a que le sport qui arrive pratiquement autant à construire un effet de consensus au niveau de l'assemblée nationale: les lois sont quasi toutes votées à l'inhumanité.

 

 

 

 

 

 

Préambule: polysémie du sport

 

La sociologie c'est l'étude de la genèse des institutions, de leur fonctionnement et de leur devenir. La genèse nous permet de comprendre quelle est son origine: elle à l'origine un mythe porté sur l'institution. L'histoire a donc du sens, et il y a de la longue durée.

 

Quel est le sens?

 

Définitions:

Le sport est polysémique. Comment distinguer ce qui est réellement du sport?

Dès qu'on définit, il y a un enjeu puisque définir c'est un enjeu. Jacques Defrance, qui est à la base du sport français et qui a écrit sociologie du sport (1995), dit définir c'est inclure ou exclure. Pascal Duret qui a également écrit un livre, montre à travers les enquêtes par questionneurs qu'il y a une construction de l'objet. Il parle de cet aspect en disant que dans la construction du questionnaire, il y a la constitution de l'objet. Il y a une construction implicite des résultats de l'enquête.

Si on définit le sport, il y a deux grandes tendances: il y a des définitions de types restrictives ou extensives.

 

- Définition ciblée et qui a influencé les sciences sociales, de Pierre Coubartin : le sport est le culte volontaire et habituel de l'exercice musculaire intensif, appuyé sur le désir de progrès et pouvant aller jusqu'au risque. Il y a l'aspect physique, biologique; derrière il y a l'idée de progrès. Cette définition est importante parce que si elle a une connotation sociologique c'est a propos de la question du risque. Pour lui le sport est un cheval de Troie. Cette définition se retrouve dans les sciences sociales, en tout cas le risque et la compétition.

 

- Définition extensive: voir définition de Christian Pociello. Elle date de 1981, INSEP = institut national des sports et de l'éducation sportive (en France). L'INSEP a été développé par Charles de Gaulle. Elle est concurrencée par des boites privées aujourd'hui. Dans celle-ci on établit la performance, on a des laboratoires de physiologie, de la psychologie.... Une enquête est demandé à la fin des années 1970 par l'état.

 

- Le sport n'a pas seulement une définition motrice → voir défintion de Pierre Parlebas: définition plus académique, avec une mise en avant de l'institution.

Définition Jean-Marie Brohm.

Il y aune opposition théorique entre la définition de l'Insee et celle l'Insep. La théorie, c'est une vision. La théorègle étant une vision, c'est en regard de la théorie que je repère certains éléments, et que j'ignore certains autres.

 

 

I- Genèse et développement de l'institution sportive moderne.

L'histoire est importante pour comprendre les faits. De plus, c'est difficile de faire de la sociologie sans dimension historique: sociologie et histoire sont très liées. Pour comprendre le fonctionnement d'une institution il faut revenir à l'origine.

L'histoire, c'est la première arme de la critique, elle permet de dénaturaliser les rapports sociaux, elle évite de prendre le sport comme quelque chose d'intemporel. Il ne s'agit pas de refaire tout l'histoire mais de repérer. WRIGHT MILLS dans son livre met en avant cette dimension socio-historique et dit de l'histoire qu'il faut dégager des lignes de forces historiques, des tendances. Il faut s'arrêter sur des points clés de bifurcation des institutions, de bouleversements.

Quel est l'accord minimal entre historiens et sociologues ?

Il y a une rupture. Le sport moderne qui né sous le joute des deux révolutions, est marqué par son temps: pas de continuité avec les jeux antiques. Il y a 4 thèses qui se dégagent principalement, de cette genèse:

 

- le sport est un produit de la société industrielle qui lui imprime ses caractéristiques: domination de classe, mesure permanente du temps, compétition, les records. Cette approche est développée par Jean Marie Brohm, dans « sociologie politique du sport ». C'est une approche marxiste, ou freudo-marxiste ( mélange de l'analyse psycho-politique). Le record signifie la différence avec l'antiquité, puisqu'il appartient à notre société industrielle. Dans l'antiquité, les grecs étaient en record avec dieu. Le record, permet une comparaison entre une même personne, un athlète et les autres. C'est une dimension nouvelle.

 

- Réflexion à partir du livre de l'éthique protestante et l'esprit capitaliste, chez Max Weber. Le capitalisme, dans les sociétés protestantes, est une vision du monde dans laquelle il s'agit de réussir sa vie matérielle. Cette idée de devoir réaliser d'un point de vue matériel, s'accompagne d'une rationalisation du monde. Tout doit être calculé, évalué, rationnel. Ceci a été appliqué pour le sport. Pour certains, ce qui fait le succès du sport, c'est une forme d'éthique protestante.

 

- le sport est le produit de la civilisation, et on trouve cette idée chez Norbert Elias, qui s'associe à Emile Durkheim et qui a écrit le sport et civilisation, la violence refoulée, a l'idée qu'une civilisation se développe en refoulant sa violence. Elle développe avec le temps des phénomènes d'auto-contrainte de l'individu. Les institutions sont là pour contrôler cette violence. Il s'intéresse par exemple aux rapports de la table ( rapport au couteau et à la fourchette). Cette thèse est appliquée au sport. Le sport est un passe temps des sociétés civilisées car dans l'Angleterre du 19eme on a réaliser la révolution industrielle, et donc on va vers la démocratie. Du coup, les discours n'ont pas besoin d'une violence, les formes sont de plus en plus civilisées, et il y a une atténuation de la violence. Le sport fait partie du processus de civilisation et s'explique par ce dernier. Aujourd'hui et depuis 30 ans, les politiques de la ville mettent l'accent sur le contrôle social des jeunes à travers le sport. L'idée est qu'à travers le sport, on va réguler la violence. La violence urbaine pourrait être atténuée par le sport.

Elias a cependant une vision moyenâgeuse de la violence.

 

 

- le sport est le produit de rapports de force entre fractions de la classe dominante et entre d'autres classes sociales, dans le champ de lutte pour la définition du corps légitime.

Corps légitime: il y a plusieurs corps de sportif ( athlète, footballeur...). A travers le corps, l'hexis corporelle, les habitus; c'est aussi un statut de classe qui se construit. De plus, dans l'aristocratie le rapport au corps est très important.

à travers le sport se jouent des oppositions culturelles, de classes; une imposition symbolique ( le corps a été imposé, et tel type de corps est accablé).

 

Points communs à ces 4 thèses: reconnaissance de la rupture avec le sport des sociétés anciennes et de l'origine aristocratique du sport. Si on est face à une massification, le sport n'a pas complétement oublié ses origines, d'un point de vue institutionnel.

Une institution est un phénomène dynamique, en constante évolution.

 

A la fin du 19eme- début 20eme siècle, il y a une institutionnalisation. A partir de ce noyau très précis situé en Angleterre, on va avoir une mise en place d'associations sportives, puis de fédérations qui vont se diffuser au monde entier.

A la fin du 19eme, le débat va être porté sur la possibilité de pratiquer. Le sport est réservé à ceux qui ont le temps, un temps de loisirs (l'aristocratie). Les loisirs se massifient dans les années 70-90. Le spectacle sportif se développe, il va y avoir des paris et la classe aristocratique anglaise va employer des gens pour courir, pour faire du football; ce qui donne naissance aux sportifs professionnels.

institutionnalisation et internationalisation du sport. Il y a une diffusion.

 

Au début du 20eme siècle, on a des diffusions internationales. Dès les années 20, les états-unis connaissent une diffusion du sport. Il y a une méfiance de la pratique sportive: les français comme les allemands craignent la brutalité du sport. Il y a l'idée d'un amour excessif mais aussi un accent porté sur le collectif. Les états français comme allemands vont miser sur la gymnastique. Il y a alors un débat sur le surmenage.

Le sport se développe en France dans les lycées, dans les milieux les plus aisés. L'aristocratie continue à pratiquer et le professionnalisme se développe en France. Dès les années 30, le sport c'est le second média: on lit les journaux, donc il y a une presse sportive. Quels sont les milieux sociaux qui pratiquent les sports professionnels ? Ce sont les milieux populaires. Il y a des pression de milieux populaires, qui trouvent une solution à la dureté du quotidien. Même la boxe est un moyen pour le prolétariat de s'arracher à la production. Dans les années 30, il y a des phénomènes politiques: première idée du loisir pour tous, mais également de la santé.

Pour sa part, l'aristocratie continue à pratiquer et ne fait que reproduire ce que fait l'aristocratie anglaise ou d'affaires américaine. Thorsteim Veblen, écrit en 1899 et fait la théorie de la classe de loisir, qui va influencer Bourdieu. Il remarque que les industriels ou la grande bourgeoisie américaine pratiquent le sport, mais d'une manière visible: ce qui compte, c'est de se montrer; il va développer l'idée que cette classe de loisir développe une consommation de type ostentatoire ( consommation pour se montrer): «  pour s'attirer et conserver les styles des hommes, il ne suffit pas de posséder simplement richesse ou pouvoir, il faut encore les mettre en évidence ». Le but, l'idée c'est la distinction, marquer la différence et notamment dans les fractions de classes. Il remarque également une proximité idéologique entre la pratique sportive et les affaires. Il dit que dans le sport « on peut développer l'instinct de prédateur » et celui-ci est intéressant pour mener les affaires. Le capitaine de l'équipe doit avoir l'instinct de prédateur. On retrouve cette idée chez Weber, qui dit que le jour où la capitalisme aura perdu son éthique, il s'apparentera à la compétition sportive. Il y a des décalages au niveau international.

(chiffres français en 1909: 900 000 pratiquants).

 

Dans les années 30, il y a un développement de la pratique, qui se retrouve sous le régime de Vichy. Vichy a fait très attention au développement des sports, sachant que c'était le seul loisir sous l'occupation.

- Seconde guerre mondiale et la guerre froide: l'institution sportive monte en puissance, marque le quotidien des français. La guerre met un peu un frein à la guerre mais 1936 on a les JO en Allemagne. Dans ce conflit bipolaire, les sportifs vont devenir les représentants de modèles idéologiques et politiques: la politique s'empare du phénomène sportif. Chaque victoire est la construction d'un bloc idéologique. Le sport est un moyen de continuer la guerre autrement, dans une autre dimension. Le bloc communiste se dit: si on est en tête c'est notre idéologie qui se trouve vainqueur. Le sport se comprend dans ces enjeux politiques.

- La politique sportive de l'état se développe dans les années 60, dans cette période de guerre froide. Jusqu'aux années 60, on a une forme de continuité ( 1,3 millions de pratiquants). L'état français va miser sur le sport. Le général De Gaulle va appeler un homme connu, Hersogue nommé en 58 haut commissaire à la jeunesse et au sport,et va développer une politique sportive en France: développement des brevets, des fédérations. Hersogue est également en charge de la jeunesse, pas seulement du sport.

- Période 68-75: période de toutes les subversions. Elle remet en question l'idée même qu'on se fait du sport. Post 68, pratiques hors clubs qui se développent. Il y a des représentations politiques mais également existentielles. Toutes les institutions sont attaquées: l'état, l'université. Les devises et le plaisirs sont mis en avant, et il y a une critique du pouvoir et des institutions. Les institutions sont toutes remises en cause, même la famille, sauf le sport: le sport n'est pas directement attaqué en 68. Dans les sillages de mai 68, des intellectuels vont se poser la question de ce fait, ils se demandent pourquoi le sport est passé au travers et ils vont travailler tout l'été dessus. Dans Le pratiquant, une revue, on s'aperçoit qu'il y a des personnes qui remettent en cause la pratique sportive. On va apparaître les premières scissions de l'institution sportive: des gens refusent de s'entrainer en club, les nouveaux coureurs. Il s'agit des cadres, et notamment des femmes. Il y a une naissance d'une autre manière de courir, avec l'idée que le désir à lieu dès l'instant que l'on se met à courir.

Il y a dans le même temps des revendications écologiques. Ceci est une rupture symbolique dans le temps et dans la mesure où le risque, l'effort, l'ascétisme... toutes ces valeurs portées par l'institution traditionnelle sont remise en question dans le cadre de mai 68.

Il y a une phase de réaction dans les années 70: assouplissement des pratiques et remise en avant de l'idée de compétition. Il y a donc de nouveaux des débats idéologiques.

 

Les années 80 sont une période charnière car il y a une seconde rupture symbolique. 1981: le comité international olympique abandonne de manière systématique la pratique en amateurs. A l'origine le sport étaient pour les aristocrates. En abandonnant la pratique amateur, le sport devient un phénomène économique. On a un détachement de l'élite progressif avec la masse, et on a un développement des loisirs péri-urbains et des pratiques de nature. Le sport va évoluer au niveau de ses motivations. On associe le sport et l'aventure: l'écologie douce ou l'écologie dure ( paris-dakar). Il y a une machinisation et une dimension économique avec l'idée d'aventure. Il y a un développement des sports de rues ( baskets, skate, vélos) dans les années 80, et on a dans la version de l'enquête de l'INSEE de 1987, trois français sur 4 qui font du sport ( comparaison entre les 900 000 d'avant).

 

Depuis les années 90, il y a de plus en plus de clubs privés. Dans la diffusion du sport, il y a des facteurs économiques. Le politique se retrouve en retrait pas rapport à l'économie. On ne peut pas penser le sport sans sa dimension politique. On a des tractations qui se font entre les politiques et les grandes institutions internationales: les chefs d'états sont contraints de se déplacer devant ces institutions pour obtenir la présence des JO ou de compétitions.

Il y a une inversion entre les pratiques en club et les pratiques hors club: ¼ de pratiquants dans les sports traditionnels en club pour ¾ en amateurs.

 

 

II- Grandes enquêtes sur les pratiques sportives des françaises:

 

- 1967: date importante, car avant cette date il n'y a pas d'enquêtes sur les pratiques culturelles; et ce n'est pas une enquête sur la pratique sportive mais sur les pratiques culturelles en général. Qui est le sportif ? C'est un homme, diplômé, qui a moins de 30 ans et il est urbain ou citadin ( = 4 critères). A cette époque, on a 39% de pratiquants. Il faut attendre les années 80 pour avoir une enquête spécifique à la pratique sportive.

 

- dans les années 80, on a deux enquêtes: une de l'insee et une de l'insep.

Enquêtes Insep: dimension très extensive.

Enquêtes Insee: travail académique, centré

Toute l'analyse se jouent sur la définition des pratiques sportives: quelles sont les pratiques sportives?

Par exemple le CREDOC: 68% de pratiquants, donc entre les résultats de l'insee et de l'insep, mais il ne s'intéresse pas aux fédérations. L'INSERM est ciblé sur les jeunes.

 

- 2001: deux enquêtes différentes qui montre des inégalités de genres mais plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus l'écart de genre diminue. C'est l'inverse des milieux populaires.

 

Dans le texte de Lara Mullaire, publié en 2003 et republié en 2005 avec des compléments d'enquêtes, on voit que la pratique sportive des jeunes dépend avant tout de leur milieux socioculturels. Il y a un coté cumulatif: plus les jeunes pratiquent le sport dans les milieux favorisés, plus ils ont de pratiques culturelles → inégalité sociale dans les pratiques sportives. Cette inégalité peut s'engager d'un point de vue économique mais également avec des aspects culturels.

 

III- Les pratiquants du sport

      1. Du petit groupe à la massification

      2. Principes de construction de l'espace des sports

      3. Des sportifs socialement hiérarchisés et structurés

      4. Nécessaire analyse culturelle et symbolique du sport.

 

 

 

                  1. On passe d'un petit groupe, voire un micro-groupe à une massification. Les nouveaux entrants apportent leurs choix culturels, leurs manières de faire, qu'il s'agisse de jeunes de banlieues ou d'un milieu aisé. Les caractéristiques du sport changent avec la massification: on est passé d'un milieu homogène à un milieu hétérogène, qui accueille diverses personnes et en de divers lieux.

      1. 1) Du petit groupe à la massification:

 

2) Principes de construction de l'espace des sports:

Bourdieu s'intéresse au rapport au corps. Il dit que les injonctions sociales les plus importantes passent par le corps. Le corps est donc la formation de l'habitus. L'habitus est une dimension socio-corporelle.

Voir le schéma de Christian Pociello, sports et société qui est une approche socio-culturelle des pratiques. On se rend compte que les groupes sociaux favorisés avec un certain capital culturel vont s'orienter vers des pratiques liées à l'écologie; et d'autres avec un capital économique plus important, se tournent vers des pratiques plus liées à l'automobile.

 

 

3) Des sportifs socialement hiérarchisés et structurés:

Avant comme aujourd'hui, il y a des inégalités d'accès aux pratiques sportives. C'est une structure hypothétique et dynamique ( en évolution permanente).

Post 68: remise en question des hiérarchie

méfiance vis a vis du pouvoir et de l'organisation sportive. Les pratiques hors club se développent post 68, ce qui est également une remise en question de la hiérarchie.

Cependant, cette remise en question est relative.

Les peuples ex-colonisés, les noirs sont pendant longtemps mis à l'écart de cette pratique. Les femmes ont également étaient mises à l'écart.

hiéarchisation, structure du pouvoir.

Il y a encore une structuration ds le sport, non seulement par les rapports sociaux mais également par les rapports de sexes. Les femmes sont minoritaires où à la marge. Il y a massification et féminisation des pratiques, mais en revanche dans le domaine sportif les femmes sont à l'écart.

Il y a une structure et une hiérarchie qui pèsent sur le développement du sport.

Danss les années 70, des auteurs font des réflexions sur le sports et naissent alors des travaux:

- Jacques de France a participé à la construction du système des sports. Il a été chargé de travaillé sur l'athlétisme et notamment sur la symbolie du sport. Il a travaillé sur la course de fond et il remarque que l'athlétisme a un caractère fondammental. C'est un sport lié à l'éducation sportive, donc intégré dans le cursus scolaire. Il a une dimension historique profonde. La course de fond est considéré comme un sport pur, dépouillé et à un moment où de nouvelles pratiques se développent. Les effectifs stagnent voire décroissent et biensur le milieu des fondeur est parfaitement marqué par des caractéristiques des milieux populaires. Plus tard, il y a une forme de scission: les coureurs vont sur les routes et développent une revue. Jacques Defrance publie en 1986: la course libre ou le monde athlétique renversé; sociologie des représentations collectives de deux variantes de courses à pieds. La caractéristique sociologique des pratiquants est différente mais quasiment opposée à ceux qui ont battit l'histoire de la course de fond. On trouve essentiellement des cadres supérieurs et des cadres moyens qui s'investissent dans la course libre et donc a une inversion. Le plaisir de pratiquer est là encore mis en avant et remet en cause la hiérarchie sportive: on a pas besoin de structure et de hiérarchie disent les coureurs.

Fin 70-80: modalités différentes de la même pratique.

On est pas ds le simple traitement statistiques de groupes sociaux, on a des enquêtes de type ethnographique: on s'intéresse de très près aux significations sociales que portent les acteurs à leur propre pratique.

- travail de Suaud Charles, «  espace des sports, espace social et effets d'age. La diffusion du tennis, du squash et du golf dans l'agglomération nantaise », 1989. Il fait une critique a partir de trois clubs, trois pratiques sportives et leurs adhérents; réalise une mise en perspective historique de chaque club et s'intéresse au transfert d'une pratique à une autre: « la correspondance entre l'espace des sport et l'espace social ne se réduit pas aux relations entre les sports et les seuls groupes sociaux ». A partir du tennis, il y a l'idée qu'on ne peut pas attacher trop mécaniquement un sport à une classe sociale. Selon le type de club et en particulier l'ancienneté du club, on a pas le même type de pratiquants. Le SNUC est le club le plus ancien de l'agglomération nantaise et a été constitué en 1903. il y a des clubs également très récents. On trouve au SNUC pour près de 2/3 des membres de la classe supérieure. Les nouveaux clubs comportent de nouveaux pratiquants et notamment des jeunes, mais ils intéressent surtout les enseignants ( la moitié). Associer mécaniquement pratique de tennis et bourgeoisie, ca ,ne tient pas la route: il faut voir dans quel club et quel type de pratique. Il y a des enjeux culturels et de distinction. Par ailleurs, il faut intégrer d'autres variables ds la construction sociale de l'espace des sports que sont l'âge, les rapports de générations et de genres. Si on prend les rapports de générations, on remarque des transferts du tennis au squash ( essor début 80-milieu 80). il y a des effets sociaux bien-sûr: pratiquant issus pour la plupart de catégories sociales supérieures pour le squash, mais on remarque aussi qu'ils sont extrêmement jeunes ( moins de 25 ans ). si l'on trouve des jeunes dans le squash, c'est par opposition au tennis. On a une inversion dans l'âge du golf: les plus âgés passent dans le golf.

- Bourdieu dans « Choses dites » et notamment le chapitre « sociologie du sport », publié en 1987, met en question le système du sport alors même qu'il en est à l'initiative. Il dit: «  on ne peut pas analyser un sport particulier indépendamment de l'ensemble des pratiques sportives; il faut penser l'espace des pratiques sportives comme un système dont chaque élément reçoit sa valeur distinctive ». ce sont des pratiques distinctives, il y a du symbolique et du culturel. Les pratiques mises en relation permettent de déterminer des hiérarchies ds les pratiques sportives mais qu'il faut affiner dans les modalités des pratiques ( = la manière). Suaud remarque la qualité et l'importance de l'apprentissage et il remarque notamment que la plupart des pratiquants du CNU ont appris en famille: les parents sont capables d'enseigner le tennis; alors que dans les périphéries l'apprentissage se fait dans les collectifs. Ce que j'ai appris très jeune, va faire partie de quelque chose que j'ai en moi: c'est une aisance naturelle. → hiérarchie entre les pratiques mais également entre les modalités de pratiques.

 

 

4) Nécessaire analyse culturelle et symbolique du sport.

Dans l'idée de pratique sportive il y a l'idée de rapport au corps. Dans le sport de haut niveau professionnel, le rapport est ambivalent car le sport n'est pas une fin en soi: il est le moyen de la réalisation de la performance. Il y a une culture corporelle paradoxale chez les sportifs de haut niveau: ils ont besoin du corps, et en font un instrument de travail → instrumentalisation du corps. Les sportifs sont dans un choix qui devient presque exclusif: on a goût pour l'exclusivité, pour une pratique unique. En même temps, on a d'autres possibilités: il y a des sportifs qui vont développé un goût pour la variété des pratiques: ils ne conçoivent pas de faire toujours la même pratique, et combinent dont des pratiques. Certain milieux sociaux refusent le côté intensif du sport qui peut être dangereux et vont développer un goût pour la variétés des pratiques sportives → éclectisme des pratiques sportives.

A travers le sport, il faut une analyse culturelle mais aussi symbolique. Le symbole de la course libre, c'est la liberté. Chaque type de pratique sportive peut engagé un symbole: symbole de la virilité pour le rugby par exemple. Au delà des aspect économiques, il faut mener des analyses culturelles et des analyses sur les symboles.

IV- Facteurs de développement des pratiques sportives:

Quels sont les déterminants qui poussent au développent des pratiques sportives ?

 

- Les aspects politiques: dans le cadre de la guerre froide le sport est un enjeux politique, ce qui a contribué au développement des pratiques sportives. La France dans les années 60, s'intéresse au sport; elle va le développé. De Gaulle y sera pour quelque chose, mais surtout Hersogue. Il y a toujours des enjeux politiques à travers le sport, aujourd'hui.

 

- les aspects techniques et économiques: il faut des moyens économiques de subsistance pour que le sport se développe. Le budget des ménages ne vont pas dans le sens du sport à l'origine. Le sport profite des trente glorieuses. De plus, la technique, la réflexion des ingénieurs dans les laboratoires permet d'inventer de nouveaux sports.

 

- Le temps libre et les loisirs: la diminution du temps de travail et les conquêtes faites par lutte ont permis le développement du temps libre et ce dernier a lui-même permis le développement des pratiques sportives. On vit depuis 7-8 ans une inversion dans l'évolution des temps libres: remise en question des 35 heures et en 2007 on n'a pas de ministère du temps libre.

 

- La culture et les modes de vie: les classes supérieures et la petite bourgeoisie qui va se calquer sur la classe dominante va développer une pratique sportive et une attention particulière au corps.

 

- Ensuite les mouvement féministes: les mouvements féministes post 68, en s'emparant de la pratique sportive conquièrent des lieux de l'espace public, alors que l'espace public c'est l'espace de l'homme. On va vers l'extérieur, vers l'espace public et donc à travers le sport la femme acquière une sorte d'autonomie. C'est un gain qui rejaillit sur les rapports de couples. Il n'y aurait pas eu une massification des pratiques sportives, si les femmes n'étaient pas entrées dans les pratiques sportives: sinon on serait dans la même situation qu'en 1967.

 

- Attention au corps et à la santé: l'attention au corps se développe avec l'ascension sociale et l'attention à la santé n'a fait que de se développer dans les sociétés industrielles. La santé contribue au développent de la pratique sportive: il manger sainement mais également bouger.

 

- L'entrée dans la société de consommation: les pratiques sportives sont des biens de consommation. Elles engagent un marché économique: il y a les offreurs et les demandeurs.

 

- Le taux et la durée de scolarisation: plus les études durent et plus les gens pratiquent. Il 'est pas étonnant qu'il faille attendre les années 60- voire 70 pour que les pratiques sportives se développent puisqu'avant les années 1960 il n'y a pas de massification scolaire et la durée de scolarisation ne s'arrête pas à 16 ans mais à 12 ans.

 

- L'individualisme et les sortes de sociétés contemporaines: il y a une revendication de l'autonomie qui contribue au développement des pratiques en dehors des clubs sportifs.

 

- La médiatisation et l'autonomisation du sport professionnel: il y a une médiatisation qui a des effets contradictoires, il faut donc l'envisager de manière paradoxale. D'un côté on a des personnes qui font par de fascination ( les jeunes notamment cherche des modèles dans les champions) et elle permet alors l'investissement et le développement des pratiques. De l'autre côté, le sport peut servir de repoussoir à d'autres groupes sociaux, ce qui contribue au développement de pratiques en familles ( faire du vélo...). Certains parents se disent que le sport de compétition ce n'est pas la santé.

 

V- Tendances contemporaines:

      1. Diversification des pratiques sportives

      2. Oppositions culturelles

      3. Complexification du champ des activités physiques et sportives

      4. Le sport, une affaire de jeunes ?

 

1)

D'un point de vue objectif, il y a beaucoup plus de pratiques sportives que dans les années 60: jusqu'aux années 60, on est dans une continuité historique avec la mise en avant d'un sport classique, olympique, les grandes épreuves, les grands sports collectifs... Les années 70, représentent un moment de développement d'autres pratiques et il y a une intensification dans les années 80, où des pratiques se mélangent. Il y a une humeur, un sentiment anti-institutionnel post 68; ce qui va permettre de diversifier. Elle va contribuer au développement de pratiques auto-organiser, et va donner naissances aux sports de rue qui refusent la hiérarchisation des sports traditionnels. Il y a également un engouement pour les pratiques de pleines natures: au cours de 2002, 25 millions de français ont pratiqué au moins une fois dans l'année, une activité de pleine nature ( enquête de l'insep). On constate également l'hybridation des pratiques ( mélange) qui a permit une diversification des pratiques: il y a une combinaison d'activités sportives traditionnelle ( ex du triathlon : ski, course...); des combinaisons d'activités sont crées ce qui donne naissance à une nouvelle pratique. Des personnes combinent de jeux d'échec avec la course à pied; de boxe et de jeux d'échecs; de squash et de badminton. C'est liée à de nouveaux groupes sociaux qui rentrent mais il y a également des facteurs technologiques qui se dressent. Il y a un double mouvement de localisation des pratiques sportives mais dans le même temps de délocalisation: on change la pratique sportive de site. Pociello, dans un livre « les cultures sportives », en 1999, dit qu'il y a un double mouvement de naturalisation des villes et d'urbanisation de la nature: exemple de l'escalade qui se développe post 68 ( prise artificielle dans un mur naturel, un site naturel).

 

 

2) Les oppositions culturelles:

- Une pratique sportive s'oppose à une autre: pratiques traditionnelle et le sport de rue.

- Oppositions au sein de la même pratique

 

Dans les années 80 et surtout 90, se développent les sports de rue ( 20 ou 30 ans après les états-unis) et l'idée des politiques est de dire que ces pratiques ne sont pas socialisantes. A tel point que les politiques ne parlent pas de pratiques auto-organisées mais de pratiques sauvages. L'idée de Chantelat c'est de montrer que les pratiques sportives ont du sens pour les jeunes, et qu'il y a des éléments de socialisation dans ces pratiques qui ne relèvent pas des sports traditionnels. D'abord, ces jeunes qui pratiquent au pied de l'immeuble ne sont pas arrivés dans l'immeuble: ils se déplacent, ils vont rencontrer d'autres équipes. Il y a de véritables oppositions culturelles de ces jeunes: ces jeunes s'opposent de manière radicale parfois concernant les pratiques sportives. Quel est le rapport a autrui, à l'espace, au corps, et à l'excellence corporelle à travers ces pratiques?

 

- le rapport à autrui:

    • dans les clubs, les pratiques sportives instituées (fédérales): on ne choisit pas ses partenaires, la sociabilité est forcée.

    • dans les pratiques auto-organisées: on choisit ses partenaires. La sociabilité est choisie, et on trouve une hétérogénéité du groupe en terme d'âges, d'origines. Il y a une résistance des jeunes vis-à-vis de l'institution.

 

- Le rapport à l'espace

    • dans les pratiques instituées: le lieu est standard, commun quelque soit la ville → lieux sportifs non standardisés espaces communs à partager ( cohabitation)

    • dans les pratiques auto-organisées: on joue partout, il n'y a pas d'espaces proprement adaptés → espaces standardisés et exclusifs.

 

- Le rapport au temps:

    • dans les pratiques instituées: temps linéaire ( progrès)

    • dans les pratiques auto-organisées: discontinu et circulaire ( détente)

 

- Le rapport au corps:

    • dans les pratiques instituées: souci de se départager et de classer et le corps doit être efficace.

    • Dans les pratiques auto-organisées: il y a une dimension duelle de l'activité et le corps est un spectacle.

 

- Le rapport à l'excellence corporelle

    • dans les pratiques instituées: efficacité collective → logique du résultat, logique de réussite, de victoire

    • dans les pratiques auto-organisées: prouesse technique individuelle, aspect esthétique → logique de détente, ludique.

 

 

Autre enquêtes qui porte sur les glisses urbaines: le roller et le skate, publiée en 2005 de Patrick Burlot et Muriel Paupardin

surreprésentation des classes dominantes ou moyennes dans les pratiques. Ils pratiquent en liberté, en autonomie, de manière auto-organisés et s'opposent alors aux 3% de pratiquants licenciés. Il y a une initiation, un apprentissage lié au groupe de pair. Les jeunes s'opposent radicalement, et rejettent le club. Mais on voit également des jeunes das les structures fédérales, ce qui concerne notamment les milieux favorisés. La même personne peut s'engager de manière différente, notamment au sein des catégories dominantes.

 

Exemple de la course:

au sein de cette pratique il y a des oppositions culturelles et de valeurs. Il y a des pratiques auto-organisées et autonomes avec certaines valeurs, revendiquant l'intégration sociale et la participation; et des pratiques instituées avec d'autres valeurs, les compétions, l'ascétisme. Il y a également des activités nouvelles qui peuvent avoir des valeurs issues du passé, de pratiques traditionnelles. Avec la course à pied on a la dimension humanitaire ( relais du coeur....), l'aventure ( marathon des sables, Raid Gauloises), le tourisme festif ( marathon du médoc, corrida, tour de la vienne), les défis personnels, le souci du corps ( le sport est bon l'hygiène → tapis roulant, club fitness).

On peut avoir des pratiques polyvalentes puisqu'une même personne peut pratiquer dans des cadres différentes. A travers la même activités physique, on a des liens de fracture. Ces oppositions culturelles complexifient l'idée du système du sport.

 

3)

On a une complexification des pratiques sportives.

Christian Pociello dans son enquête sur le sport, il développe 5 tendances:

  1. une individualisation ou mieux une personnalisation des activités

  2. délocalisation, écologisation, agoraphilie

  3. une technopolisation des pratiques ( instrumentations, appareillages, véhicules)

  4. une mise en forme aventureuse des activités

 

 

Bourdieu, dans chose dite en 1987:

Il dit que ce qui est important ce sont les modalités des pratiques sportives. Il y a une dispersion des manières de pratiquer. Cette dispersion s'accroit avec la massification.

Exemple du vol libre

en 1980 = sport nouveau, très onéreux, qui nécessite d'avoir des compétences en météorologie → ingénieurs qui ont des compétences techniques et du capital culturel et économique. Mais l'on a ensuite une massification de cette pratique, d'autres catégories de personnes pratiquent le vol libre mais dans une modalité différente.

 

Dans le sport professionnel, ce sont les milieux populaires qui s'investissent car l'idée est de s'arracher au monde de la production. On a toujours ce phénomène dans certaines activités aujourd'hui. Le cyclisme reste aujourd'hui une activité des milieux populaires, tandis que pour le tennis on a plutot des personnes de milieux favorisés qui vont s'inscrire dans le sport professionnel.

 

Aujourd'hui le phénomène de multi-pratiques s'est considérablement développé: le choix exclusif d'une activité est fortement remis en question, quand on voit la pratique des jeunes notamment. Dans les groupes sociaux les plus favorisés, on a le phénomène d'éclectisme dans les pratiques sportives comme on le trouve dans les goûts musicaux ( étude de Coulangeon).

Conclusion: Démocratisation ou massification sportive ?

 

 

4)

La pratique sportive des jeunes ne se dément pas puisqu'elle est lié à la massification scolaire qui est à l'œuvre depuis quelques années. Malgré tout, ce constat se nuance.

Il y a des activités qui sont la prédilection des jeunes: les sports de rues, roller/skate. Le roller a tout de même évolué depuis les années 70: il y a maintenant le roller de promenade qui ne représente pas le même public ( plus adultes). Les jeunes pratiques ont tendance à investir certaines pratiques plutôt que d'autres, au dépend de personnes plus âgées. La pratique adolescente est tout de même en décroissance ces dernières années. Il y a une décroissance relative des 15-18, toute pratique mélangée. En revanche on a un nouveau groupe qui était extrêmement réduit dans les années 70 et qui a doublé aujourd'hui: il s'agit des 50 ans et plus. Il y a un allongement des cycles de vie sportif, qui contribue lui aussi à la massification des pratiques. Première chose, la diversité des pratiques physiques et de leurs modalités, permet aux personnes plus âgées de pouvoir continuer à pratiquer. Dans le sport il y a des effets de génération: on est très vite vieux, dans la logique compétitive notamment ( exemple de la gymnastique); les diverses modalités des pratiques sportives permettent donc de continuer la gymnastique en loisir par exemple. On a un allongement possible par la diversité mais également un phénomène de reconversion au cours du cycle de vie sportif. On peut avoir un athlète qui à un moment donner va passer à la course sur route.

 

On a remarquer dans les enquêtes un débat de la pratiques sportives, à l'occasion du départ en retraite. Les retraités se mettent à avoir une activité physique, commencent à pratiquer le sport à ce stade de leur vie. Il y a une dimension tout a fait nouvelle et il y a des filières qui se spécialisent sur cela, dans des pratiques pour les handicapés ou pour les personnes âgées. Cela et une donnée qui se vérifie depuis une dizaine d'années.

 

Dans les tendances contemporaines, l'économie est une réalité contemporaine. Tout cela est inscrit dans des structures économiques,dans la mesure où il y a un marché on a des producteurs et des consommateurs.

 

Conlusion: démocratisation ou massification sportive ?

 

au départ, on a un groupe extrêment précis: on est aller de l'homogène à l'hétérogène. Une institution va progresser dans les années 80-90 et cette unité du sport se désagrège. Est-ce qu'il y a un sport ou plusieurs sports ?

Il y a la fois une espèce d'unité mais également un éclatement des pratiques avec des personnes de plus en plus diverses. On pourrait parler de démocratisation, or on remarque qu'il y a des pratiques qui restent reservées aux catégories dominantes, il y a des personnes totalement exclues: les femmes, et notamment les femme de milieux populaire et immigrée. La démocratisation est donc extremement relative: on parle plutôt d'une massifcation évidente puisque la question de l'égalité de spratiques reste posée, mais également la question des modalités de pratiques. Au dela des freins économiques, évident pour certaines pratiques, il y a également une dimension culturelle qui freine et qui contre l'investissement dans une pratique. Il y a une dimension culturelle qui préside le choix sportif.

 

Enfaite les inégalités de départ ne sont pas complétement corrigé. La massification de l'école mais est-ce qu'il y a pour autant démocratisation ? On remarque qu'il n'y a pas d'égalités d'accès, de résultats et de réussite après l'école. On peut alors parler d'une démocratisation quantitative mais pas qualitative. Les finalités peuvent diverger et l'espace des positions sociales, les cultures différenciées de départ, se retraduisent par l'intermédiaire des habitus dans l'espace des styles de vie en sport comme pour d'autres pratiques culturelles.

 

 

Par licence1sociologie-poitiers.over-blog.com
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